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Quinze ans à Haubourdin, Caroline Devyldère aide les détenus de Sequedin à retrouver un emploi avant leur libération

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Basée à Haubourdin dans le Nord, Caroline Devyldère accompagne depuis 15 ans les détenus de Lille-Sequedin vers l’emploi, bien avant la fin de leur peine.

Le poste existe, peu de gens le connaissent. Au sein de Pôle emploi, à Haubourdin, Caroline Devyldère occupe la fonction de conseillère justice. Concrètement, elle se rend à la maison d’arrêt de Lille-Sequedin pour rencontrer des personnes incarcérées, construire avec elles un projet professionnel et préparer leur retour sur le marché du travail. Pas à la sortie : bien avant.

Le travail commence au minimum douze mois avant la date de libération prévue. Ce délai n’est pas arbitraire. Il conditionne l’accès à des formations qualifiantes, à des mises en relation avec des employeurs, à des dispositifs d’insertion qui exigent du temps pour être activés. Sans ce délai, la réinsertion se réduit souvent à une case cochée sur un formulaire.

En chiffres
15 ans
Ancienneté de Caroline Devyldère sur ce poste à Haubourdin
Conseillère justice à Pôle emploi, Nord
12 mois
Délai minimum avant libération pour démarrer l'accompagnement
Condition d'une réinsertion professionnelle effective

“Les détenus sont des demandeurs d’emploi comme les autres”

Caroline Devyldère le formule ainsi : « Bénéficier d’une formation ou d’un emploi rapidement, c’est contribuer à éviter la récidive. »[1] Et d’ajouter : « Les détenus sont des demandeurs d’emploi comme les autres, avec la contrainte de calendrier en plus. » Cette lecture, volontairement dépouillée de tout registre compassionnel, est aussi une méthode de travail. Elle traite ses interlocuteurs comme elle traiterait n’importe quel demandeur d’emploi qui se présente à un guichet, en tenant compte d’une contrainte supplémentaire : la date de sortie est fixe, et tout s’organise autour d’elle.

Son public est principalement masculin. Elle ne prend en charge que les détenus de plus de 26 ans, les missions locales assurant le suivi des plus jeunes. Ce sont, souligne-t-elle, des personnes majoritairement motivées à retrouver une activité.

Un travail en réseau avec les conseillers pénitentiaires

Pour mener cet accompagnement, Caroline Devyldère travaille en lien direct avec les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP). Ces professionnels suivent le parcours des détenus de l’intérieur : ils connaissent leur situation judiciaire, leur comportement en détention, leurs fragilités. Ce regard complémentaire permet à la conseillère justice de calibrer son accompagnement au plus près de la réalité de chaque personne.

Le lien entre emploi et récidive est documenté. Un détenu qui sort avec un projet professionnel solide, voire avec un employeur identifié, repart avec une structure. Sans cela, la désocialisation qui suit la libération peut rapidement refermer les portes. C’est cet intervalle, entre la sortie de prison et la première journée de travail, que le dispositif tente de réduire au maximum.

Emploi et récidive : pourquoi l'accompagnement carcéral compte

Un poste méconnu
La fonction de conseiller justice au sein de Pôle emploi reste rare et peu visible, alors qu'elle constitue un lien direct entre le système carcéral et le marché du travail.
Le facteur temps est décisif
Démarrer l'accompagnement au moins 12 mois avant la libération conditionne l'accès aux formations et aux dispositifs d'insertion qui prennent du temps à s'activer.
Emploi contre récidive
Accéder à un emploi ou une formation rapidement après la sortie réduit le risque de récidive, selon Caroline Devyldère, qui en fait l'axe central de son intervention.
Coordination justice-emploi
La collaboration avec les conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation permet d'adapter le projet professionnel à la réalité du parcours de chaque détenu.
Des détenus motivés
La conseillère souligne que les personnes qu'elle accompagne, principalement des hommes de plus de 26 ans, affichent une réelle motivation à retrouver une activité professionnelle.

Un maillon discret du système d’insertion

Le profil de conseiller justice reste rare dans les agences Pôle emploi françaises. Caroline Devyldère cumule quinze ans sur ce poste à Haubourdin, ce qui lui confère une connaissance fine des circuits internes à l’établissement de Sequedin et des leviers disponibles côté emploi. Un positionnement qui tient autant de la médiation que du conseil professionnel, entre deux institutions qui ne se parlent pas toujours spontanément : la justice et le service public de l’emploi.

Conseillère justice Pôle emploi Nord : ce que fait Caroline Devyldère

  • Caroline Devyldère est conseillère justice à Pôle emploi, basée à Haubourdin dans le Nord depuis 15 ans.
  • Elle intervient à la maison d'arrêt de Lille-Sequedin auprès des détenus de plus de 26 ans.
  • L'accompagnement commence au minimum 12 mois avant la date de libération prévue.
  • Elle travaille en collaboration étroite avec les conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation.
  • Son objectif : réduire la récidive en sécurisant un projet professionnel ou une formation dès la sortie.
Christophe Leclercq
Christophe Leclercq
Christophe Leclercq, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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