Valentin Galliero n’a jamais quitté l’eau longtemps. Professeur d’éducation physique à Cherbourg-en-Cotentin, membre de l’équipe de France de pêche sous-marine depuis 2019, moniteur dans un club local depuis quinze ans, il vient de franchir un cap en juillet : ouvrir sa propre école de chasse sous-marine en apnée, la Galliero Spearfishing School. Une première en Normandie.
L’affaire se passe au port de Diélette, dans le Cotentin. Une demi-journée de formation ou un stage de deux jours, en petit groupe, pour apprendre à nager en apnée, à manier le fusil-harpon et à respecter une réglementation qui varie selon les préfectures maritimes. “J’adore l’apnée, la liberté, la dimension sportive”, confie Galliero. Sous l’eau, un nageur en palmes peut brûler jusqu’à 1 000 calories par heure. Une liberté qu’il partage désormais avec ceux qui veulent découvrir les spots normands, leurs courants parmi les plus forts d’Europe, leur eau fraîche et leur visibilité parfois réduite.
Le lundi 3 août au matin, trois stagiaires l’attendaient sur les quais. Passage en revue du matériel, palmes, masques, tubas, bouée, combinaison, prêté ou apporté par les participants. Puis embarquement pour un tour en mer près du port. Les nageurs évoluent entre 5 et 8 mètres sous la surface. Mais Galliero, lui, va chercher plus profond quand il plonge en dehors des cours. “Je peux descendre jusqu’à 50 mètres, notamment dans la Méditerranée”, précise-t-il.
Fusil-harpon à partir de 16 ans, coquilles Saint-Jacques l’hiver
Les stagiaires apprennent d’abord à nager en apnée. Le fusil-harpon vient Ensuite, et seulement pour les plus de 16 ans. “La pêche est très réglementée. Les règles varient d’une préfecture maritime à l’autre et c’est aussi ce que j’enseigne”, détaille Galliero[1]. L’hiver, les cours portent sur la chasse à la coquille Saint-Jacques. Au printemps, sur l’araignée de mer.
“J’aime profiter de la nature, des fonds marins. C’est aussi un univers tranquille où il n’y a pas beaucoup de personnes”, confie Guillaume, l’un des plongeurs amateurs présents ce matin-là [1]. Une fois le cours terminé, chacun repart avec les poissons qu’il a pêchés. “Ma recette préférée est toute simple : le filet de bar à la poêle avec du beurre”, conclut Valentin Galliero[1].
Un champion formé en famille, une école lancée dans le Cotentin
Dans la famille Galliero, la pêche sous-marine se transmet. Le père a porté les couleurs de l’équipe de France, la mère et le frère pratiquaient également la compétition. “À 3 ans, j’étais avec mes parents dans l’eau à les regarder faire. À 6 ans, j’avais déjà les palmes”, raconte Valentin[2]. Aujourd’hui, c’est lui qui forme, dans le Cotentin, là où les courants sont rudes et les fonds marins exigeants. Une école qui manquait à la région, et qui ouvre une porte sur un univers où la liberté se mesure en mètres sous la surface.
Sources
2 sources · 4 faits vérifiés

