La Polynésie française porte à 1,6 million de kilomètres carrés ses zones marines protégées et mobilise scientifiques et services de l’État autour de l’initiative COSMer pour préserver son océan tout en développant une économie bleue durable.
L’annonce est concrète : la Polynésie française, déjà détentrice de la plus grande aire marine protégée du monde, va encore élargir cette protection pour atteindre 1,6 million de kilomètres carrés. C’est l’un des engagements portés par COSMer, dispositif de mobilisation collective lancé par les services de l’État en Polynésie française pour articuler conservation du milieu marin et développement économique.
L’enjeu dépasse la seule préservation des écosystèmes. L’économie bleue polynésienne, qui recouvre la pêche, le tourisme maritime, les ressources biologiques et les énergies marines, repose directement sur la santé des fonds et des espèces pélagiques. Protéger l’océan, c’est aussi sécuriser les filières qui en vivent.
850 000 km² d’océan survolés pendant cent jours
Pour mesurer ce qu’il faut protéger, encore faut-il savoir ce qui s’y trouve. Une vaste campagne d’observation aérienne est en cours : pendant cent jours, des scientifiques survolent 850 000 kilomètres carrés d’eaux polynésiennes pour recenser dauphins, cachalots et tortues marines. Les données collectées alimenteront directement les décisions de gestion des futures zones protégées.
Ce type de campagne de grande ampleur reste rare dans le Pacifique. La superficie couverte dépasse celle de plusieurs pays européens réunis, ce qui donne une idée de la logistique déployée.
COSMer, vitrine d’un modèle pour l’outre-mer
COSMer se veut un modèle de coordination entre l’État, les collectivités et les acteurs économiques locaux. La Polynésie française dispose d’un capital marin sans équivalent dans la République : la protéger de manière cohérente, tout en permettant son exploitation raisonnée, répond à une logique à la fois environnementale et économique. [3]
La démarche s’inscrit dans un contexte plus large. Les outre-mer français concentrent une part considérable de la biodiversité marine nationale, et les attentes envers l’État pour structurer une économie bleue crédible y sont fortes. COSMer représente, pour la Polynésie, la tentative de répondre à cette attente par une mobilisation collective plutôt que par des mesures sectorielles isolées.
Sources
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