Cinquante départs de feu recensés en Corse-du-Sud depuis le début de l’année, et l’été à peine entamé. L’arrêté préfectoral interdit désormais tout feu jusqu’au 30 septembre.
L’île brûle avant même les grandes chaleurs. La Corse-du-Sud a officialisé l’interdiction de tout feu de forêt jusqu’au 30 septembre 2026, une mesure préventive qui reflète une situation déjà préoccupante : cinquante départs de feu y ont été enregistrés depuis janvier.
Ce chiffre, inhabituel à cette période, s’inscrit dans une tendance plus large. Depuis le 13 avril 2026, ce sont 52 départements français qui présentent des massifs classés à risque d’incendie de forêt sur l’ensemble du territoire.
Six départements en alerte, la Corse en première ligne
La Corse-du-Sud et la Haute-Corse figurent parmi les six départements actuellement placés en alerte orange pour risque de feux de forêt, aux côtés du Var, des Alpes-de-Haute-Provence, du Gard et de l’Ardèche. Huit départements du sud-est sont classés en vigilance orange pour certaines journées, dont l’ensemble de la Corse.
La géographie de l’île joue contre elle : végétation dense, sols rapidement asséchés, vents violents. Lors des incendies de février 2019, déjà , 1 500 hectares avaient brûlé en Corse en une seule nuit, avec un taux d’humidité tombé à 8 %, «inférieur à ce qu’on peut observer l’été», selon la préfète de l’époque.[1]
Le dérèglement climatique repousse la saison des feux
Ce qui frappe dans les données 2026, c’est le calendrier. Les cinquante départs de feu recensés en Corse-du-Sud surviennent avant même le coeur de l’été. Ce glissement de la saison des incendies vers le printemps, voire l’hiver, n’est pas nouveau mais s’accentue. En 2019, la préfète de Corse Josiane Chevalier l’avait formulé clairement lors d’incendies de février : «Je crois que le dérèglement climatique est à l’oeuvre. On ne s’attend pas à avoir des feux en hiver mais maintenant je crois qu’il faudra s’y habituer.»[1]
L’arrêté jusqu’au 30 septembre couvre donc l’intégralité de la saison à risque, sans exception.
Une carte du risque qui s’étend à 52 départements
La Corse concentre l’attention, mais le risque dépasse largement ses frontières. Depuis la mi-avril 2026, plus de la moitié des départements français affichent des massifs forestiers classés à risque d’incendie.[2] Le sud-est reste l’épicentre, avec des épisodes de vigilance rouge déjà documentés en 2025 dans plusieurs départements du couloir rhodanien.[4]
Les 50 départs de feu comptabilisés en Corse-du-Sud avant le 21 juin donnent une mesure concrète de la pression exercée sur les services de secours, et sur les écosystèmes insulaires, plusieurs mois avant la fin théorique de la période à risque.
Sources
3 sources · 4 faits sourcés

