Quand on parle location longue durée, on imagine des contrats gris et des flottes anonymes. Sauf que derrière ces chiffres, il y a désormais un poids lourd qui écrase la concurrence. Leasys, la coentreprise entre Stellantis et le Crédit Agricole, affiche 47 715 immatriculations en ce début d’année 2026. Voilà un score qui ne se discute pas.
Le résultat, c’est 21 % de part de marché sur la LLD. Autant dire un leadership net, pas une pole position arrachée d’un cheveu. Et ce qui frappe, c’est la mécanique de fond : la bascule vers l’électrifié, que Leasys a visiblement anticipée plutôt que subie.
Parce que le vrai marqueur de cette progression, c’est l’électrification. Le loueur revendique une hausse de 63,5 % des immatriculations de véhicules à faibles émissions. Un chiffre qui colle à la tendance générale du marché français, où plus d’un véhicule neuf sur deux passe désormais par un contrat de location.
21 % du marché, et 27,2 % sur les utilitaires
Le détail des parts de marché raconte une stratégie construite segment par segment. Sur les voitures particulières, Leasys pèse 19,8 %. Sur les utilitaires légers, la domination est encore plus franche, avec 27,2 %. C’est là que se joue le nerf de la guerre commerciale : l’artisan, la PME, le gestionnaire de flotte qui renouvelle sa camionnette ne cherche pas la poésie, il cherche une mensualité tenable et une reprise sans mauvaise surprise.
Cette capacité à parler autant au particulier qu’au professionnel, c’est ce qui fait la différence. Une offre à tiroirs, taillée pour chaque profil, plutôt qu’un catalogue unique servi à tout le monde. Et sur un marché où le leasing s’est imposé comme la norme, y compris pour l’électrique dont plus de 60 % des ventes neuves passent par la LOA ou la LLD[3], mieux vaut avoir la gamme large.
54 % des immatriculations LLD de Stellantis, en interne
Là où le tableau devient franchement révélateur, c’est sur la relation avec la maison mère. Leasys totalise 41 006 immatriculations sur la LLD au sein du groupe Stellantis, soit 54 % de part de marché interne. Traduction : plus d’une location longue durée sur deux, chez le groupe, passe par sa propre filiale.
On peut y voir un avantage structurel évident. Approvisionnement en véhicules garanti, synergies avec les marques du groupe, coûts optimisés, renouvellement de flotte fluide. Quand Peugeot, Citroën, Opel ou Fiat sortent un nouveau modèle, Leasys a la mécanique de financement déjà en place pour le pousser. Citroën, par exemple, taillait sa C3 essence 100 ch à 139 euros par mois sur 49 mois au printemps 2026, avec un premier loyer de 2 500 euros et 1 000 euros de reprise déduite[1]. Le genre d’offre qui fait tourner les compteurs.
Reste la vraie question, celle qui n’a rien d’automatique. Cette avance tiendra-t-elle dans un marché qui se durcit ? L’électrification a porté Leasys, mais elle porte aussi tout le monde, et les mois record se succèdent côté branché[2]. Être adossé au premier groupe automobile français et à une grande banque, ça donne des cartes. Encore faut-il continuer à les jouer mieux que les autres. Pour l’instant, sur ce terrain de la LLD, personne ne roule au même rythme.
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés


