C’est une course qui traverse tout l’archipel. Du 31 juillet au 9 août, la 75e édition du Tour cycliste international de Guadeloupe déroule ses dix étapes sur les routes de la Grande-Terre et de la Basse-Terre. Au programme : 1 224,4 kilomètres, deux contre-la-montre, des ascensions piégeuses et une dernière semaine qui s’annonce explosive. Le départ sera donné depuis Petit-Canal, vendredi prochain.
L’édition anniversaire veut marquer les esprits. Pour Frédéric Théobald, président du Comité régional de cyclisme des ÃŽles de Guadeloupe, ce rendez-vous est devenu « un cap historique qui prouve la longévité de notre épreuve, devenue au fil des années un rendez-vous incontournable du calendrier sportif ». Une course qui, quelques jours après le Tour de Marie-Galante remporté par Loann Gossec, réunit grimpeurs, rouleurs et sprinteurs sur un parcours ouvert.
Le tracé ne favorise personne. Les sprinteurs auront plusieurs occasions de lever les bras, notamment lors des arrivées groupées prévues à Port-Louis (2 août) ou lors de la dernière étape à Baie-Mahault (9 août). Mais les grimpeurs ne sont pas oubliés : l’arrivée en altitude à Saint-Claude, samedi 8 août, sera le grand rendez-vous de cette édition, à environ 500 mètres d’altitude, au pied de la Soufrière.
Deux chronos pour faire la différence
Les spécialistes de l’effort solitaire devront briller dès le premier jour. Le 31 juillet, un contre-la-montre de 11,9 kilomètres dans les rues de Petit-Canal ouvrira les hostilités. Les écarts resteront probablement limités, mais ce prologue désignera le premier maillot jaune de l’édition. Un exercice qui peut peser dans la suite de la course, surtout avant les grandes explications en montagne.
Le deuxième chrono intervient le vendredi 7 août, entre Vieux-Habitants et Vieux-Fort. Sur 19 kilomètres, il traversera le centre de Basse-Terre en plein midi, offrant au public l’une des rares occasions de voir la course dans un décor urbain historique. Ce contre-la-montre, plus long que le premier, pourrait redistribuer les cartes à deux jours de l’arrivée finale.
La montagne comme juge de paix
L’étape reine aura lieu le samedi 8 août. Départ de Pointe-à -Pitre à 10 heures, arrivée à Saint-Claude entre 13 h 32 et 13 h 49, après 141,4 kilomètres traversant quatorze communes. Les coureurs franchiront notamment le sommet de Cocoyer au Gosier, prévu vers 13 h 19, avant d’attaquer l’ascension finale vers l’ancienne mairie de Saint-Claude.
Cette neuvième étape pourrait tout faire basculer. Les favoris du classement général devront y répondre présent, sous peine de voir leurs espoirs de victoire s’envoler. Les grimpeurs comptent sur ce terrain pour prendre un avantage décisif avant la dernière journée de course.
La chaleur, le vent, la distance
Certaines étapes semblent plus calmes sur le papier, mais les conditions locales peuvent tout changer. Le 1er août, le peloton s’élancera de l’aéroport Guadeloupe Maryse Condé pour rejoindre Port-Louis, après 163,5 kilomètres. C’est l’étape la plus longue du Tour. Si elle paraît promise aux sprinteurs, le vent pourrait provoquer des bordures et piéger quelques favoris dès les premiers jours de course.
Le lendemain, le 2 août, l’arrivée au stade de Petit Marquisat à Capesterre-Belle-Eau marquera les premières difficultés sérieuses. Les coureurs affronteront les montées de Saline au Gosier et celle de Fonds Rose à Anse-Bertrand. Les écarts ne seront pas encore décisifs, mais chaque seconde perdue pèsera lourd dans la bataille finale.
Les Grands Fonds et le circuit final
La cinquième étape, le 3 août, empruntera les routes des Grands Fonds en boucle. Les coureurs franchiront deux fois les côtes de Cambourg, Moro et Saline. Un enchaînement de difficultés qui fera mal dans les jambes, à la veille du passage des Mamelles. Certains favoris préféreront sans doute économiser leurs forces.
La dernière journée, dimanche 9 août, se déroulera entièrement à Baie-Mahault. Émargement à 11 h 30 au Medef à Jarry, départ réel à 13 heures sur la rocade de Pointe-à -Pitre, puis huit tours d’un circuit qui passera par Les Abymes et Le Gosier. Trois sprints seront disputés à Jarry, vers 14 h 03, 14 h 38 et 15 h 10. L’arrivée est attendue entre 16 h 21 et 16 h 25, boulevard du Marquisat de Houëlbourg. Ce jour-là , le maillot jaune aura trouvé son propriétaire.
Le Tour revient en force sur les routes de l’archipel. Dix jours pour désigner le vainqueur, dix étapes pour voir la Guadeloupe vivre au rythme du peloton. Les favorites se connaissent, les parcours sont tracés. Reste à savoir qui tiendra jusqu’au bout.

