L’UEFA a déclaré le 1er août avoir « perdu la confiance » en la direction de la FIFA, quelques heures après le retrait du projet d’ouverture aux investisseurs privés.
La confédération européenne ne désarme pas. Après avoir menacé de boycotter les Coupes du monde, l’UEFA publie un communiqué où elle remercie « tous ceux qui se sont opposés à ce projet », des supporters aux ligues, clubs, joueurs, « ainsi qu’aux nombreux Premiers ministres, chefs d’État et commentateurs qui ont démontré au président de la FIFA que le football n’est pas à vendre ».
Le retrait du plan ne suffit pas à apaiser la colère. L’instance européenne, qui salue la décision de la FIFA d’abandonner son projet de vendre une participation dans ses compétitions, enfonce le clou : « Nous ne pouvons pas continuer ainsi, avec des manÅ“uvres secrètes menées à un rythme effréné, orchestrées par des personnes sans visage et dont l’intérêt pour le sport est douteux. » Le texte exige d’identifier les responsables et de leur demander des comptes.
Le projet Forward Enterprise rejeté après une levée de boucliers
Le projet baptisé FIFA Forward Enterprise visait à créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés, avec la possibilité de céder des parts de la Coupe du monde. Gianni Infantino avait fixé une date limite aux 211 fédérations membres pour approuver la proposition, ou renoncer à une offre de paiement unique[1].
La méthode a fait bondir l’UEFA. Lors d’une réunion d’urgence le 30 juillet, ses 55 membres ont voté « à l’unanimité » en faveur d’un boycott des prochaines Coupes du monde si le projet allait à son terme[2]. Seul le président de la Fédération tchèque, David Trunda, avait exprimé publiquement son soutien à l’initiative. Le Premier ministre britannique Andy Burnham et la ministre des Sports française Marina Ferrari avaient en revanche rejoint les critiques.
L’opposition s’est étendue au-delà de l’Europe. La confédération Concacaf, qui regroupe l’Amérique du Nord, centrale et les Caraïbes, a pointé les « préoccupations sérieuses en matière de gouvernance » et le « manque de consultation »[4]. Elle a rappelé que la FIFA dispose de 4 milliards de dollars de réserves en liquidités, une source de financement déjà disponible.
Pourquoi l'UEFA maintient la pression sur Infantino
Une reconstruction de la confiance qui commence à peine
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L’UEFA s’engage désormais à travailler avec l’ensemble de ses associations et les autres confédérations « pour analyser les circonstances de cet événement et élaborer un plan visant à éviter qu’il ne se reproduise ». L’instance conclut son communiqué en soulignant que « la proposition a été rejetée. Le travail de reconstruction de la confiance en la FIFA ne fait que commencer ».
Ces critiques tombent à quelques mois de l’élection du président de la FIFA, prévue en mars prochain. Gianni Infantino reste pour l’heure le seul candidat déclaré à sa succession. Des sources proches de l’UEFA ont évoqué la possibilité d’un congrès extraordinaire de la FIFA, où un vote de défiance pourrait être déclenché si 43 pays le demandent formellement[4]. Mais l’instance mondiale peut attendre jusqu’à trois mois avant de convoquer un tel événement. Un congrès extraordinaire est déjà programmé le 23 novembre pour valider les hôtes des Coupes du monde féminines 2031 et 2035.
L’épisode laisse des traces difficiles à effacer. Dans son communiqué, l’UEFA avait prévenu : « Il y a des moments où les institutions sont jugées non pas par ce qu’elles sont prêtes à accepter, mais par ce qu’elles refusent de compromettre. Certaines choses sont tout simplement trop importantes pour être vendues. La Coupe du monde de la FIFA appartient au football. Elle lui appartiendra toujours[5]. »
Crise FIFA-UEFA : les faits à retenir
- L'UEFA déclare avoir « perdu la confiance » en la direction de la FIFA après le retrait du projet d'investisseurs privés
- Gianni Infantino avait fixé une date limite aux fédérations pour approuver la vente de parts de la Coupe du monde
- L'UEFA avait voté à l'unanimité le boycott du Mondial le 30 juillet si le projet était maintenu
- Seul le président de la Fédération tchèque avait publiquement soutenu l'initiative
- L'UEFA exige d'identifier les responsables des « manœuvres secrètes » et demande des comptes
Sources
4 sources · 5 faits vérifiés

