Jean-Brice Dumont devient directeur général de MBDA le 1er novembre 2026, succédant à Eric Béranger après sept ans à la tête du missilier européen.
Le fabricant européen de missiles nomme Jean-Brice Dumont à sa direction générale à compter du 1er novembre prochain. Un changement de commande pour MBDA, piloté depuis 2019 par Eric Béranger. La nomination intervient dans un contexte de montée en puissance de la production européenne de missiles, portée par les tensions géopolitiques et la hausse des budgets de défense du continent.
Dumont débarque avec une connaissance fine des enjeux capacitaires et industriels du secteur. MBDA, co-détenu par Airbus, BAE Systems et Leonardo, compte parmi les acteurs incontournables du missile en Europe, du Meteor air-air au système antinavire Exocet. Le groupe emploie plus de 13 000 personnes sur une quinzaine de sites en France, au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne.
Le calendrier de la nomination coïncide avec la pression exercée par plusieurs gouvernements européens pour accélérer les livraisons. L’Ukraine, les pays baltes, la Pologne : tous demandent des systèmes de défense sol-air et des munitions de précision en volumes croissants. La commande publique explose, la chaîne de production doit suivre.
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Michel Denis passe de Manitou à Daher, Emilie Piette entre à RTE
Michel Denis a rejoint la direction générale de Daher le 1er juillet dernier. Thibault Scaramanga reste président du conseil d’administration de l’avionneur et équipementier, tandis qu’Aymeric Daher conserve ses fonctions de directeur général délégué. Denis arrive de Manitou, où il pilotait les opérations du fabricant d’engins de manutention.
Daher enchaîne les livraisons de son TBM 960, turbopropulseur haut de gamme, et développe des sous-ensembles pour Airbus et Dassault Aviation. L’entreprise familiale emploie environ 10 000 personnes et affiche un carnet de commandes soutenu, porté par la reprise de l’aviation d’affaires et les programmes militaires. Denis hérite d’un groupe en phase de croissance, mais confronté aux tensions sur les approvisionnements et aux délais de certification.
Emilie Piette a pris la présidence de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité. Elle remplace Xavier Piechaczyk, nommé à la direction générale de la RATP. RTE pilote 105 000 kilomètres de lignes haute et très haute tension en France. Les prochaines années s’annoncent décisives pour l’entreprise, chargée de raccorder les parcs éoliens offshore, de renforcer les interconnexions européennes et d’absorber la montée en puissance du nucléaire et des renouvelables. Le budget d’investissement annuel dépasse les 2 milliards d’euros.
Aéronautique, automobile, énergie : le grand jeu des dirigeants
François Provost dirige Michelin depuis juillet 2025. Ancien directeur des achats, des partenariats et des affaires publiques du groupe, il a succédé à Florent Ménégaux, dont le mandat avait été renouvelé en janvier 2026 pour quatre ans. Jean-Dominique Sénard reste président. Philippe Jacquin a pris les fonctions de gérant non commandité cette année, remplaçant Yves Chapot. Le pneumaticien clermontois navigue entre montée en gamme et pressions sur les coûts.
Chez Stellantis, l’italien Antonio Filosa occupe le poste de PDG depuis le départ anticipé de Carlos Tavares en décembre 2024. Filosa dirigeait auparavant les activités nord-américaines du constructeur. Stellantis traverse une phase de restructuration profonde, entre fermetures d’usines, lancement de plateformes électriques et chute de la rentabilité en Europe.
L’équipementier Forvia, né de la fusion Faurecia-Hella, a nommé l’allemand Martin Fischer à sa direction générale le 1er mars 2025. Pierre-André de Chalendar préside le conseil d’administration depuis juin dernier, succédant à Michel de Rosen. Forvia encaisse de plein fouet le ralentissement de la production automobile européenne et le retard des programmes électriques. La priorité : réduire la dette et rationaliser les sites.
Félicie Burelle a été confirmée en mai 2026 comme directrice générale de Plastic Omnium, après avoir assuré l’intérim depuis novembre 2025. Laurent Favre avait quitté le groupe. Mandat de trois ans pour Burelle, qui doit piloter la transition du spécialiste des réservoirs et des modules de carrosserie vers l’hydrogène et les systèmes électriques. Valeo reste dirigé par Christophe Périllat, en poste depuis janvier 2022.
Pourquoi ces nominations reflètent les tensions de l'industrie
Défense, aérospatial, énergie : les nominations stratégiques
Guillaume Faury préside Airbus depuis 2019. Son mandat a été reconduit en avril 2025. L’avionneur affiche un carnet de commandes historique, mais peine à accélérer les cadences sur l’A320neo et l’A350. Les retards de livraison s’accumulent, les clients s’impatientent, les fournisseurs saturent. Faury doit arbitrer entre croissance et rentabilité.
Eric Trappier dirige Dassault Aviation depuis 2013. Il a repris en janvier 2025 la présidence du groupe Dassault, succédant à Charles Edelstenne. Loïk Segalen reste directeur général délégué. Dassault Aviation enchaîne les succès à l’export avec le Rafale : Indonésie, Serbie, Égypte. La cadence de production grimpe, l’usine de Mérignac embauche. Trappier pousse aussi le développement du Falcon 10X, le futur fleuron de l’aviation d’affaires.
Olivier Andriès pilote Safran depuis janvier 2021. Il a pris la tête du Gifas, le syndicat des industriels de l’aéronautique, en juillet 2025. Safran profite de la reprise du trafic aérien et de la montée en puissance du Leap, le moteur de l’A320neo et du 737 MAX. Les services, la maintenance, les pièces de rechange : les marges remontent. Andriès doit gérer la tension sur les chaînes d’approvisionnement et les ambitions de décarbonation du secteur.
Patrice Caine dirige Thales depuis décembre 2014. Diplômé de Polytechnique et des Mines, il a rejoint le groupe en 2002. Thales enchaîne les contrats dans la défense, la sécurité, l’aérospatial. Le groupe mise sur l’intelligence artificielle, le cyber, les satellites. Les effectifs en France gonflent, portés par les budgets militaires et les programmes export. Caine pousse aussi l’expansion à l’international, en particulier en Asie-Pacifique.
Chez Arianegroup, Christophe Bruneau a remplacé en avril 2026 Martin Sion, parti chez Alstom. Arianegroup, co-détenu par Airbus et Safran, développe Ariane 6, dont les premiers vols commerciaux accusent du retard. La concurrence de SpaceX et des lanceurs chinois pèse lourd. Arianespace, la filiale commerciale, est dirigée depuis janvier 2025 par David Cavaillolès, ancien conseiller ministériel en charge de la politique spatiale française.
Jean-François Fallacher préside Eutelsat depuis juin 2025. Il dirigeait auparavant Orange France. Eutelsat vient de fusionner avec OneWeb, le concurrent de Starlink. Le groupe mise sur la connectivité par satellite, en particulier pour les zones blanches et l’aviation. Fallacher doit réussir l’intégration des deux flottes et convaincre les investisseurs.
Antoine de Saint-Affrique dirige Danone depuis septembre 2021, après un passage chez Barry Callebaut. Gilles Schnepp préside le conseil d’administration. Danone poursuit sa stratégie de recentrage sur la nutrition spécialisée et les produits laitiers premium. Les volumes stagnent en Europe, les prix grimpent, les consommateurs arbitrent. Saint-Affrique mise sur l’Amérique du Nord et l’Asie pour relancer la croissance.
Mouvements de dirigeants dans l'industrie française 2026
- Jean-Brice Dumont prend la direction de MBDA le 1er novembre 2026
- Michel Denis a rejoint Daher le 1er juillet 2026
- Emilie Piette préside RTE, Xavier Piechaczyk nommé à la RATP
- Félicie Burelle confirmée chez Plastic Omnium pour trois ans en mai 2026
- Christophe Bruneau succède à Martin Sion chez Arianegroup en avril 2026

