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Frédérique Neau-Dufour, historienne du Struthof et de la mémoire alsacienne, Chevalier de la Légion d’honneur

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Le 14 juillet 2026, au milieu d’une promotion de la Légion d’honneur qui honorait Christine Lagarde, Natalie Portman ou Pierre Arditi, un nom a retenu l’attention du Grand Est. Celui de Frédérique Neau-Dufour, promue Chevalier au titre du ministère des Sports, de la jeunesse et de la vie associative. Une reconnaissance qui dit beaucoup sur ce qu’est la transmission mémorielle dans cette région, et sur ceux qui en portent la charge.

Frédérique Neau-Dufour, c’est d’abord un parcours atypique. Née au Burundi, installée en Alsace, ancienne professeure d’histoire-géographie devenue spécialiste du Gaullisme et de la Résistance. Elle préside aujourd’hui l’association alsacienne Regards d’enfants et occupe le poste de responsable de projet pour la stratégie mémorielle de la région Grand Est. Un titre administratif qui cache un travail concret, celui qui consiste à faire vivre la mémoire collective d’un territoire marqué par l’Histoire.

En ce moment, elle travaille notamment sur le mur des noms visant à réhabiliter, entre autres, les Malgré-Nous, ces Alsaciens et Mosellans enrôlés de force dans l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Un projet qui touche au cœur l’identité régionale, à cette zone de fracture entre France et Allemagne qui a traversé les générations.

Du Struthof à La Boisserie : un engagement pour la mémoire

Avant de rejoindre la région, Frédérique Neau-Dufour a dirigé le Centre européen du résistant déporté, le CERD, installé sur le site de l’ancien camp de concentration nazi de Natzweiler-Struthof, seul camp de concentration construit sur le territoire français actuel, en Alsace. Un lieu de mémoire essentiel, qu’elle a contribué à faire vivre et à transmettre aux nouvelles générations.

Elle a aussi été chargée de recherche à la Fondation Charles-de-Gaulle et conservatrice de La Boisserie, la maison de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises, en Haute-Marne. Autant de lieux emblématiques du Grand Est, autant de responsabilités qui disent son engagement pour l’Histoire et sa transmission. Ses travaux sur la Résistance et le Gaullisme font d’elle une historienne reconnue, bien au-delà de la région.

Une promotion lorraine et vosgienne

Frédérique Neau-Dufour n’est pas la seule du Grand Est à figurer dans cette promotion 2026. Plusieurs personnalités de la vie publique locale y apparaissent, issues de la Meuse, des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle[1].

Dans la Meuse, Claude Léonard, médecin généraliste, ancien sénateur du département et ancien maire de Montmédy, a été nommé Chevalier au titre de l’initiative citoyenne. Un parcours médical et parlementaire qui a profondément marqué le territoire meusien.

Du côté de la Meurthe-et-Moselle, Mathieu Klein, maire de Nancy et président de la métropole du Grand Nancy, est nommé Chevalier sur le contingent du Premier ministre. Le ministère de l’Aménagement du territoire élève également Évelyne Didier, ancienne sénatrice et figure politique de Conflans-en-Jarnisy, commune dont elle fut la maire, au grade de Chevalier. Gérard Longuet, ancien ministre et ancien sénateur et député de la Meuse, Véronique Guillotin, conseillère régionale, maire de Villerupt et ancienne sénatrice de Meurthe-et-Moselle, et Claire-Marie Casanova, directrice interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse, sont aussi promus Chevalier. Le ministère de la Santé élève au grade de Chevalier la professeure Louise Tyvaert, praticienne hospitalière du service de neurologie du centre hospitalier universitaire de Nancy, présidente d’une association de santé luttant contre l’épilepsie.

Dans les Vosges, Alain Roussel, maire de Claudon, figure également dans cette promotion.

Autant de noms qui disent quelque chose de l’engagement public dans le Grand Est. Des élus, des médecins, des responsables associatifs, des magistrats, et une historienne qui travaille à faire vivre la mémoire d’un territoire qui, plus que d’autres, porte les cicatrices de l’Histoire.

Brigitte Müller
Brigitte Müller
Brigitte Müller, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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