L’incendie qui a dévasté Bédar et Los Gallardos en Andalousie a fait 12 morts et 23 disparus. Un câble électrique tombé au sol a déclenché un brasier qui a parcouru 15 kilomètres en deux heures.
Dimanche 12 juillet, les habitants de Bédar regagnent peu à peu leur domicile, deux jours après le déclenchement d’un incendie qui a tué 12 personnes dans cette zone boisée proche de la Méditerranée, à quelques kilomètres d’Almería. Le feu est “stabilisé”, annonce Juan Manuel Moreno, président de la région d’Andalousie, sans que le bilan puisse être définitif : 23 personnes manquent toujours à l’appel et les autopsies ne sont pas achevées.
Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, se rendra lundi dans la région de Los Gallardos. Quelque 7 000 hectares ont brûlé dans un périmètre de 40 kilomètres. Sur 1 500 évacués, 600 ont déjà pu rentrer durant la nuit grâce à l’amélioration de la situation.
Quinze kilomètres parcourus en deux heures
Le feu s’est déclenché jeudi après-midi. La vitesse de propagation des flammes a stupéfié les témoins. Félix Bolaños, ministre présent sur place samedi, évoque 100 mètres par minute au début de l’incendie. Juan Manuel Moreno parle de flammes qui ont parcouru “15 kilomètres en deux heures”[3], aidées par le vent : Almeria est une des régions les plus venteuses d’Espagne.
“La propagation des flammes était plus rapide que le vent lui-même”, souligne Virginia Barcones, directrice de la protection civile et des urgences, auprès d’El País. Le terrain a tout amplifié. Ce massif boisé est composé de ravins, de fossés et de maisons dispersées à flanc de coteaux. Les riverains n’ont pas pu se mettre à l’abri à temps.
Francisco Reyes, maire de Los Gallardos, a été le premier à avertir les habitants, en collaboration avec un agent de police locale. En fin d’après-midi jeudi, “des pompiers et deux hélicoptères étaient déjà en train de larguer de l’eau”, rapporte El País. “Mais le feu s’était déjà propagé sur sept kilomètres à vol d’oiseau à travers champs en direction de Bédar. En l’espace d’une heure et demie, ces terres ressemblaient à s’y méprendre à l’enfer”.
Un câble tombé au sol identifié comme déclencheur
Les autorités espagnoles enquêtent sur un câble provenant d’un poteau électrique, identifié comme “le déclencheur” de l’incendie. Les premiers témoins ont déclaré aux services d’urgence (numéro 112) “qu’une ligne électrique tombée au sol avait enflammé la végétation environnante”, selon El País. Les services d’urgence andalous ont reçu “jusqu’à 150 appels” jeudi après-midi, provenant de riverains et d’automobilistes qui s’alarmaient d’un “feu de bord de route” parti “de rien” et qui s’est “rapidement propagé”.
Endesa, le principal fournisseur d’électricité de la région, affirme que le câble “n’appartient pas à son réseau” et “n’était pas sous tension” : l’alimentation électrique a été coupée en 2009 dans la zone. L’entreprise insiste sur le fait que ce câble était “inutilisé”. La ligne alimentait autrefois une maison et un restaurant, tous deux abandonnés.
Incendie d'Andalousie : comprendre le drame de Bédar
Des victimes piégées dans leur véhicule ou rattrapées à pied
Les 12 morts sont de “différentes nationalités”, selon Fernando Grande-Marlaska, ministre de l’intérieur[4]. Les victimes retrouvées par les secours ont été piégées dans leur véhicule ou rattrapées par les flammes en tentant de s’enfuir. “Les décès se sont produits dans un hameau de Bédar et certains ont été retrouvés dans des véhicules”[5], précisent les services de la région. Parmi les victimes figure un Belge[1]. Huit personnes ont été blessées, dont quatre grièvement par brûlures.
Le curé local explique que dans cette zone habitent beaucoup d’étrangers, “la plupart sont des personnes âgées, qui ont trouvé un havre de paix”. “Ils vivent très isolés et même si on leur explique… Parfois, les personnes qui vivent dans la campagne connaissent les chemins, ou pensent les connaître…”
“C’est une des pires tragédies que l’on ait connues ici”, a déclaré Juan Manuel Moreno. Le président de la région Andalousie, récemment réélu, est sur le pied de guerre, entouré d’un dispositif de 144 véhicules d’intervention et 180 pompiers. “On est à fond”, a-t-il ajouté, conscient que tous les regards se portent sur cet incendie, un des plus mortifères dont on ait mémoire dans le pays.
L’Espagne en première ligne du réchauffement climatique
Le drame survient au début d’un été à haut risque pour l’Espagne. Pays en première ligne du réchauffement climatique, l’Espagne a connu ces dernières années des vagues de chaleur de plus en plus longues, dès le printemps, avec des températures dépassant parfois les 40 °C. Ces conditions créent le terrain pour des feux dévastateurs.
Quelque 150 pompiers et cinq camions-citernes ont été mobilisés durant la nuit[2]. L’unité militaire d’urgence, dédiée aux situations d’urgence les plus délicates, “sera déployée dans les prochaines heures sur le terrain”. Les habitants de plusieurs quartiers ont été évacués. Une cinquantaine de personnes sont hébergées dans un centre culturel et plusieurs routes ont été coupées en raison du sinistre. Les autorités régionales ont déclenché dans la nuit “la phase d’urgence, situation opérationnelle 2, du plan local de lutte anti-incendie” (soit le deuxième niveau le plus élevé) “face à l’évolution et au fort potentiel de l’incendie”.
La météo de samedi pourrait toutefois faciliter le travail des pompiers et militaires, désormais près de 500 déployés sur le terrain, aidés par une vingtaine d’engins aériens. Le président régional andalou a dit “espérer que ces 23 personnes non localisées soient finalement retrouvées et qu’elles ne soient pas décédées”. Les autorités restent prudentes quant au nombre de disparus tant que les autopsies et l’identification des corps retrouvés ne seront pas achevées.
Incendie d’Almería : bilan et chiffres du sinistre
- 12 morts confirmés, de différentes nationalités dont un Belge
- 23 personnes portées disparues
- 8 blessés, dont 4 grièvement touchés par des brûlures
- 7 000 hectares brûlés dans un périmètre de 40 kilomètres
- 1 500 personnes évacuées, dont 600 ont pu rentrer dimanche matin
- Propagation à 100 mètres par minute au début de l’incendie
- 15 kilomètres parcourus par les flammes en deux heures
- 500 pompiers et militaires déployés sur le terrain
- 20 engins aériens mobilisés
Incendie d’Andalousie : comprendre le drame de Bédar
Vitesse de propagation fulgurante
Les flammes ont parcouru 15 kilomètres en deux heures, à une vitesse atteignant 100 mètres par minute au début de l’incendie. Le vent très présent dans la région d’Almeria a amplifié la propagation.
Un terrain qui piège les habitants
Le massif boisé, composé de ravins, fossés et maisons dispersées à flanc de coteaux, a favorisé la propagation et rendu difficile l’évacuation. Beaucoup d’habitants étaient des étrangers âgés vivant isolés.
Un câble électrique hors service en cause
L’enquête pointe un câble provenant d’un poteau électrique tombé au sol. Endesa affirme que ce câble n’était plus sous tension depuis 2009 et n’appartenait pas à son réseau.
Mobilisation massive des secours
500 pompiers et militaires déployés, 20 engins aériens mobilisés, unité militaire d’urgence envoyée sur le terrain. Le feu est stabilisé dimanche, permettant le retour de 600 évacués sur 1 500.
Le réchauffement climatique aggrave les risques
L’Espagne connaît ces dernières années des vagues de chaleur de plus en plus longues dès le printemps, avec des températures dépassant parfois 40 °C, créant les conditions pour des feux dévastateurs.
Incendie d'Almería : bilan et chiffres du sinistre
- L'incendie s'est déclenché jeudi après-midi à Bédar et Los Gallardos, en Andalousie, faisant 12 morts et 23 disparus
- Un câble électrique tombé au sol a été identifié comme déclencheur de l'incendie par les autorités espagnoles
- Les flammes ont parcouru 15 kilomètres en deux heures, à une vitesse atteignant 100 mètres par minute
- 7 000 hectares ont brûlé dans un périmètre de 40 kilomètres, 1 500 personnes ont été évacuées
- 500 pompiers et militaires sont déployés sur le terrain, aidés par 20 engins aériens
- Le feu est stabilisé dimanche, permettant le retour de 600 évacués
Sources
5 sources · 5 faits vérifiés
