En 2024, un décret gouvernemental a annulé 10 milliards d’euros de crédits sur l’ensemble des ministères. La Défense a été la seule à échapper aux coupes. Les Outre-mer, eux, ont perdu 78 millions d’euros.
Le chiffre est publié noir sur blanc au Journal officiel du 22 février 2024. « Sont annulés, pour 2024, des crédits d’un montant de 10 000 000 000 euros en autorisations d’engagement et de 10 175 995 162 euros en crédits de paiement applicables aux programmes mentionnés dans le tableau 1 annexé au présent décret. » Une phrase, dix milliards.
L’exception est explicite : le secteur de la Défense ne figure pas dans le tableau des annulations. Tous les autres ministères, si.
78 millions de moins pour les Outre-mer
Le ministère des Outre-mer encaisse l’un des coups les plus lisibles : 78 millions d’euros retirés de son budget, selon le détail des programmes visés par le décret. Pour des territoires dont les économies locales dépendent largement des transferts publics et des investissements de l’État, le signal est direct.[4]
La Martinique et les autres territoires ultramarins voient ainsi se réduire une enveloppe déjà contrainte. Les programmes concernés touchent à des secteurs variés, sans que les arbitrages internes au ministère soient précisés dans le texte publié au JO.
Le bouclier défense : une logique stratégique assumée
La mise à l’écart du budget de la Défense dans ce décret d’annulation n’est pas une surprise. Elle s’inscrit dans la trajectoire fixée par la loi de programmation militaire, qui prévoit des hausses annuelles jusqu’en 2030. Interrompre cet effort, même partiellement, aurait compromis des engagements contractuels avec les industriels et ralenti des programmes en cours de livraison.
Le maintien intégral des crédits défense pendant une vague d’austérité généralisée illustre la priorité accordée à la remontée en puissance militaire, dans un contexte européen où plusieurs partenaires de la France accélèrent leurs propres dépenses.
| Périmètre | Montant annulé |
|---|---|
| Total autorisations d’engagement | 10 000 000 000 € |
| Total crédits de paiement | 10 175 995 162 € |
| Ministère des Outre-mer | 78 000 000 € |
| Ministère des Armées | 0 € (exonéré) |
Source : France-Antilles Martinique
Défense préservée, Outre-mer sacrifiés : les arbitrages du gouvernement
Investissement privé, palliatif partiel
Face au recul des dotations publiques, des acteurs privés tentent de combler une partie du vide. En Guadeloupe, la société Finance et investissement encourage les particuliers à participer au développement économique de l’Outre-mer en prenant des parts dans des entreprises locales.[1] Ce type d’initiative ne compense pas un retrait budgétaire de cette ampleur, mais elle signale une dynamique de mobilisation du capital local que les territoires cherchent à structurer.
Décret 2024 : ce que perdent les Outre-mer
- Le décret du 22 février 2024 annule 10 milliards d'euros de crédits publics toutes missions confondues.
- Le ministère des Armées est le seul secteur explicitement exonéré des annulations.
- Le ministère des Outre-mer perd 78 millions d'euros sur ses programmes budgétaires.
- En Guadeloupe, la société Finance et investissement mobilise l'épargne privée pour le développement local.
Sources
2 sources · 2 faits sourcés
