Philippe Marie a replié ses moissonneuses plus tôt cette année. Son champ de maïs à Équemauville, près de Honfleur, ne passera pas dans les silos : il accueille depuis ce mois de juillet des milliers de visiteurs venus retirer Excalibur de son rocher. 50 000 m² transformés en un labyrinthe géant qui fête cette année sa 17e édition, avec un angle nouveau : la quête du Graal.
L’idée tient debout depuis 2009. Ganaël Gallet et Charlotte Vimard, pionniers du projet, montent chaque été un parcours de 4 km, tracé à la main, jalonné d’énigmes et de défis. Cette année, le thème arthurien impose trois niveaux de difficulté : enfant, expert, aventurier. Mais tout le monde suit le même chemin. Les plus jeunes peuvent jouer avec leurs parents, et à l’arrivée, médailles et diplômes récompensent les chevaliers en herbe comme les vétérans.
L’équipe de bénévoles, renforcée par cinq saisonniers, passe trois mois à préparer l’édition. « J’admire cette création artistique et surtout son renouvellement chaque année », salue Hélène Billard, maire d’Équemauville, qui soutient logistiquement l’opération. Le terrain, lui, vient de Philippe Marie, l’agriculteur qui prête son champ sans demander autre chose que de voir les familles s’y amuser.
Un escape game en plein air lancé l’an dernier
Depuis 2025, une seconde activité enrichit l’offre : un escape game en plein air baptisé Les naufragés de l’île mystérieuse. Vous embarquez sur un bateau. Une vague le renverse. Vous avez 60 minutes pour appuyer sur le bouton SOS et prévenir les secours. Pas de livret, aucune aide au départ : il faut chercher, observer, se concerter[2]. Un maître du jeu intervient pour la seconde partie, réputée plus complexe. L’activité, ouverte dès 10 ans, attire adolescents et adultes en quête d’un défi grandeur nature.
L’escape game se réserve en ligne, au tarif de 12 € par personne. Le labyrinthe classique, lui, reste accessible sans réservation, tous les jours jusqu’au 30 août, de 10 h à 19 h 30 en semaine et de 14 h à 19 h 30 le week-end.
6 000 visiteurs l’an dernier, dont 60 % de locaux
Le site ne désemplit pas. En 2025, près de 6 000 personnes ont franchi l’entrée, réparties à 60 % de visiteurs locaux et 40 % de touristes[3]. « Il y a peu d’activités familiales de plein air dans les environs. Et ici, on fait des kilomètres sans s’en rendre compte », explique l’équipe. La formule séduit : deux heures d’aventure, en moyenne, pour s’immerger dans un champ où les épis cachent autant de surprises que d’impasses.
Après l’effort, la buvette normande propose Cola normand et frites dont les pommes de terre viennent d’une ferme voisine. Le pique-nique reste autorisé sur les tables en bois. Tir à l’arc, jeux d’adresse, jeux en bois et karting à pédales (2 € les 10 minutes) complètent l’offre.
Trois nocturnes en août, lampe de poche à la main
Les 12, 19 et 26 août, le labyrinthe organise des sessions de nuit. Lampe de poche obligatoire, départ à 21 h pour les deux premières dates, 20 h 30 pour les suivantes. Tarif : 8 €, à partir de 4 ans, sans réservation. « C’est déstabilisant, mais ça change totalement l’ambiance », prévient l’équipe. Dans le noir, les repères sautent, les bruits s’amplifient, et le maïs prend une autre épaisseur.
Le labyrinthe d’Équemauville appartient à cette catégorie d’initiatives qui tiennent parce qu’elles s’ancrent dans un territoire, mobilisent des bénévoles et ne promettent rien d’autre qu’un bon moment. Pas de grande campagne, pas de battage : juste un champ, un thème renouvelé chaque année, et des visiteurs qui reviennent.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

