Sébastien Anquetil a 26 ans et vit dans la Manche. Entre octobre 2025 et avril 2026, il a été contrôlé trois fois au volant de sa Renault Clio, à Vire Normandie. Trois fois ivre, trois fois sans permis valide, trois fois au volant d’un véhicule non assuré et pourtant immobilisé par décision administrative. Le 5 octobre, les gendarmes relèvent un taux d’alcool de 1,24 gramme par litre de sang. Le 30 janvier 2026, il est à 1,34 g/L. Le 26 avril, il atteint 2,4 g/L, soit près de cinq fois la limite autorisée.
Au troisième contrôle, la justice bascule en comparution immédiate. Le 6 mai, il comparaît devant le tribunal correctionnel de Caen. Mais l’audience est bloquée par la grève des avocats. L’affaire est renvoyée au 1er juillet. Entre-temps, Sébastien passe deux jours en détention provisoire, puis est placé sous contrôle judiciaire. Ces deux jours en cellule, il les présente comme un déclic.
« J’ai entamé des soins »
Devant le tribunal, mercredi 1er juillet 2026, l’homme reconnaît les faits. « J’ai fait n’importe quoi », dit-il aux magistrats. Il explique avoir commencé un suivi médical depuis sa sortie de prison. Il est en CDI depuis plusieurs années et sa famille, installée dans la Manche, le soutient dans cette démarche. Aux yeux du tribunal, les infractions restent graves : multirécidive, taux d’alcool massif, refus d’obtempérer le 30 janvier.
Le tribunal correctionnel de Caen prononce une peine de 18 mois de prison, dont 10 mois fermes. La partie ferme sera exécutée sous bracelet électronique, avec exécution provisoire. Le reste de la peine est assorti d’un sursis. La Renault Clio est confisquée. Une décision qui referme, pour l’instant, une série d’infractions routières commises en quelques mois dans le sud de la Manche.
L’affaire illustre une réalité récurrente dans les tribunaux de Normandie : la conduite sous l’emprise de l’alcool, sans permis, parfois en récidive, reste l’un des motifs les plus fréquents de condamnation devant les juridictions correctionnelles du Calvados et de la Manche. À Vire comme ailleurs, les contrôles routiers continuent de révéler des situations où l’alcool, l’absence de permis et le mépris des décisions judiciaires se cumulent.

