Le Grand Est ne rougit pas de ralentir. Selon une enquête menée en juillet 2026 par l’application Macadam auprès de 2 088 Français, les habitants de la région se classent premiers au palmarès national de la pause assumée. 35,5 % se disent heureux de prendre du temps pour eux quand ils décident de lever le pied. Mieux : seuls 18,7 % ressentent ensuite de la culpabilité, le taux le plus bas du pays. Une manière de gérer son temps qui dessine une culture régionale de la déconnexion, loin du réflexe productiviste.
L’étude ne décrit pas une région qui subit, mais une région qui choisit. Lever le pied devient ici un arbitrage conscient, tourné vers la récupération et le bien-être. Ce rapport apaisé à la pause bouleverse la norme : dans un pays où l’on confond encore souvent repos et paresse coupable, le Grand Est inverse la logique. La pause n’est plus un renoncement, elle devient un levier.
Écrans, corvées et sérénité
À l’échelle nationale, les chiffres de Macadam montrent que le temps libre file massivement vers les écrans : 40 % des Français privilégient les séries, 26 % les réseaux sociaux. Les corvées ménagères, elles, passent au second plan (30 %). Dans le Grand Est, cette consommation du temps libre s’articule autour d’une recherche de sérénité, sans rupture brutale avec le reste du pays, mais avec une intensité différente : on prend ce temps sans se le reprocher.
Les profils varient. Les femmes, partout en France, restent davantage exposées à la charge mentale, même dans le repos. Les jeunes générations, elles, assument plus facilement leur flemme que leurs aînés. Mais dans le Grand Est, ces différences s’inscrivent dans un socle régional commun : le droit au repos n’est pas négociable.
Chaleur et motivation : le vrai frein n’est pas la paresse
L’enquête démonte aussi un cliché tenace, celui d’une région sédentaire par nature. Le renoncement à l’activité physique n’a rien à voir avec la paresse. En été, les fortes chaleurs freinent les déplacements de plus de huit répondants sur dix. Quand la motivation revient, elle repose sur la santé (28 %) et le bien-être personnel (27 %), loin devant les défis sportifs ou les récompenses financières.
Pour les acteurs de la santé publique et les décideurs économiques du Grand Est, le message est clair : le moteur du mouvement, c’est le bénéfice personnel, pas l’injonction extérieure. Une région qui assume de ralentir sait aussi pourquoi elle se remet en marche.

