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Nice en 4 heures depuis Paris : le scénario côtier sacrifié en 2009, la région choisit ses gares

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Le train à grande vitesse entre Marseille et Nice n’est pas né d’un consensus. En juin 2009, le ministre de l’Écologie de l’époque, Jean-Louis Borloo, tranche un débat qui dure depuis des années : la future LGV passera par Marseille, Toulon et Nice, quitte à ajouter dix minutes sur le trajet Paris-Nice. Le scénario direct, celui qui filait d’Aix-en-Provence vers la Côte d’Azur en coupant à travers le Var, est écarté.

Trois tracés avaient été mis sur la table. Le premier, dit « Côte d’Azur », promettait Paris-Nice en moins de quatre heures, sans escale à Marseille ni Toulon : un gain de temps pur, pensé pour les liaisons nationales et les futures connexions vers Perpignan et Barcelone. Mais il laissait les deux plus grandes villes de la région à l’écart, gare Saint-Charles comprise.

Le deuxième, baptisé « des métropoles », longeait la côte et desservait les centres urbains. Plus long, plus cher aussi : 1,7 milliard d’euros supplémentaires selon les estimations de l’époque. Mais il répondait à une logique d’aménagement du territoire, privilégiant les déplacements internes à la région et la desserte des bassins de population. Marseille et Toulon le défendaient depuis le début.

L’option du réaménagement, écartée faute d’ambition

Troisième voie : ne rien construire de neuf. Le scénario « alternatif » consistait à réaménager les voies existantes pour y faire circuler des TGV. Coût faible, ambition nulle. Aucun élu local n’en voulait, et pour cause : il n’apportait presque rien par rapport à l’existant[1].

Le débat public s’est étiré de février à juillet 2005. Les mois qui ont suivi ont vu les positions bouger, notamment celle du maire de Marseille. Longtemps arc-bouté sur le passage obligé par Saint-Charles, il a fini par assouplir sa ligne l’été 2008 : il accepterait un départ depuis l’une des gares TGV d’Aix-en-Provence, à condition qu’elle porte le nom de « Marseille » et que des aménagements garantissent que ni Marseille ni Toulon ne soient mises à l’écart.

Le rapport de médiation remis en juin 2009 par Yves Cousquer, ingénieur général des Ponts et Chaussées, a pesé dans la balance. Sa mission : identifier les points d’accord, analyser les divergences, proposer une sortie de crise. Le 30 juin 2009, Jean-Louis Borloo annonce le choix du tracé « des métropoles »[2]. Paris-Nice en quatre heures reste l’objectif affiché, mais la desserte des grandes villes l’emporte sur la vitesse pure.

Un chantier échelonné jusqu’en 2030

Le projet a été découpé en quatre phases. Les deux premières sont financées et en cours. Les travaux de la phase 1 ont démarré en 2025, à la gare Marseille-Saint-Charles, lors d’une visite du président Emmanuel Macron. Les premières mises en service sont annoncées entre 2028 et 2030. La phase 2 doit débuter en 2027 ou 2028[5].

L’ambition affichée : augmenter de 66 % le nombre de trains du quotidien, créer trois RER métropolitains autour d’Aix-Marseille, Toulon et Nice, et faire basculer 62 % des nouveaux voyageurs de la route vers le rail d’ici 2035. Le projet table sur 23 millions de voyageurs ferroviaires supplémentaires par an.

Les phases 3 et 4, qui concernent les tronçons de ligne nouvelle proprement dits, n’ont pas encore fait l’objet d’enquête publique. Leur calendrier reste à préciser. Le choix de 2009 continue de dessiner le réseau ferroviaire de la région : privilégier les métropoles plutôt que la vitesse maximale, quitte à rallonger un peu le trajet national. Un arbitrage politique autant que technique, ancré dans les réalités locales et les équilibres territoriaux de la région.

Julien Masséna
Julien Masséna
Julien Masséna, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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