EDF Power Solutions a inauguré un dispositif de stockage par batteries sur dix barrages hydrauliques du sud de la France, en s’appuyant sur un retour d’expérience tiré d’un pilote mené sur une centrale à gaz.
Dix barrages. C’est l’ampleur du déploiement qu’EDF vient de finaliser dans le sud de la France, en couplant ses installations hydrauliques existantes à des systèmes de batteries. L’opération, conduite par EDF Power Solutions, a été officiellement inaugurée le 11 juin 2026.
Le principe : associer la souplesse de la batterie à la puissance de régulation de l’hydraulique. Un barrage peut monter ou descendre sa production en quelques minutes, mais la batterie répond en quelques millisecondes. Combinés, les deux systèmes offrent une capacité de pilotage beaucoup plus fine du réseau, précieuse dans un contexte où les énergies intermittentes pèsent de plus en plus dans le mix électrique français.
Un pilote sur gaz avant le passage à l’hydraulique
La méthode n’a pas été improvisée. EDF a d’abord testé l’hybridation batteries-production thermique sur une centrale à gaz, avant de transposer la technologie aux barrages. Ce séquençage illustre une logique industrielle prudente : valider l’architecture technique dans un environnement contrôlé, puis scaler sur un parc plus vaste.[2]
L’hydraulique représente en France le premier parc de stockage d’énergie, avec les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) en tête. Adosser des batteries à des barrages au fil de l’eau ou à des retenues de moindre capacité de pompage permet d’étendre cette capacité de flexibilité sans construire de nouvelles infrastructures lourdes.
Un mouvement qui s’inscrit dans la course au stockage
EDF n’est pas seul sur ce créneau. TotalEnergies prépare à Anvers son plus grand projet européen de stockage par batteries, selon L’Usine Nouvelle. Le stockage stationnaire est devenu un terrain de compétition direct entre les grands énergéticiens, chacun cherchant à valoriser ses actifs existants plutôt qu’à construire from scratch.[5]
Pour EDF, l’enjeu est aussi réglementaire. La loi sur les concessions hydrauliques, dont le vote est attendu, conditionne notamment un investissement de 500 millions d’euros dans la STEP de Montézic. L’hybridation des dix barrages s’inscrit dans cette dynamique plus large de modernisation du parc hydraulique français, en attendant que le cadre législatif se stabilise.[3]
Sources
3 sources · 3 faits sourcés

