Le centre de secours de Kahani, dans le centre de Grande-Terre, a accueilli le 21 juillet une réunion de coordination entre le préfet de Mayotte, le SDIS 976 et les élus locaux. Objet : présenter les moyens déployés pour endiguer les feux de végétation qui rongent chaque année le territoire. L’année 2025 a vu près de 1 800 départs de feu, détruisant environ 300 hectares de végétation. En 2026, plus de 80 incendies ont déjà été enregistrés depuis le début de la saison sèche, période qui accentue mécaniquement les risques.
Kahani n’a pas été choisi au hasard : le centre de secours y est équipé depuis peu de Fourgons Mousse Grande Puissance, engins récemment livrés pour moderniser la flotte d’intervention. Ces machines sont conçues pour les terrains difficiles, une nécessité à Mayotte où le relief escarpé et l’accès limité à l’eau compliquent l’action des pompiers. Dans certaines zones, impossible d’acheminer rapidement de quoi éteindre : il faut adapter, improviser, tenir.
La culture sur brûlis derrière neuf feux sur dix
Près de 90 % des départs de feu enregistrés en 2025 ont pour origine la culture sur brûlis, pratique agricole traditionnelle mais souvent menée sans précaution ni conformité à la réglementation. Le feu est un outil dans certaines agricultures mahoraises, un allié pour défricher vite et fertiliser le sol. Mais quand il échappe, ou quand il est allumé au mauvais moment, il devient une menace pour les forêts primaires qui subsistent encore sur les sommets de l’île, au-delà de 500 mètres d’altitude.
Le territoire cumule plusieurs vulnérabilités : une densité de population élevée (plus de 900 habitants au km² selon les estimations 2026[2]), une urbanisation rapide, et des pratiques agricoles parfois en décalage avec les règles en vigueur. Le SDIS 976, structure récente à l’échelle des services d’incendie français, doit composer avec des moyens limités face à une sollicitation qui ne faiblit pas.
Les élus en première ligne de la prévention
La réunion de Kahani marque un tournant dans la stratégie préfectorale : les élus locaux, premiers interlocuteurs des habitants, sont appelés à devenir relais de la vigilance. À eux de rappeler les consignes, de signaler les pratiques à risque, de faire remonter les informations du terrain. Le partenariat entre collectivités et services de secours n’est pas une invention mahoraise, d’autres départements confrontés aux feux l’ont expérimenté avec succès. Mais à Mayotte, la densité, la démographie galopante et les contraintes géographiques rendent l’exercice plus tendu.
Le SDIS 976 a récemment modernisé sa flotte et ses équipements, mais le nombre d’agents reste une variable critique. Les autorités insistent désormais sur la nécessité de signaler rapidement tout départ de feu et d’éviter les comportements à risque durant toute la saison sèche. La prochaine étape consistera à évaluer, à l’issue de la période critique, l’efficacité du dispositif renforcé et du maillage territorial mis en place.
Mayotte, département français de l’océan Indien comptant environ 343 200 habitants répartis sur 375 km²[2], fait face à des défis spécifiques : une végétation tropicale luxuriante, des sommets volcaniques, un climat chaud et humide avec plus de 5 000 mm de pluie par an[2], et une saison sèche qui transforme chaque étincelle en menace. Le territoire n’a pas été épargné par les épisodes de chaleur qui ont marqué l’été 2026 en France métropolitaine, et la coordination entre services de l’État, pompiers et élus reste la clé pour limiter les dégâts dans les mois à venir.
Sources
1 source · 3 faits vérifiés

