Le 19 juin 2026, deux Rafale ont atterri sur le tarmac d’Agen avant de rejoindre l’Aérofestival de Villeneuve-sur-Lot, offrant aux élèves des classes Défense du département une rencontre directe avec pilotes et mécaniciens.
La radio crépite sur le bord de la piste surchauffée. « À hauteur de Villeneuve-sur-Lot, Agen en approche. » Alexandre Roeckel, dit Rocky, s’annonce. En moins de cinq minutes, les deux Rafale déchirent le ciel du Lot-et-Garonne. À la verticale de la piste, les deux appareils se séparent. Celui de Rocky, aux couleurs du drapeau français et taillé pour la voltige, pivote sur lui-même dans une manÅ“uvre qui ravit les photographes.
Cette escale agenaise n’était pas un simple transit. Organisée à l’initiative de la délégation militaire départementale, elle avait un objectif précis : faire découvrir le Rafale à des lycéens inscrits dans les classes Défense du département, avant que les deux chasseurs ne rejoignent le meeting villeneuvois pour le week-end.
Une initiative de la délégation militaire départementale
« Il y avait une belle opportunité pour les élèves des classes Défense de découvrir le Rafale, de rencontrer les pilotes et leurs mécaniciens. C’est un moment rare », explique Jean-Paul Mansion, lieutenant-colonel et délégué militaire adjoint. Le mot est juste. Croiser un Rafale en vol de démonstration au-dessus d’un aérodrome régional, pouvoir en faire le tour sur le tarmac et interroger son équipage : ce type d’accès reste exceptionnel en dehors des grandes bases aériennes.
Les classes Défense constituent un dispositif d’éducation à la citoyenneté et à la chose militaire, implanté dans les collèges et lycées. Leur objectif est de sensibiliser les jeunes aux enjeux de défense nationale, et ce passage des deux chasseurs à Agen s’inscrit pleinement dans cette logique de rapprochement entre l’institution militaire et la jeunesse civile. [3]
Le Rafale au cœur du tissu industriel de Nouvelle-Aquitaine
L’escale agenaise prend une résonance particulière dans une région où l’industrie de défense pèse lourd. La Nouvelle-Aquitaine compte 23 000 emplois directs et 37 000 emplois induits dans le secteur, pour quelque 4 000 PME concernées. En 2026, l’économie de défense représente 5 milliards d’euros de retombées dans la région, dont 1,3 milliard d’euros de masse salariale, selon le général Stéphane Groën, commandant la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest. [5]
Dassault, Thales, Safran, Ariane Group, Eurenco : les grands noms de l’armement ont des emprises industrielles significatives en Nouvelle-Aquitaine. Le Rafale, fleuron de Dassault Aviation, n’est donc pas un objet lointain pour cette région. Il constitue une réalité économique quotidienne pour des milliers de salariés.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Emplois directs (défense) | 23 000 |
| Emplois induits | 37 000 |
| PME concernées | 4 000 |
| Retombées économiques régionales (2026) | 5 milliards d’euros |
| Masse salariale | 1,3 milliard d’euros |
Source : Sud Ouest, général Groën, zone de défense Sud-Ouest
Ce que l'escale d'Agen dit de la défense en Nouvelle-Aquitaine
La base de Mont-de-Marsan renforce sa flotte Rafale
La livraison d’un Rafale supplémentaire à la base aérienne de Mont-de-Marsan est prévue en 2026, suivie de deux autres en 2027. Ces appareils viennent s’ajouter au parc existant, dans le cadre d’une montée en puissance cohérente avec la loi de programmation militaire. La base landaise, qui accueille déjà le Rafale comme appareil principal, consolide ainsi son rôle dans le dispositif aérien du Sud-Ouest.
L’armée de Terre, de son côté, intègre le Jaguar en remplacement des AMX10, ainsi que le Griffon et le Serval, un véhicule blindé plus léger qui équipera Brive. Le 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales de Pau doit quant à lui recevoir son nouvel hélicoptère NH90. La modernisation touche simultanément plusieurs composantes, sur un territoire régional qui concentre une part significative de l’outil militaire français.
L’Aérofestival de Villeneuve-sur-Lot, vitrine régionale du Rafale
L’Aérofestival de Villeneuve-sur-Lot, qui se présente comme « la capitale nationale de la voltige », accueillait ce week-end les deux Rafale pour des démonstrations en vol. Rocky, pilote de l’appareil tricolore dédié à la voltige, était l’une des figures attendues du meeting. Le public a pu observer les capacités de l’appareil dans des conditions très différentes d’un vol opérationnel : manÅ“uvres serrées, rotations sur l’axe, passages à basse altitude.
Pour les élèves des classes Défense qui avaient bénéficié de l’escale agenaise la veille, le spectacle du meeting avait une dimension supplémentaire. Ils avaient eu le temps d’échanger avec les équipages, de comprendre la mécanique de l’appareil, d’en mesurer la complexité technique avant d’en voir la traduction en vol. Ce type de continuité pédagogique, entre rencontre sur le tarmac et démonstration publique, illustre la manière dont l’armée de l’Air travaille son lien avec les territoires, notamment dans les départements où les classes Défense sont actives.
Les armées prévoient d’accueillir un peu moins de 300 jeunes en 2026 dans les bases militaires de la région, dans le cadre du nouveau service militaire, avant une montée en charge progressive à 10 000 jeunes au niveau national en 2030 et 50 000 en 2035. L’escale des deux Rafale à Agen s’inscrit dans cet effort plus large de contact entre la jeunesse et l’institution militaire, bien avant que ces chiffres ne soient atteints.
Rafale en Lot-et-Garonne : les faits à retenir
- Le 19 juin 2026, deux Rafale ont atterri à l'aérodrome d'Agen avant l'Aérofestival de Villeneuve-sur-Lot.
- L'escale a été organisée par la délégation militaire départementale pour les élèves des classes Défense du Lot-et-Garonne.
- Le pilote Rocky (Alexandre Roeckel) pilotait le Rafale aux couleurs du drapeau français, appareil dédié à la voltige.
- La base de Mont-de-Marsan recevra un Rafale supplémentaire en 2026 et deux autres en 2027.
- La défense représente 5 milliards d'euros de retombées économiques en Nouvelle-Aquitaine en 2026.
- La région compte 23 000 emplois directs et 4 000 PME dans le secteur défense.
Sources
2 sources · 2 faits sourcés
