Les listes sont tombées samedi 25 juillet à minuit. On sait désormais qui prétend aux onze sièges du 19e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, dont l’élection se tiendra vendredi 31 juillet au Congrès. Un puzzle politique qui associe indépendantistes et non-indépendantistes, avec quelques visages attendus, d’autres plus neufs, et surtout une répartition travaillée de longue main entre les groupes.
Côté indépendantiste, le groupe KanakyNC aligne quatre candidatures. Gilbert Tyuienon, Johanito Wamytan, Ernest Démené et Meryl Marlier devraient être portés par ce groupe issu de l’Union calédonienne, qui a délibéré samedi à Bourail pour arrêter ces noms. Chez UNI, c’est Billy Forest, ancien secrétaire général de la province Nord, qui est pressenti pour décrocher l’un des sièges attribués à ce groupe.
Le fondateur de l’Éveil océanien, Milakulo Tukumuli, devrait décrocher la présidence de l’institution, conformément au pacte de gouvernance signé avec les Loyalistes et le Rassemblement. Une première pour ce parti qui, en basculant du côté indépendantiste lors du précédent mandat, avait permis au 17e gouvernement d’être le premier à compter une majorité indépendantiste depuis l’accord de Nouméa. Cette fois, l’Éveil revient dans une alliance à majorité non-indépendantiste.
Pour les Républicains calédoniens, Christopher Gygés devrait retrouver son fauteuil au gouvernement[1]. Alcide Ponga, président du Rassemblement et du 18e gouvernement tombé en juin dernier, devrait également siéger à nouveau dans le futur exécutif. Nina Julié, maire du Mont-Dore, sera l’unique représentante de Générations NC, formation qui a accepté de céder l’une de ses deux places théoriques à Philippe Blaise, malgré des désaccords persistants sur l’avenir institutionnel du territoire.
Enfin, le Mouvement populaire calédonien devrait envoyer Laurent Bonnefond, ancien élu municipal de Nouméa et spécialiste de l’urbanisme, dans ce nouveau gouvernement. Le scrutin proportionnel du 31 juillet validera formellement ces choix et scellera la composition de l’exécutif qui succédera au gouvernement Ponga.
Un équilibre à onze, décidé mardi à l’unanimité
Le nombre de onze membres avait été entériné dès mardi 21 juillet par les élus du Congrès, qui disposaient d’une fourchette légale de cinq à onze sièges. Le vote s’est fait à l’unanimité, sans débat public. Un choix classique : depuis 1999, seul le gouvernement Frogier 2 en 2002 avait compté dix membres. Tous les autres en ont eu onze.
Pour Naïa Wateou, présidente du groupe Loyalistes au Congrès, ce nombre maximal permet un meilleur équilibre entre formations politiques et une répartition plus fine des secteurs d’intervention. Pierre-Chanel Tutugoro, président du groupe UC-FLNKS, y voit aussi un respect accru du principe de collégialité, grâce au nombre impair.
Selon la répartition proportionnelle, les Loyalistes obtiennent quatre sièges, le groupe KanakyNC également quatre, le Rassemblement un, l’UNI un et l’Éveil océanien un. Ce 19e gouvernement prendra les rênes d’un territoire qui sort de mois de tensions institutionnelles, après la chute en décembre 2024 du gouvernement Mapou, seul exécutif à majorité indépendantiste depuis l’accord de Nouméa, remplacé en janvier 2025 par le gouvernement Ponga. Les élections provinciales du 28 juin dernier ont redessiné le Congrès et ouvert la voie à ce nouvel équilibre.
Sources
1 source · 1 fait vérifié

