L’ancien international brésilien Nenê, passé par Monaco et le PSG, livre son analyse au terme de la phase de groupes : aucune équipe ne dispose d’une telle profondeur offensive.
À 44 ans, Anderson Luis de Carvalho continue de fouler les pelouses brésiliennes. Huit buts en 19 matches cette saison sous le maillot de Botafogo : le dribbleur que Monaco puis Paris ont connu il y a plus d’une décennie n’a rien perdu de son sens du jeu. Présent aux États-Unis comme consultant pour la chaîne brésilienne CazéTV, il assistera vendredi au quart de finale France-Maroc, au Gillette Stadium de Boston. Mercredi 8 juillet, il a suivi l’entraînement des Bleus et s’est confié sur ce qu’il observe depuis le début du tournoi.
Son constat ne souffre aucune nuance : l’équipe de France est la formation la plus complète de cette Coupe du monde. Pas seulement sur le plan technique, précise-t-il, mais aussi dans la mentalité. Les résultats suivent. Annoncée parmi les favorites avant le coup d’envoi, la France s’est imposée comme LA grande favorite après trois victoires en phase de groupes et un succès net contre la Suède en huitièmes.
Un réservoir offensif qui effraye jusqu’au Brésil
Ce qui frappe Nenê, c’est d’abord la profondeur du secteur offensif. Si quelque chose ne fonctionne pas tactiquement, Didier Deschamps peut basculer sur Désiré Doué, lancer Bradley Barcola en transition, ou encore faire entrer Rayan Cherki et Michael Olise depuis le banc. Et puis il y a Kylian Mbappé, capable d’évoluer partout devant, et Ousmane Dembélé. “C’est ouf !”, lâche l’ancien meneur du PSG. Les adversaires regardent ce groupe et se demandent quelle stratégie adopter : aucune ne semble pouvoir freiner cette attaque[1].
L’impact va au-delà des frontières françaises. Au Brésil, l’équipe de France suscite respect et une pointe d’inquiétude. Avant leur élimination en huitièmes de finale face à la Norvège d’Erling Haaland, les Brésiliens voulaient absolument finir premiers de groupe pour éviter les Bleus. Supporters comme observateurs télé partagent la même lecture : cette équipe est très, très forte. Nenê, qui considère la France comme sa deuxième maison, avoue qu’il aurait aimé voir le Brésil aller plus loin. Mais il constate aussi un écart : “On a de très bons joueurs, mais des profils comme ceux de la France aujourd’hui, il n’y en a pas. On se dit que si on pouvait aussi avoir deux ou trois joueurs comme vous…”
| Adversaire | Score | Date |
|---|---|---|
| Sénégal | 3-1 | Phase de groupes |
| Irak | 3-0 | Phase de groupes |
| Norvège | 4-1 | Phase de groupes |
| Suède | 3-0 | Huitièmes de finale |
Source : RMC Sport
Doué, Olise, Cherki : difficile de choisir
Interrogé sur le joueur qui l’impressionne le plus, Nenê botte en touche : “C’est difficile, il y en a plein !” Il cite d’abord Désiré Doué, dont la technique lui rappelle celle de Neymar. Un potentiel immense, selon lui. Ensuite Michael Olise, qui monte en puissance. Mbappé et Dembélé, évidemment, dont les noms n’ont plus besoin d’être développés. Et puis Rayan Cherki, dont le jeu au pied gauche lui évoque ses propres années sur les terrains français. “Je pourrais parler toute la journée des Bleus”, glisse-t-il.
Cette variété de profils constitue le principal atout de l’équipe de France dans ce Mondial. Quatre matches consécutifs avec au moins trois buts inscrits : aucune autre sélection n’affiche une telle régularité offensive à ce stade de la compétition[4]. Et contrairement à d’autres époques où la France s’appuyait sur deux ou trois individualités, le danger vient désormais de partout. Si un dispositif tactique bloque Mbappé, Dembélé prend le relais. Si les défenses se concentrent sur les couloirs, Doué ou Olise surgissent dans l’axe. Cette polyvalence rend la tâche des adversaires presque insurmontable.
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Solides mentalement, perfectibles derrière
Nenê insiste aussi sur un autre aspect : la mentalité. Lors du dernier match de poule contre la Norvège, malgré une qualification déjà acquise et un turnover dans le onze, les Bleus sont restés concentrés. Même constat face au Paraguay, où ils ont déroulé sans relâchement. Cette solidité psychologique, couplée à la qualité technique, fait toute la différence à ce niveau de compétition.
Pourtant, tout n’est pas parfait. La défense a montré quelques failles, notamment lors du match contre la Norvège B, où les Scandinaves ont trouvé la faille à plusieurs reprises[2]. Face à des formations plus relevées en phases finales, ces approximations pourraient coûter cher. Mais pour l’instant, la puissance de feu devant compense largement. Et c’est précisément ce que les adversaires redoutent : même en concédant un but, la France dispose des ressources pour en inscrire trois ou quatre derrière.
Vendredi soir, le Maroc tentera de contenir cette machine offensive. Achraf Hakimi, star du couloir droit marocain et coéquipier de Mbappé et Dembélé au PSG, connaît parfaitement leurs qualités. Mais connaître et neutraliser sont deux choses différentes. Nenê, qui sera dans les tribunes, en est convaincu : si cette attaque tourne à plein régime, personne ne pourra l’arrêter. Le Brésil en a fait l’expérience indirectement, éliminé par une Norvège qui s’est ensuite inclinée 4-1 face aux Bleus. Les autres nations prévenues regardent désormais la France comme l’épouvantail du tournoi. Et l’ancien numéro 10 du PSG ne dit pas autre chose : cette équipe a tout pour aller au bout.
Nenê et l'attaque française : ce qu'il faut retenir
- Nenê, 44 ans, joue toujours à Botafogo (8 buts en 19 matches cette saison)
- Il sera consultant brésilien au stade pour France-Maroc vendredi
- Les Bleus ont marqué au moins 3 buts lors de leurs 4 derniers matches du Mondial
- Le Brésil voulait éviter la France avant d'être éliminé par la Norvège en 8e
- Nenê cite Doué, Olise, Cherki, Mbappé et Dembélé comme profils exceptionnels
- La défense française a montré des failles face à la Norvège B (4-1)
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés
