La Polynésie française va porter à 1,6 million de kilomètres carrés ses zones marines au plus haut niveau de protection, a annoncé son président Moetai Brotherson à l’AFP.
C’est un chiffre qui dépasse l’entendement. La zone économique exclusive polynésienne, classée aire marine protégée depuis 2025, couvre déjà environ 4,8 millions de kilomètres carrés, soit la plus grande AMP du monde. Mais une partie seulement bénéficiait jusqu’ici du niveau de protection le plus strict : 1,1 million de kilomètres carrés en catégories 1 et 2, des zones dites no-take où seuls le tourisme durable et certaines formes de pêche traditionnelle sont tolérés.
Avec l’extension annoncée, ce sont 1,6 million de kilomètres carrés qui passeront sous ce régime renforcé.
Une ambition portée par Brotherson, un défi pour les pêcheurs
Le président polynésien place cette décision dans une logique de responsabilité régionale. “C’est notre mission en tant qu’Océanien. Et on espère aussi que ça puisse inspirer d’autres pays, notamment les plus grands, dans leur manière de gérer leur relation à l’océan”, a-t-il déclaré à l’AFP. [1]
L’extension ne se fait pas sans tensions. La marine française a multiplié les opérations de lutte contre le narcotrafic ces derniers mois en Polynésie, procédant à trois saisies de plusieurs tonnes de drogue. Les stupéfiants ont ensuite été immergés en mer, hors de la zone économique exclusive selon l’armée. La pratique a suscité la réprobation de nombreux Polynésiens. Brotherson reconnaît que “sur le principe, on peut préférer que cette drogue soit détruite autrement que par une océanisation”, tout en relativisant l’impact au regard du volume de l’océan.
L’assemblée de Polynésie française devrait examiner dans les prochaines semaines une délibération pour interdire ces immersions.
Des moyens maritimes renforcés pour surveiller l’immensité
Protéger 1,6 million de kilomètres carrés suppose des capacités de contrôle à la hauteur. La Commission maritime mixte réunie en janvier 2026 a acté le déploiement de nouveaux moyens en Polynésie cette année : l’Escouade de réserve côtière de la Marine nationale, mais aussi des renforts à l’Office français de la biodiversité et au Service de l’État des affaires maritimes. [2]
La surveillance s’organise autour de quatre axes : protection de l’environnement marin, contrôle des pêches, sécurité en mer et hydrographie. Un dispositif pensé pour couvrir un espace qui représente à lui seul l’une des réserves de biodiversité marine les plus vastes du Pacifique.
Sources
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