La Grèce fait face à une vague d’incendies d’une violence exceptionnelle depuis mercredi, avec trois pompiers décédés et 8 000 personnes évacuées en Crète.
Touristes et habitants piégés par les flammes en Crète ont fui par la mer à bord des bateaux des garde-côtes. L’épaisseur de la fumée empêche les Canadair de voler. Depuis trois jours, le feu dévore l’île. Deux pompiers sont morts dans l’incendie, un troisième sur l’île de Lesbos. Dans le district de Rethymno, le brasier a contraint 8 000 personnes à quitter la zone, évacuées par voie maritime par les gardes-côtes et des pêcheurs. 300 pompiers luttent contre les feux.
Une Française montre le jardin calciné de sa location de vacances. Pour les résidents, la catastrophe est totale. Thrasivoulos Paterakis, restaurateur, voit son établissement partir en fumée : « Cet endroit faisait vivre deux familles, la mienne et celle de mon fils. Maintenant, on se retrouve à la rue. »
Les Cyclades subissent aussi les flammes. À Paros, plusieurs villages ont été évacués. Laurent Deneef, cofondateur de l’agence immobilière Paris London Paros, raconte : « Des flammes énormes, à vitesse grand V et avec forcément un vent de panique. La police est intervenue en plus de toutes les alertes pour être évacués, pour taper un peu aux portes des habitants, pour qu’on sorte. »
Athènes menacée, évacuation d’urgence en banlieue
Vendredi 31 juillet au soir, les flammes se rapprochent de la capitale. Depuis l’Acropole, on voit le feu. La Protection civile grecque ordonne l’évacuation d’une partie de la banlieue ouest, à Haidari, via une alerte envoyée sur les téléphones portables[2]. Le front s’étend rapidement. Les conditions météorologiques restent défavorables.
Le porte-parole des pompiers annonce que « les conditions devraient encore se dégrader dans les prochains jours »[2]. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis prévient jeudi que la Grèce va vivre « des jours difficiles »[2]. Les alertes générales sont en vigueur sur l’ensemble du territoire.
Les vents violents atteignent 88 km/h, avec des rafales dépassant 100 km/h en certains points[3]. Ces rafales changent sans cesse de direction, avivant les foyers et rendant les opérations d’extinction extrêmement complexes. La fumée réduit la visibilité à zéro. Les ferries vers les îles sont perturbés.
Quatre niveaux de risque, des îles entières en alerte

De nombreuses régions sont classées en risque incendie « très élevé », au quatrième niveau d’une échelle qui en compte cinq[2]. Athènes, la Crète, les Cyclades, les îles de la mer Égée et une partie du Péloponnèse figurent sur cette liste[5]. Sur l’île de Lesbos, l’incendie à Plomari n’est pas encore fixé malgré une amélioration jeudi. Les reprises de feu se poursuivent, les oliviers en flamme et le relief compliquent l’extinction complète des foyers[5].
La fumée des incendies de Crète s’est déplacée sur environ 100 kilomètres vers le sud, au-dessus de la mer, selon l’équipe scientifique de l’Observatoire national d’Athènes[5]. Les images satellites montrent l’étendue des panaches. Le ministère du Tourisme, avec la Chambre hôtelière de Grèce, a activé une plateforme numérique pour le logement temporaire des évacués[5].
À Paros et Andros, dans les Cyclades, ainsi qu’à Kalymnos dans le sud-est, la situation s’améliore selon les pompiers[4]. En Crète, la situation reste critique mais la maire adjointe d’Agios Vasileios, Evangelia Glampedaki, indique une légère accalmie[4]. Le maire de Festos, Grigoris Nikolidakis, déclare : « Nous avons accueilli les personnes contraintes de quitter la zone. Certains ont été pris en charge par des agences de voyages, mais la plupart ont été hébergés ici. »[5]
Pourquoi la Grèce brûle à nouveau
La Grèce, touchée chaque été par la crise climatique
La Grèce subit des incendies chaque été en raison de fortes températures, de canicules fréquentes et de la sécheresse[2]. Le pays est frappé de plein fouet par la crise climatique, comme l’ensemble du pourtour méditerranéen. Jusqu’à présent, l’été 2026 avait été relativement calme, mais la vague actuelle rattrape brutalement le retard.
Les feux sont particulièrement difficiles à maîtriser sur les îles grecques. Les vents violents et changeants, combinés à la fumée dense, empêchent les avions de voler et compliquent l’accès aux foyers. Les moyens terrestres restent limités par le relief accidenté et la végétation très sèche.
La Grèce avait été relativement épargnée au début de l’été par les canicules et les feux importants, contrairement à la France et à l’Espagne[2]. Mais les conditions se dégradent désormais rapidement. Les autorités appellent à la vigilance maximale. Les pompiers sont en alerte générale sur tout le territoire. Les prochains jours s’annoncent critiques.
Incendies en Grèce 2026 : chiffres et zones touchées
- 8 000 personnes évacuées en Crète, évacuation maritime par les garde-côtes
- Trois pompiers décédés (deux en Crète, un à Lesbos)
- Évacuation d'urgence dans la banlieue ouest d'Athènes vendredi soir
- Vents violents jusqu'à 100 km/h, fumée empêchant les Canadair de voler
- Niveau de risque 4 sur 5 dans plusieurs régions (Athènes, Crète, Cyclades)
- Fumée visible depuis l'Acropole, déplacement sur 100 km vers le sud
Sources
4 sources · 14 faits vérifiés

