En 2007, un photographe a immortalisé Lionel Messi, 20 ans, donnant le bain à un bébé de 6 mois lors d’un shooting pour l’Unicef. Ce bébé était Lamine Yamal. Dix-neuf ans plus tard, ils s’affrontent en finale de la Coupe du monde 2026.
La photo aurait pu rester dans un tiroir. Fin 2007, Joan Monfort, photographe freelance, couvre une opération caritative organisée par le Diario Sport et l’Unicef au Camp Nou. Des joueurs du Barça posent avec des enfants tirés au sort pour un calendrier solidaire. Ce jour-là, Lionel Messi, 20 ans, tout juste sorti de l’entraînement, se retrouve face à une baignoire en plastique remplie d’eau savonneuse. Dedans, un bébé de 6 mois. Il s’appelle Lamine Yamal. Ses parents, domiciliés à Mataró, à 40 kilomètres de Barcelone, ont gagné la tombola.
Dix-neuf ans après, les deux hommes se font face. Pas dans un vestiaire, cette fois. En finale d’une Coupe du monde. L’un porte l’Albiceleste, l’autre la Roja. L’un est devenu la référence absolue du football mondial. L’autre, à 19 ans, est déjà désigné comme son successeur. Et cette photo, longtemps oubliée, refait surface. Le père de Yamal l’a postée sur Instagram avec la légende : « Le début de deux légendes. »
Un shooting compliqué : Messi face à un bébé
Joan Monfort se souvient d’une séance difficile[1]. « C’était compliqué. Messi est un type plutôt introverti, timide. Il avait 20 ans, il sortait du vestiaire et se retrouvait tout à coup avec une baignoire en plastique remplie d’eau et un bébé dedans. Il ne savait même pas par où commencer ni comment le tenir », raconte-t-il. Sur certains clichés, l’Argentin esquisse un sourire gêné. Sur d’autres, il paraît mal à l’aise, les bras raides autour du nourrisson. Il fallait l’intervention de la mère de Lamine, présente sur plusieurs photos, pour détendre l’atmosphère.
Monfort insiste : Messi n’était pas dans son élément. Six mois plus tôt, le jeune prodige avait slalomé dans la défense de Getafe, déjà comparé à Maradona. Mais tenir un bébé dans une bassine, c’était une autre affaire. « Porter un bébé n’était pas son point fort, mais il s’en est très bien sorti. Il était calme, patient et souriant », nuance le photographe. Lamine Yamal, lui, souriait. « Il a conquis Messi en deux sourires à peine », dit encore Monfort. Un canard en caoutchouc, posé dans la baignoire, a fini par sauver la mise.
La photo ressurgit en 2024, explose en 2026
Pendant 17 ans, le cliché dort. Monfort l’a archivé avec d’autres, sans imaginer qu’il deviendrait viral. C’est en juillet 2024, pendant l’Euro, que Mounir Nasraoui, père de Yamal, le publie sur les réseaux. L’Espagne vient de remporter la compétition, portée par son prodige de 16 ans. La photo fait le tour du monde. Beaucoup crient au photomontage, à l’IA. « Quelle chance que ça arrive, une sur un million », commente Monfort[2]. Il confirme pourtant l’authenticité du cliché, étonné lui-même de la coïncidence.
Deux ans plus tard, en juillet 2026, l’image ressurgit encore plus fort. L’Argentine vient d’éliminer la France en demi-finale. L’Espagne a battu l’Allemagne. Pour la première fois, Messi et Yamal vont se croiser sur un terrain en match officiel. Et c’est une finale de Coupe du monde. « C’est une histoire quasiment inexplicable. Fiction ? Magie ? Conte ? On peut mettre tous les qualificatifs », avait réagi Monfort en 2024[3]. La prophétie est en train de se réaliser.
2007-2026 : chronologie d’une rencontre improbable
- Fin 2007 : shooting Unicef au Camp Nou, Messi (20 ans) et Yamal (6 mois) réunis par hasard
- 2024 : le père de Yamal publie la photo sur Instagram pendant l’Euro remporté par l’Espagne
- Juillet 2026 : Messi (39 ans) et Yamal (19 ans) s’affrontent en finale du Mondial, 19 ans après leur première rencontre
- Yamal devient le plus jeune buteur de l’histoire de l’Euro en 2024, Messi cumule huit Ballons d’Or
Pourquoi cette photo fascine autant en 2026
Yamal, du Barça à la Roja : un prodige sur les traces de Messi
Le bébé de la photo a grandi en admirant Messi. Formé au Barça, Lamine Yamal est devenu le plus jeune joueur et buteur de l’histoire du club. Il est aussi le plus jeune à avoir joué pour l’Espagne, et le plus jeune buteur de l’histoire de l’Euro[4]. À 16 ans et 362 jours, il a marqué contre la France en demi-finale de l’Euro 2024, un but dont on parlera pendant des décennies. Dix-neuf mois plus tard, il débarque en finale d’un Mondial.
Interrogé sur la photo en amont de la finale, Yamal s’amuse : « J’ai un peu grandi et Leo aussi. Espérons que je pourrai l’affronter en finale. » Sur les réseaux, les internautes rivalisent de montages IA. Certains réinterprètent le cliché, y ajoutent des trophées, des slogans. Mais dimanche, il y a peu de chance que les deux hommes soient aussi proches. Deux attaquants, deux rivaux. Messi et Yamal plongeront ensemble dans le grand bain. Cette fois, devant 80 000 spectateurs.
Joan Monfort : « Personne ne pouvait imaginer »
Le photographe, 56 ans aujourd’hui, suit toujours le football pour l’Associated Press et d’autres médias. Il a couvert des centaines de matchs au Camp Nou, shooté Messi des dizaines de fois. Mais cette photo-là, il ne l’avait pas vue venir. « À l’époque, personne ne pouvait imaginer que ce bébé deviendrait ce qu’il est maintenant, et on ne savait pas non plus que Messi deviendrait ce qu’il est devenu », explique-t-il[5]. Une chance sur un million, dit-il. Une intersection de destins immortalisée sur pellicule.
Monfort raconte avoir « sué sang et eau » pour réaliser cette séance. Messi, déjà brillant sur le terrain, était loin d’être à l’aise dans un vestiaire avec une baignoire. « Il ne savait pas où se mettre », insiste le photographe. La mère de Yamal, originaire de Guinée équatoriale, est sur plusieurs clichés. Elle se tient à côté de Messi, rassurante. Sans elle, la séance aurait sans doute été encore plus laborieuse. Elle est aujourd’hui aux États-Unis, où elle a vu son fils grandir « biberonné aux exploits de la Pulga », le surnom de Messi. Dimanche, elle le verra tenter de remporter son premier Mondial.
Deux légendes, un seul trophée
La finale oppose deux générations. Messi, 39 ans, joue probablement son dernier Mondial. Yamal, 19 ans, dispute le premier. L’un est octuple Ballon d’Or, champion du monde 2022. L’autre est le phénomène du moment, déjà comparé aux plus grands. Les commentateurs parlent de passation de témoin. La presse espagnole titre sur « le baptême de Yamal ». Côté argentin, on évoque « la dernière danse de Messi ». Sur les réseaux, la photo de 2007 est devenue un mème, un symbole.
Dimanche, ils ne se baigneront pas ensemble. Ils se défieront. Deux attaquants, deux styles, deux nations. Messi, le génie devenu légende. Yamal, la promesse devenue réalité. Entre eux, 19 ans d’écart et une photo improbable prise dans un vestiaire du Camp Nou. Le destin a fait le reste.
Messi-Yamal : une finale au-delà du football
Une photo devenue prophétique
Le cliché de 2007, pris pour un calendrier Unicef, symbolise la rencontre de deux époques du football. Un hasard transformé en récit mythique par les réseaux sociaux.
Yamal, héritier désigné
À 19 ans, l’Espagnol est déjà considéré comme le successeur de Messi. Son talent précoce et ses performances à l’Euro 2024 ont accéléré la comparaison.
La dernière danse de Messi
À 39 ans, l’Argentin dispute probablement sa dernière finale mondiale. Un trophée de plus consoliderait son statut de meilleur joueur de tous les temps.
Un récit viral amplifié par l’IA
Sur les réseaux, l’IA générative s’empare de la photo : montages, détournements, mèmes. La technologie amplifie le mythe autour de cette rencontre.
2007-2026 : la photo Messi-Yamal, du hasard à la finale
- Fin 2007 : Lionel Messi, 20 ans, pose avec un bébé de 6 mois, Lamine Yamal, lors d'un shooting Unicef au Camp Nou
- Le photographe Joan Monfort raconte un Messi « timide », « ne sachant pas comment tenir le bébé »
- La photo ressurgit en juillet 2024, publiée par le père de Yamal pendant l'Euro remporté par l'Espagne
- Juillet 2026 : les deux joueurs s'affrontent pour la première fois en finale de la Coupe du monde
- Yamal est devenu le plus jeune buteur de l'histoire de l'Euro en 2024, à 16 ans et 362 jours
Sources
5 sources · 5 faits vérifiés

