Les forces russes ont bombardé Kiev dans la nuit du 18 au 19 juillet, faisant au moins un mort et treize blessés, au lendemain d’attaques ukrainiennes massives contre Moscou.
Les déflagrations ont retenti jusqu’au fond des abris antiaériens de la capitale ukrainienne. L’une d’elles a été si puissante qu’elle a déclenché les alarmes de dizaines de voitures stationnées dans le centre. L’armée de l’air ukrainienne a confirmé l’emploi de missiles balistiques, les projectiles les plus rapides et les plus difficiles à intercepter.
Cinq districts de Kiev ont été touchés. Dans le quartier de Desniansky, des véhicules brûlaient à proximité d’un centre commercial, d’où s’élevaient d’épaisses fumées noires. À Shevchenkivsky, la chute de débris de missile a provoqué un incendie dans un immeuble d’habitation. Des immeubles résidentiels et un supermarché étaient également en flammes dans les districts de Solomiansky et Sviatoshynsky. L’administration militaire de la capitale a signalé des dégâts sur un bâtiment d’habitation à Shevchenkivsky, tandis qu’un centre commercial et des véhicules étaient en feu à Dniprovsky.
370 drones ukrainiens abattus au-dessus de Moscou
Cette frappe intervient 48 heures après une offensive aérienne ukrainienne d’une ampleur inhabituelle. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a déclaré que plus de 370 drones avaient été abattus au-dessus de la région de la capitale russe dans la nuit du 18 au 19 juillet[1]. « La plupart » ont été interceptés, précise-t-il, sans donner de bilan de victimes ni de dégâts au sol.
Depuis début juillet, Kiev et Moscou échangent des frappes d’une intensité croissante. Le 2 juillet, Kiev avait subi la pire attaque depuis le début de la guerre : 496 drones et 74 missiles russes avaient été lancés en une seule nuit, faisant au moins 25 morts et 85 blessés[1]. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’était alors rendu sur les lieux des bombardements et avait promis une riposte. L’Ukraine avait ensuite lancé plus de 430 drones vers Moscou la veille du sommet de l’Otan, mi-juillet.
La pénurie de missiles PAC-3 handicape la défense de Kiev

Depuis juin, la capitale ukrainienne est régulièrement visée par des missiles balistiques russes. Ces projectiles, nettement plus rapides que les drones ou les missiles de croisière, saturent les défenses antiaériennes ukrainiennes. Le problème principal : Kiev manque de missiles PAC-3, les intercepteurs capables d’abattre les missiles balistiques pour ses systèmes Patriot de conception américaine[3].
Le président américain Donald Trump a récemment annoncé son intention d’autoriser l’Ukraine à produire localement des missiles destinés aux batteries Patriot. Volodymyr Zelensky a indiqué mercredi que cette production pourrait débuter « d’ici fin 2026 », afin de renforcer la défense du pays face à l’intensification des frappes balistiques russes[3]. En attendant, les nuits de bombardement se ressemblent : les missiles russes arrivent par salves successives, et les explosions s’enchaînent à un rythme soutenu dans la capitale.
Pourquoi l'Ukraine manque de défense balistique
Une escalade qui sollicite toute la machine de guerre russe
Derrière ces attaques répétées, une logistique complexe mobilise l’ensemble de l’appareil militaire russe. Le bombardement du 24 mai avait duré quatre heures, mêlant missiles balistiques, missiles de croisière et drones Shahed à long rayon d’action. Au moins quatre personnes avaient été tuées et plus de cent blessées[4]. Le lendemain, la diplomatie russe avait appelé les ressortissants étrangers vivant à Kiev, personnels diplomatiques compris, à quitter la capitale avant de nouveaux bombardements.
Les frappes sur Kiev ne sont pas isolées. Kharkiv, grande ville du nord-est de l’Ukraine, a été visée par des drones d’attaque russes dans la nuit du 15 au 16 juillet, touchant trois quartiers de la ville[3]. Dans la région de Briansk, frontalière de l’Ukraine, une adolescente de quinze ans et sa grand-mère ont été tuées dans une attaque aux lance-roquettes ukrainienne jeudi. Dans la région de Iaroslavl, à 300 kilomètres au nord-est de Moscou, un homme a été tué dans une attaque massive de drones. Le ministère russe de la Défense a annoncé avoir abattu dans la nuit de jeudi 375 drones ukrainiens au-dessus d’une quinzaine de régions russes et de la Crimée annexée[3].
Le mois de juin a été le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis avril 2022, après plus de quatre ans d’invasion russe[5]. Volodymyr Zelensky affirme que « la Russie frappe des cibles civiles uniquement pour contraindre l’Ukraine à renoncer à son État », et promet de riposter à chaque bombardement.
| Date | Cible | Moyens | Bilan |
|---|---|---|---|
| 2 juillet | Kiev | 496 drones, 74 missiles | 25 morts, 85 blessés |
| Nuit du 7 juillet | Moscou | 430+ drones ukrainiens | Non communiqué |
| 16 juillet | Kiev | Missiles balistiques | 2 morts, 5 blessés |
| 18 juillet | Régions russes | 375 drones ukrainiens | 3 morts |
| Nuit du 18 au 19 juillet | Kiev | Missiles balistiques | 1 mort, 13 blessés |
| Nuit du 18 au 19 juillet | Région de Moscou | 370+ drones ukrainiens | Non communiqué |
Source : Franceinfo, La Presse
Frappes Kiev-Moscou juillet 2026 : les chiffres
- Kiev frappée au missile balistique dans la nuit du 18 au 19 juillet, 1 mort et 13 blessés
- 370+ drones ukrainiens abattus au-dessus de Moscou dans la même nuit, selon le maire Sobianine
- L'Ukraine manque de missiles PAC-3 pour ses systèmes Patriot, seuls capables d'intercepter les missiles balistiques
- Juin 2026 a été le mois le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis avril 2022
- Production ukrainienne de missiles Patriot autorisée par Trump, début prévu fin 2026
Sources
4 sources · 8 faits vérifiés

