Dimanche 26 juillet, Montmartre est devenu l’épicentre du cyclisme mondial : trois passages dans la rue Lepic, des tribunes improvisées aux fenêtres et un final électrique sur les Champs-Élysées.
Les vieilles rues pavées se sont changées en arène. Cinq étages d’immeubles transformés en gradins, le Sacré-Cœur en toile de fond, des spectateurs massés dès l’aube avec glacière et escabeau pour tenir quatre heures. “J’ai fait beaucoup d’étapes du Tour, j’ai jamais vu ça. C’est fou, vous l’entendez de toute façon”, résume un spectateur dans la cohue.
Le parcours de cette 21e étape partait de Thoiry dans les Yvelines pour 130 kilomètres jusqu’à Paris. Sept boucles sur les Champs, puis trois passages consécutifs dans la butte Montmartre : chaque montée, 900 mètres de pavés à 6,5 % de pente moyenne, pour un dénivelé de 128 mètres. Les coureurs sont passés sous le Sacré-Cœur à trois reprises (18h50, 19h10 et 19h30 environ) avant de redescendre vers l’Arc de Triomphe pour le sprint final.
Un circuit adopté après l’effet JO 2024
L’idée avait germé après les épreuves olympiques des Jeux de Paris 2024. L’an dernier, en 2025, le Tour était passé une première fois par Montmartre : succès immédiat, foule compacte, ambiance inédite[1]. Christian Prudhomme, directeur du Tour, a confirmé la reconduction : “Un grand merci au préfet de police de Paris qui nous a confirmé que nous pourrions à nouveau passer par Montmartre. Cette fois, trois tours de circuit, avant de redescendre vers l’Étoile et les Champs-Élysées[2].”
Le détour semble désormais pérenne. Comme l’Arc de Triomphe en 2013, Montmartre devient un passage obligé du Tour. Les organisateurs ont d’emblée annoncé que l’étape finale resterait disputée, avec une ligne d’arrivée située 15 kilomètres après le dernier passage sous le Sacré-Cœur, laissant leur chance aux sprinteurs.
Van der Poel à l’arraché, Pogačar écrase la Grande Boucle

Mathieu van der Poel a remporté cette dernière étape sur le fil. Pas de victoire tricolore ce dimanche, mais deux Français terminent dans le top 5 : Paul Seixas, 19 ans, prend une quatrième place phénoménale, Lenny Martinez, 23 ans, se classe juste derrière lui cinquième. Tadej Pogačar décroche son cinquième Tour de France avec plus de six minutes d’avance sur son dauphin, écrasant la concurrence du début à la fin.
Le Néerlandais Wout van Aert avait créé la surprise en 2025 en lâchant Pogačar dans la montée de Montmartre avant de s’imposer. Cette année, le scénario tactique a été tout aussi intense : les trois ascensions rapprochées de la butte ont fragmenté le peloton, empêchant toute procession classique.
| Point | Kilomètre | Heure estimée (min) | Heure estimée (max) |
|---|---|---|---|
| Arrivée caravane publicitaire | — | 15h30 | — |
| 1er passage coureurs (Champs) | — | 17h50 | 18h05 |
| 1er passage Butte Montmartre | 90,3 | 18h31 | 18h44 |
| 2e passage Butte Montmartre | 106,2 | 18h53 | 19h08 |
| 3e passage Butte Montmartre | 122,2 | 19h11 | 19h27 |
| Arrivée finale Champs-Élysées | 130 | 19h30 | 20h00 |
Source : ASO / letour.fr
Pourquoi Montmartre change le final du Tour
Place Blanche, French Cancan et cinq étages de spectateurs
Sur la place Blanche, les danseuses du Moulin Rouge ont offert un French Cancan exceptionnel à 17h30, juste avant l’arrivée du peloton. Un échauffement populaire pour une ambiance qui n’a jamais faibli. “Il y a tellement de monde, c’est rempli de joie, d’émotions pures”, témoigne une spectatrice. “C’est une arène, la rue Lepic. Il y a cinq étages d’immeuble, il y a une incandescence, c’est hors sol. C’est hors sol complètement, comme endroit”, confirme un habitué.
Les balcons et fenêtres des appartements cossus de Montmartre ont été prisés comme des loges de théâtre. Beaucoup de spectateurs sont arrivés dès la mi-journée pour décrocher le meilleur point de vue : escabeau, glacière, position surélevée sur un poteau. “Franchement, on va rester bien quatre heures ici. Peut-être qu’on aura un peu mal au dos à la fin, mais c’est super, franchement.”
La ligne d’arrivée finale restait aux Champs-Élysées, mais Montmartre a capté l’intensité. Trois montées en une heure ont transformé ce qui était habituellement une procession d’honneur en affrontement tactique. La côte de la Butte Montmartre, classée en 4e catégorie, attribuait un seul point au vainqueur de chaque passage[4], mais l’enjeu était ailleurs : fragmenter les groupes, préparer le sprint final.
Montmartre inscrit dans la légende cycliste

Après le succès de 2025, le retour était attendu. Les 30 000 habitants du quartier ont vu affluer des dizaines de milliers de supporters venus de France et du monde entier. Le site officiel de Montmartre rappelait : “Montmartre a toujours abrité des passionnés : peintres, musiciens, écrivains, et maintenant des cyclistes. Le quartier respire l’authenticité, la rébellion créative, l’engagement[1].”
Pour les organisateurs, l’objectif est clair : préserver l’esprit populaire de cette finale tout en respectant un quartier vivant. Les visiteurs ont été appelés à ramasser leurs déchets, laisser les rues propres. “Le jour suivant, les habitants reprennent possession de leurs rues.”
Les coureurs ont franchi la ligne d’arrivée autour de 19h30. Le podium a célébré van der Poel, Pogačar et les deux espoirs français. Montmartre, pour la deuxième année consécutive, a offert une carte postale bien française, et un final de course qui ne ressemble à aucun autre.
Tour de France 2026 : les faits de l'étape parisienne
- Dernière étape du Tour 2026 disputée le 26 juillet, de Thoiry (Yvelines) à Paris sur 130 km
- Trois passages consécutifs dans la butte Montmartre, 900 m de pavés à 6,5 % à chaque montée
- Mathieu van der Poel remporte l'étape, Tadej Pogačar son 5e Tour de France avec +6 min d'avance
- Paul Seixas (19 ans) termine 4e, Lenny Martinez (23 ans) 5e : deux Français dans le top 5
- Foule massive dès la mi-journée, spectateurs massés aux balcons et sur les trottoirs
- Passage adopté après les JO 2024, reconduit en 2025 puis confirmé pour 2026 par la préfecture de police
Sources
3 sources · 4 faits vérifiés

