La Roumanie renforce sa protection aérienne en signant un contrat de 247 millions d’euros avec Thales pour douze radars Ground Master 200, financé par le programme européen SAFE.
L’accord entre la Direction Générale de l’Armement roumaine et son homologue française a été officialisé le 17 juillet 2026. Le premier radar sera remis en 2027, l’ensemble des systèmes devant être opérationnel d’ici 2030. La commande s’inscrit dans un effort plus large de Bucarest : un milliard d’euros consacré à la modernisation de sa défense aérienne, incluant parallèlement l’acquisition de douze hélicoptères militaires H225M Caracal auprès d’Airbus pour 757 millions d’euros.
Le choix du Ground Master 200 Multi-Mission All-in-one répond à une urgence opérationnelle : la Roumanie, membre de l’OTAN depuis 2004, a subi de multiples violations de son espace aérien et des chutes de drones sur son territoire, conséquences directes du conflit ukrainien. Le ministre intérimaire de la Défense roumain Radu Miruță l’a qualifié d’« indispensable pour faire face aux drones volant à basse altitude ».
Un radar déployable en moins de quinze minutes
Le GM200 MM/A se distingue par sa polyvalence. Capable de détecter tout type de cible jusqu’à 350 kilomètres de portée, il traque aussi bien les drones à basse altitude que les avions et missiles évoluant à haute altitude[1]. Sa mise en œuvre opérationnelle prend moins de quinze minutes, un atout pour les forces armées roumaines qui doivent pouvoir réagir rapidement aux incursions.
Le radar affiche une portée de détection de 350 kilomètres, une caractéristique qui en fait un outil de surveillance étendue de l’espace aérien roumain, frontalier de l’Ukraine sur près de 650 kilomètres. Thales précise que le système détecte et suit simultanément plusieurs types de menaces, des drones lents aux missiles rapides[4].
| Équipement | Fournisseur | Montant | Quantité |
|---|---|---|---|
| Radars GM200 MM/A | Thales | 247 M€ | 12 unités |
| Hélicoptères H225M Caracal | Airbus | 757 M€ | 12 unités |
| Total défense aérienne | — | 1 004 M€ | — |
Source : Capital.fr
Un centre de compétences radar à créer en Roumanie

L’accord ne se limite pas à une simple livraison d’équipements. Pascale Sourisse, directrice générale du Développement International de Thales, a annoncé la création d’un Centre de Compétence Radar pour accompagner le contrat. « Notre Groupe soutient pleinement l’ambition de la Roumanie de développer sa capacité industrielle sur le long terme et son expertise dans le domaine du radar », déclare-t-elle[3].
Cette localisation industrielle vise à maintenir la préparation opérationnelle des systèmes et à renforcer les partenariats avec l’industrie roumaine. Le ministère de la Défense roumain évoque la création de centaines d’emplois liés aux deux contrats signés avec Thales et Airbus[2]. Pour les hélicoptères, une coopération est prévue avec la plateforme IAR Ghimbav, site industriel aéronautique roumain.
Le dispositif s’inscrit dans le programme européen SAFE (Security Action for Europe), mécanisme de financement collectif pour la défense lancé par l’Union Européenne. Bucarest prévoit d’investir au total 2,2 milliards d’euros dans des systèmes antidrones via ce programme[2], soit plus du double du montant consacré aux seuls contrats Thales et Airbus.
Pourquoi ce contrat radar compte pour Thales
Thales confirme son assise en Europe de l’Est
Le contrat roumain intervient deux jours après la publication des résultats semestriels de Thales, accueillis favorablement par les marchés. Le titre avait gagné 5 % le 23 juillet avant de reculer de 0,8 % le lendemain, jour de l’annonce du contrat roumain. Oddo BHF a confirmé son conseil « surperformance » sur la valeur, avec un objectif de cours inchangé à 305 euros.
L’analyste souligne le renforcement des perspectives de la division Défense et la dynamique commerciale du groupe. « Le redressement de Space constitue un moteur majeur de l’amélioration des résultats, tandis que Cyber devrait accélérer progressivement et que le ralentissement de Digital reste maîtrisable à l’échelle du groupe », précise Oddo BHF. Le courtier relève ses prévisions de bénéfice par action de 1,3 % pour 2026, 3,9 % pour 2027 et 4,3 % pour 2028.
Ce contrat roumain s’ajoute à plusieurs succès récents de Thales en Europe. Le 21 juillet, le groupe a signé un contrat-cadre avec l’Allemagne pour des systèmes de vision optronique. Mi-juillet, il a décroché un projet de modernisation de la gestion du trafic aérien en Mongolie. En juin, l’acquisition du spécialiste français des robots sous-marins Exail avait été finalisée, malgré un coût élevé jugé stratégiquement justifié par JPMorgan.
Le Ground Master 200 équipe déjà plusieurs pays européens et alliés de l’OTAN. Son déploiement en Roumanie renforce la couverture radar du flanc oriental de l’Alliance atlantique, dans un contexte où plusieurs membres européens accélèrent leur modernisation militaire. La Pologne, la Finlande et les États baltes ont également intensifié leurs acquisitions de systèmes de défense aérienne depuis 2022.
Contrat radar Thales en Roumanie : les faits
- Accord signé le 17 juillet 2026 entre les DGA française et roumaine
- 12 radars Ground Master 200 MM/A pour 247 millions d'euros
- Première livraison en 2027, ensemble opérationnel d'ici 2030
- Portée de détection de 350 km, déploiement en moins de 15 minutes
- Création d'un Centre de Compétence Radar en Roumanie
- Financement via le programme européen SAFE
Sources
4 sources · 5 faits vérifiés

