Un accord provisoire de soixante jours pour répartir le trafic dans le détroit d’Ormuz entre deux voies distinctes se dessine entre Téhéran et Mascate, mais Washington ne s’est toujours pas prononcé.
Les navires entrants emprunteraient le nord du détroit, le long des côtes iraniennes. Les bateaux sortants passeraient au sud, dans les eaux du Sultanat d’Oman. Chaque partie bataille depuis juin pour imposer son tracé. Entre ces deux couloirs, la voie médiane, utilisée avant le début du conflit, serait déminée dans un délai de soixante jours. Aucun péage ni droit de passage ne serait exigé par Téhéran.
Washington garde le silence, Téhéran pointe les blocages américains
Un acteur majeur n’a toujours pas réagi : les États-Unis. Le porte-parole de la diplomatie iranienne a précisé sa pensée : malgré cette entente avec Oman, « les facteurs rendant le détroit d’Ormuz peu sûr existent toujours du côté des États-Unis ». Il vise le blocus des ports iraniens imposé par Washington.
Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a évoqué mardi des « progrès » dans les négociations avec l’Iran et Oman. « Aucun accord définitif n’a encore été conclu. Nous espérons que cela se fera très prochainement », a-t-il ajouté. Scott Bessent, ministre des Finances, a avancé dans un entretien à CNBC qu’un accord pourrait survenir « aujourd’hui ou demain ». Donald Trump a promis, mardi soir sur Fox News, que le détroit ouvrirait « très bientôt, ou alors [les Iraniens] seront frappés très fort ».
L’accord en discussion n’est pas celui voulu par la Maison-Blanche. Côté iranien, l’ingérence américaine et les menaces de Trump expliquent le retard. Les responsables américains envoient des signaux contradictoires qui perturbent les discussions. Côté américain, les divisions du régime iranien ralentissent les pourparlers. Le corps des Gardiens de la Révolution, non inclus dans la négociation, doit encore valider les détails.
Un rôle politique pour Téhéran inacceptable pour Washington

L’Iran répète qu’il discute avec Oman, pas avec les États-Unis, contrairement à ce qu’affirme Trump. Dans la proposition sur la table, même sans péage, Téhéran endosserait un rôle politique et institutionnel durable dans la gouvernance d’une des voies navigables les plus stratégiques au monde. Pour Washington, ce serait une humiliation.
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Le président américain assure que Téhéran veut passer un accord. « J’ai le temps », a-t-il ajouté lors d’un déplacement en Californie, à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois. Selon le site Axios, un accord temporaire de soixante jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Cet accord préliminaire prévoit que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage[4].
Pourquoi Washington bloque l'accord irano-omanais
Déminage de la voie médiane pendant soixante jours
Pendant cette période de soixante jours, et dans l’attente d’un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée. Le compromis n’est pas encore scellé. Les négociations risquent de durer encore. Parfois, l’option la moins désirable est la seule réaliste.
| Voie navigable | Statut actuel | Proposition |
|---|---|---|
| Voie nord (eaux iraniennes) | Fermée | Navires entrants |
| Voie sud (eaux omanaises) | Fermée | Navires sortants |
| Voie médiane | Minée, impraticable | Déminage sur 60 jours |
| Péage | N/A | Aucun |
Source : Les Échos, Le Monde
Divisions iraniennes et pressions américaines

Les divisions du régime iranien compliquent la donne. Le corps des Gardiens de la Révolution, qui n’est pas inclus dans la négociation iranienne, doit encore approuver les détails. Les responsables américains envoient des signaux contradictoires qui perturbent les discussions. L’Iran, contrairement à ce que dit Donald Trump, répète sans cesse qu’il discute avec Oman, pas avec les États-Unis.
Le conflit au Moyen-Orient entre les États-Unis et l’Iran dure depuis plus de cinq mois. Les frappes américaines se poursuivent pour la neuvième nuit consécutive. Les bombardements ont touché la ville de Bouchehr, où se trouve une centrale nucléaire civile. Téhéran continue ses attaques dans le détroit d’Ormuz et contre les alliés de Washington dans la région.
Détroit d'Ormuz : les points clés de l'accord provisoire
- Un accord provisoire de 60 jours est en discussion entre l'Iran et Oman pour répartir le trafic dans le détroit d'Ormuz
- Les navires entrants emprunteraient la voie nord iranienne, les sortants la voie sud omanaise, sans péage
- Washington n'a pas encore donné sa position, malgré les déclarations de Marco Rubio sur les « progrès »
- La voie médiane, minée et impraticable, serait déminée pendant les 60 jours de l'accord provisoire
- Le corps des Gardiens de la Révolution iranien doit encore valider les détails de l'accord
- Donald Trump menace de frapper l'Iran « très fort » si le détroit ne rouvre pas « très bientôt »
Sources
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