La gare de Bordeaux Saint-Jean, ce mercredi après-midi : des quais vides, des panneaux d’affichage qui grésillent les annonces d’annulation. Jusqu’à vendredi 26 juin, aucun TER ne circulera en Nouvelle-Aquitaine entre 10h et 18h. La raison : une canicule qui met à genoux le système de climatisation des trains, et la SNCF qui préfère couper le robinet plutôt que de risquer une casse générale.
« Nous assurons les trains du matin pour amener les gens au travail ou à l’école et les trains du soir pour les ramener chez eux », indique le groupe sur le réseau social X. Pour le reste de la journée, débrouillez-vous : covoiturage, télétravail, report de rendez-vous. La consigne est claire, la SNCF invite les voyageurs à annuler ou reporter leur voyage si possible.
Quelques trains affichés mercredi matin au départ de Bordeaux, direction Saintes, Hendaye ou Arcachon, ont circulé. Mais dès 14h, la grande majorité des liaisons régionales a été supprimée. Et ce n’est pas fini : plusieurs centaines de circulations annulées sur trois jours, sur l’ensemble du territoire néo-aquitain.
La climatisation qui tourne en continu depuis des jours
Contacté par la presse locale, le groupe explique que la décision vise à « préserver au mieux les installations ferroviaires, le matériel et garantir la continuité de service dans des conditions de confort adéquates »[1]. Derrière la formule, une réalité concrète : depuis le début de la canicule, la climatisation tourne sans relâche dans les rames, du matin au soir, et les équipements ferroviaires encaissent mal.
La SNCF rappelle que 99 % des TER de Nouvelle-Aquitaine sont climatisés. Mais sous 38 degrés et plus, les systèmes saturent. Les rails chauffent, les équipements techniques souffrent, et le risque de panne générale menace. « Si nous avions fait circuler les rames sous une telle chaleur, elles n’en seraient pas sorties indemnes. Il aurait fallu des mois pour les réparer », a déclaré Bertrand Gosselin, directeur régional SNCF Voyageurs[4]. « Si nous devons reprendre cette décision à l’avenir, nous le ferons. Tant qu’il n’y aura pas d’adaptation des infrastructures ferroviaires ou du matériel roulant, nous devrons gérer la situation comme nous le pouvons. »
Autrement dit : le réseau ferroviaire régional n’est pas calibré pour tenir face à ce type d’épisode caniculaire répété. Et tant que les rames anciennes ne seront pas remplacées, tant que les infrastructures ne seront pas adaptées, la solution restera la même : couper le service pendant les heures les plus chaudes.
Ce mercredi, du cas par cas avant la suspension totale
Ce mercredi 24 juin, les suppressions se sont faites au cas par cas. « Compte tenu de la fournaise de nouveau attendue, tout train est susceptible d’être annulé au dernier moment », précisait la SNCF dans la matinée. Dès jeudi et jusqu’à vendredi soir, la règle devient systématique : zéro circulation entre 10h et 18h.
Pour les voyageurs habitués des lignes Bordeaux-Saintes, Bordeaux-Arcachon, Poitiers-La Rochelle ou Limoges-Périgueux, c’est un coup dur. Rendez-vous médicaux, déplacements professionnels, trajets familiaux : tout ce qui ne peut pas attendre 18h devra trouver une autre solution. La SNCF invite à consulter les canaux d’information habituels, à rester vigilant, et à adapter ses plans.
Cette interruption du trafic en journée intervient à quelques jours du début des vacances d’été, période habituellement marquée par un renforcement des circulations régionales. La Région Nouvelle-Aquitaine et SNCF Voyageurs avaient prévu des rames supplémentaires, des services vélo renforcés, un plan de transport adapté. Mais la canicule a tout bousculé.
Ce qui se joue sur les rails néo-aquitains cette semaine, c’est une première : jamais un réseau TER régional n’avait coupé son trafic en journée pendant trois jours consécutifs pour cause de chaleur. Une décision que la SNCF assume, par pragmatisme : mieux vaut trois jours sans train que trois mois sans matériel roulant.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

