Le PIB polynésien a progressé de 1,2% en 2025, porté pour la troisième fois en dix ans par la demande extérieure plutôt que par la consommation intérieure.
729 milliards de francs CFP : c’est le produit intérieur brut de la Polynésie française en 2025, selon les comptes économiques rapides publiés par l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF). Une progression identique à celle de 2024, mais construite différemment. Cette fois, ce sont les échanges extérieurs qui ont tout porté, contribuant à hauteur de 1,3 point à la croissance, pendant que la consommation des ménages stagnait.
Deux secteurs ont fait la différence : le tourisme international et les exportations de perles noires. Leur dynamisme simultané explique que la Polynésie ait tenu un cap de croissance modeste mais stable, dans un contexte mondial jugé incertain.
281 000 visiteurs, un record historique
Le tourisme polynésien a enregistré 281 000 visiteurs en 2025, soit une hausse de 6,6% par rapport à 2024.[3] Un record. Selon Tahiti Tourisme, la destination travaille désormais à lisser cette fréquentation sur l’ensemble de l’année, avec un objectif affiché de 400 000 visiteurs annuels à moyen terme.
La croisière constitue l’un des leviers de cette montée en puissance : elle représente 20% des touristes. Pour 2026, 45 navires sont attendus, en très grande majorité de moins de 500 passagers, soit une offre en progression de 30% par rapport à 2025. Des opérateurs récurrents comme Paul Gauguin (Ponant) ou l’Aranui 5 sont rejoints par de nouveaux bateaux saisonniers, parmi lesquels le Jacques Cartier (Ponant), attendu d’octobre à février 2027.
Les marchés émetteurs asiatiques et européens (hors France) avaient déjà montré leur dynamisme sur les trois premiers trimestres 2025, avec des hausses respectives de 26% et 17% selon l’Institut d’émission d’outre-mer.[5] Ce mouvement s’est confirmé sur l’ensemble de l’année.
| Indicateur | 2024 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Nombre de visiteurs | ~263 000 | 281 000 | +6,6% |
| Nuitées hôtelières (glissement annuel T3) | référence | progression | +14,7% |
| Taux moyen de remplissage hôtelier | 76,4% | 78,9% | +2,5 pts |
| Part des croisiéristes | référence | 20% | nc |
Source : IEOM, Tendances conjoncturelles Polynésie T3 2025
Les perles noires, un rebond de 32%

L’autre moteur de 2025, c’est la perle. Les exportations de produits perliers ont bondi de plus de 32% en volume sur l’année.[1] Un chiffre qui contraste avec plusieurs années de fragilité pour cette filière, exposée à la concurrence asiatique et aux aléas climatiques.
Ce rebond s’est produit sans que la consommation intérieure ne suive. Les ménages polynésiens ont fait preuve d’une prudence marquée, dans un environnement international perçu comme instable. L’ISPF note que la confiance des ménages s’est érodée en 2025. Sur les cinq premiers mois de 2026, l’inflation est quasi nulle en Polynésie française, ce qui pourrait, selon l’Institut, inciter les ménages à reporter leurs achats plutôt qu’à consommer davantage.
Pourquoi la croissance polynésienne repose sur l'export
L’immobilier reprend, le crédit à la consommation recule
Le tableau de la demande intérieure n’est pas uniforme. Si la consommation courante stagne, les ménages polynésiens ont en revanche davantage emprunté pour se loger. Les crédits immobiliers ont progressé de plus de 20% en 2025, portés par la baisse des taux d’intérêt : de 3,69% en 2024, ils sont passés à 3,16% en 2025.[1] L’investissement immobilier des particuliers repart ainsi pour la première fois depuis 2021.
Ce retour vers la pierre, en plein ralentissement de la consommation courante, dessine une économie polynésienne à deux vitesses : les ménages arbitrent vers l’actif immobilier, jugé plus sûr, au détriment des dépenses quotidiennes. Une configuration que l’ISPF surveille de près.
Pour 2026, une saison hôtelière sous tension

Tahiti Tourisme anticipe une progression du nombre de visiteurs de 2 à 4% en 2026, un objectif qualifié de raisonnable compte tenu de la conjoncture internationale. Mais cette année verra simultanément 18% du parc hôtelier fermer temporairement pour rénovations majeures : le Te Moana à Tahiti, le Sofitel à Moorea, les Conrad et Intercontinental à Bora Bora sont concernés.
Des ouvertures compensent en partie : le Tahiti Lagoon Resort (142 chambres), le Reva (43 chambres) à Tahiti et le Bloody Mary’s (53 clés) à Bora Bora sont annoncés pour 2026. Ces montées en gamme visent une clientèle premium, cohérente avec le positionnement de la destination, où 38% des hébergements restent des meublés touristiques commercialisés en direct, notamment via les plateformes de type Airbnb.
L’organisation des Jeux du Pacifique en 2027 et le dynamisme des crédits immobiliers offrent des perspectives favorables au secteur de la construction, selon l’IEOM. La Polynésie française mise sur ces deux rendez-vous pour consolider une trajectoire de croissance qui, en 2025, a tenu grâce à l’extérieur.
Économie polynésienne 2025 : les chiffres à retenir
- Le PIB de la Polynésie française atteint 729 milliards de francs CFP en 2025, en hausse de 1,2%.
- 281 000 touristes ont visité la Polynésie en 2025, un record historique en hausse de 6,6%.
- Les exportations de perles noires ont bondi de plus de 32% en volume sur l'année.
- Les crédits immobiliers des ménages ont progressé de plus de 20%, portés par la baisse des taux.
- 18% du parc hôtelier polynésien fermera temporairement en 2026 pour des rénovations majeures.
- L'objectif de Tahiti Tourisme est d'atteindre 400 000 visiteurs annuels à moyen terme.
Sources
3 sources · 4 faits sourcés
