Le Pacte Industrie pour le Grand Est porte l’ambition de relancer la dynamique industrielle d’une région qui concentre des filières stratégiques, mais dont le déploiement se révèle plus exigeant que prévu.
L’entreprise PA.C.TE, enregistrée à Strasbourg au 7 rue du Bassin de l’Industrie depuis 1989 et toujours active selon les données officielles de l’INSEE, illustre à elle seule la permanence d’une vocation industrielle dans cette région frontalière. C’est dans ce tissu que s’inscrit le Pacte Industrie pour le Grand Est, dispositif territorial pensé pour accélérer la réindustrialisation d’un territoire qui borde l’Allemagne et la Suisse.
Un chantier qui mobilise plusieurs niveaux de décision
Le Pacte repose sur une logique de coordination entre acteurs publics, entreprises et organismes de formation. La complexité tient précisément à cette architecture multi-parties : chaque levier, qu’il s’agisse de foncier industriel, d’attractivité des métiers ou de montée en compétences des salariés, suppose un alignement qui ne va pas de soi.
Le Grand Est n’est pas une région en déshérence industrielle. Elle abrite des sous-traitants automobiles, des acteurs de la chimie, du verre, de l’agroalimentaire et du nucléaire. Mais la pression concurrentielle venue des bassins d’Europe centrale et la difficulté à recruter dans certains métiers techniques pèsent sur la compétitivité des sites.
Le Pacte tente d’apporter des réponses concrètes : identification des zones d’accueil prioritaires, soutien aux projets d’extension ou de modernisation, et accompagnement des transitions énergétiques dans les processus de production. Ce dernier point prend une dimension particulière dans une région où l’industrie lourde reste présente.
La durée, condition non négociable du succès
Ce qui distingue ce type de pacte territorial d’une mesure ponctuelle, c’est précisément son horizon. Les résultats industriels ne se mesurent pas en trimestres. Une usine qui s’installe, un site qui se modernise, une filière qui recrute : ces effets s’observent sur cinq à dix ans, rarement moins.
C’est la raison pour laquelle la continuité du portage politique et administratif compte autant que les financements mobilisés. Un pacte qui change de pilote à chaque élection perd sa crédibilité auprès des investisseurs industriels, qui raisonnent eux-mêmes sur des cycles longs.
PA.C.TE, société strasbourgeoise active depuis 1989, incarne cette logique de durée : trente-cinq ans d’existence dans un environnement industriel qui a subi de profondes mutations. La résilience de ce type d’acteur local dépend en partie de la stabilité du cadre territorial dans lequel il opère. Le Pacte Industrie pour le Grand Est se veut précisément ce cadre. Reste à tenir l’engagement dans la durée.
