La marque suédoise avance sur le marché français pendant que ses pertes trimestrielles se creusent sous l’effet des droits de douane et des pressions tarifaires.
Polestar tient le cap européen. Au premier trimestre 2026, l’Europe représentait 78% de ses ventes mondiales, avec une progression de 7% sur la période janvier-mars selon Reuters. Un résultat qui valide la stratégie de pivot continental engagée par la marque ces derniers mois, même si les indicateurs financiers restent sous tension.
La France fait partie de cette offensive. Initialement prévue pour être étendue à plusieurs nouveaux marchés dès 2025, l’expansion géographique avait été décalée à 2026 et au-delà . Polestar a finalement lancé ses ventes sur le territoire français cette année, s’ajoutant à un réseau européen que la marque consolide pays par pays.
Des pertes qui s’élargissent malgré la croissance des volumes
La performance commerciale ne suffit pas à masquer les difficultés. Les résultats du premier trimestre 2026 montrent un élargissement de la perte trimestrielle, pénalisée par les droits de douane et une pression persistante sur les prix. Le cocktail pèse sur les marges et retarde le retour à l’équilibre que la direction appelait de ses voeux.[3]
L’objectif d’atteindre un flux de trésorerie à l’équilibre d’ici la fin de l’année prochaine a été réaffirmé par la direction. Mais les conditions de marché, entre demande électrique ralentie et guerre tarifaire, compliquent l’équation. Les ventes annuelles 2024 avaient déjà manqué les prévisions initiales, selon Reuters.[1]
Le pivot européen comme bouclier face au ralentissement mondial
Le choix de concentrer l’effort sur l’Europe n’est pas anodin. Face à une demande électrique qui s’essouffle sur d’autres marchés, notamment en Asie et en Amérique du Nord, Polestar a redéployé ses ressources commerciales vers le Vieux Continent. La stratégie baptisée “All about Europe” a produit une hausse marquée des ventes au quatrième trimestre 2025, selon un rapport Reuters de janvier 2026.[4]
La France s’inscrit dans cette logique : un marché de taille significative, une clientèle sensible au premium électrique, et une concurrence qui se structure autour de Tesla, BMW et d’une poignée de marques chinoises cherchant elles aussi à s’implanter.
Un calendrier d’expansion progressif, marché par marché
Polestar n’entre pas sur tous les marchés en même temps. Le décalage d’un an pour plusieurs pays illustre une approche prudente, dictée autant par les contraintes financières que par la volonté de ne pas disperser les efforts commerciaux. L’entrée sur les nouveaux marchés prévus est désormais échelonnée à partir de 2026 et au-delà .
La marque reste adossée à Geely et Volvo Cars, ce qui lui donne un filet de sécurité industriel, mais l’exposition aux droits de douane sur les véhicules électriques fabriqués en Chine constitue un frein structurel sur ses marges européennes. Tant que cet obstacle tarifaire ne se dissipe pas, la rentabilité restera une promesse repoussée.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
