Une attaque de drones ukrainiens dans la nuit du 26 au 27 juillet a causé la mort de deux civils à Rostov-sur-le-Don et fait 17 blessés en Russie, selon les autorités locales.
Deux époux ont été tués dans la nuit à Rostov-sur-le-Don, ville du sud de la Russie, lors d’une frappe de drones ukrainiens. Le gouverneur régional Iouri Slioussar a annoncé ce bilan sur Telegram : cinq autres personnes, dont un adolescent, ont été blessées dans cette même attaque aérienne. La région de Belgorod, qui jouxte la frontière ukrainienne, a enregistré 12 blessés supplémentaires, parmi lesquels deux enfants, lors d’une « attaque massive » nocturne de drones.
Dimanche, six personnes avaient déjà été tuées dans des frappes ukrainiennes sur des zones occupées et un village frontalier russe, tandis que quatre autres civils sont morts côté ukrainien sous le feu russe. La veille encore, au moins vingt personnes avaient péri dans des attaques des deux camps. Depuis le 24 février 2022, date de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, le nombre de victimes civiles augmente à mesure que les deux belligérants intensifient leurs frappes de longue portée.
Un cycle d’attaques qui monte en puissance depuis des mois
Les frappes de drones et d’artillerie ont fait au moins quatre morts en Russie et six en Ukraine le 13 juillet, selon les bilans officiels[1]. Les bombardements ont visé la région de Moscou et celle de Belgorod : trois personnes ont été tuées et trois autres blessées par un drone dans la localité de Pionerski, près de la capitale. À Solnetchnogorsk, un drone a frappé un immeuble résidentiel, blessant deux personnes. À Beriozovka, dans la région de Belgorod, une femme est décédée après qu’un drone a largué un engin explosif ; deux hommes ont été blessés à Krinitchnoïe dans l’explosion d’un autre appareil.
Cette escalade s’inscrit dans une dynamique continue : mi-juillet, une attaque avait tué neuf personnes et blessé plus de soixante autres en Russie[2]. Deux vastes entrepôts du détaillant en ligne Wildberries avaient été touchés, l’un à Kotovsk, à 360 kilomètres de la frontière ukrainienne, l’autre à Elektrostal, à cinquante kilomètres de Moscou. Un dépôt pétrolier avait pris feu à Noginsk, contraignant les autorités à évacuer une maternité et un immeuble résidentiel par précaution.
Kiev poursuit sa campagne aérienne contre les infrastructures énergétiques et les cibles militaires russes. L’objectif : discréditer l’effort de guerre de Moscou et faire ressentir aux Russes les conséquences de l’invasion, qui entre dans sa cinquième année. Selon les autorités russes, près de six cents drones ukrainiens ont été déployés lors d’une vague d’attaques en mai[3]. Cette offensive massive avait fait au moins quatre morts et frappé des zones allant de la mer Noire à la région de Moscou, où une raffinerie avait été touchée.
Une diplomatie paralysée depuis février
Les efforts diplomatiques pour trouver une issue au conflit lancé en 2022 sont au point mort depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février 2026. Aucun canal de négociation actif ne relie Moscou et Kiev : les deux capitales ont durci leur position respective et multiplié les opérations de longue portée, ciblant des infrastructures civiles et militaires de plus en plus éloignées du front. Le nombre de victimes civiles augmente mécaniquement à mesure que les frappes gagnent en profondeur.
Les attaques se succèdent désormais presque quotidiennement. Le 19 juillet, six marins avaient été tués dans des frappes russes sur un navire marchand turc en mer Noire[4]. Le même jour, des entrepôts avaient été incendiés dans la région de Kiev par des missiles russes. À Saint-Pétersbourg, où se tenait un important forum économique début juin, les habitants avaient reçu pour consigne de rester chez eux après une vaste attaque de drones ukrainiens[5]. La Russie affirmait avoir intercepté des centaines d’appareils, tandis que l’Ukraine faisait état de trois morts dans des frappes russes nocturnes.
Les deux camps affichent une montée en puissance technique : les drones ukrainiens atteignent désormais des cibles situées à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière, tandis que Moscou déploie des missiles de croisière et des bombes planantes sur les villes ukrainiennes. Cette dynamique alimente un cycle de représailles qui ne montre aucun signe d’apaisement. Chaque frappe suscite une riposte équivalente ou supérieure, et le nombre de victimes civiles continue de croître des deux côtés du front.
Pourquoi les frappes longue portée s'intensifient en 2026
Les infrastructures civiles en première ligne
Les attaques visent de plus en plus souvent des infrastructures civiles : entrepôts logistiques, dépôts pétroliers, immeubles résidentiels. À Elektrostal, le bombardement d’un entrepôt Wildberries a provoqué un incendie qui a nécessité l’intervention de dizaines de pompiers. À Noginsk, l’évacuation d’une maternité a montré la vulnérabilité des infrastructures sensibles face aux frappes de précision. Côté ukrainien, les bombardements russes ciblent régulièrement des marchés, des gares et des navires marchands, comme l’a montré la frappe du cargo turc en mer Noire.
Cette stratégie de frappes en profondeur cherche à déstabiliser l’adversaire en touchant sa base arrière : pour l’Ukraine, il s’agit de rendre visible la guerre aux Russes et de compliquer la logistique militaire de Moscou ; pour la Russie, l’objectif reste d’épuiser les capacités de résistance ukrainiennes en détruisant ses infrastructures économiques et énergétiques. Aucun des deux belligérants ne dispose de la supériorité aérienne nécessaire pour mettre fin au conflit par la force : les opérations se poursuivent donc dans une guerre d’usure qui se mesure désormais en nombre de victimes civiles autant qu’en gains territoriaux.
Le bilan humain s’alourdit semaine après semaine, sans perspective d’arrêt. La diplomatie reste gelée, les deux capitales campent sur leurs positions, et les frappes de longue portée constituent désormais la norme opérationnelle de part et d’autre. Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe, le conflit se mue en une guerre totale où la distinction entre cibles militaires et civiles s’estompe progressivement.
Attaques de drones en Russie : les faits du 27 juillet
- Deux civils tués à Rostov-sur-le-Don dans une attaque de drones ukrainiens dans la nuit du 26 au 27 juillet 2026
- 12 blessés à Belgorod, dont 2 enfants, lors d'une « attaque massive » de drones ukrainiens
- 20 morts dimanche et samedi dans des frappes croisées russo-ukrainiennes
- Les efforts diplomatiques paralysés depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février 2026
- Près de 600 drones ukrainiens déployés lors d'une vague d'attaques en mai 2026
- Le conflit russo-ukrainien entre dans sa cinquième année depuis le 24 février 2022
Sources
5 sources · 5 faits vérifiés

