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Pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon : les captures sous-estimées de 20% entre 1950 et 2022

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Les données officielles de pêche autour de Saint-Pierre-et-Miquelon seraient incomplètes : selon une étude, les captures réelles auraient dépassé de 20% les chiffres enregistrés sur la période 1950-2022.

Sept décennies de statistiques halieutiques à revoir. C’est ce que suggère une analyse portant sur les eaux de Saint-Pierre-et-Miquelon, qui pointe un écart de 20% entre les quantités de poissons réellement pêchées et celles consignées dans les registres officiels entre 1950 et 2022. Un chiffre qui, rapporté à l’ensemble de la période, représente une masse considérable de captures non comptabilisées.

Soixante-douze ans de données halieutiques remis en question

L’archipel français de l’Atlantique Nord, dont les eaux constituent une zone de pêche historique, aurait donc vu ses ressources exploitées plus intensément que ne le laissaient paraître les chiffres officiels. Ce type d’écart n’est pas sans conséquence : les modèles de gestion des stocks halieutiques, les quotas et les politiques de conservation reposent directement sur ces données. Une sous-estimation chronique de 20% fausse mécaniquement les projections sur l’état des ressources marines locales.

Ce genre de réévaluation s’inscrit dans un mouvement plus large de reconstruction des données de pêche historiques, mené notamment par des équipes universitaires spécialisées dans la reconstitution des captures mondiales. La méthode consiste à croiser les statistiques officielles avec des sources alternatives : journaux de bord, données douanières, enquêtes auprès des pêcheurs locaux.

Des implications directes pour la gestion des stocks

Pour Saint-Pierre-et-Miquelon, territoire dont l’économie a longtemps reposé sur la pêche à la morue avant l’effondrement des stocks dans les années 1990, cette révision prend une résonance particulière. Mieux connaître l’intensité réelle de l’exploitation passée permet de mieux comprendre pourquoi les ressources ont décliné et d’affiner les modèles de reconstitution des populations de poissons.

Les autorités françaises et canadiennes, qui cogèrent une partie des zones de pêche concernées, disposent désormais d’une base historique plus fiable pour calibrer les décisions futures sur les quotas et les mesures de protection des espèces.

François Odinot
François Odinot
François Odinot, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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