Le conflit en Iran a propulsé les prix du carburant à la hausse. Résultat direct : les acheteurs français et allemands se tournent massivement vers l’électrique, et Renault en est le premier bénéficiaire.
La hausse est franche. Les immatriculations de véhicules électriques Renault ont bondi de 50 % en France et en Allemagne, portées par l’envolée des prix à la pompe depuis le déclenchement du conflit iranien. Le groupe ne cache pas que la production devra suivre : une source interne, citée sous couvert d’anonymat, indique que l’entreprise travaille activement à relever ses cadences.
Au Royaume-Uni, 50 % des immatriculations en avril sont électriques
Le phénomène dépasse les frontières françaises et allemandes. Selon Adam Wood, directeur général de Renault UK, «l’intérêt pour la gamme électrique de Renault a connu un bouleversement sismique». En avril, 50 % des immatriculations britanniques du constructeur concernaient des électriques, tandis que les demandes en ligne sur le site UK ont progressé de 48 % depuis le début du conflit iranien. Ces chiffres d’avril sont les premiers à refléter pleinement l’impact de la guerre sur les comportements d’achat.
Renault n’est pas seul dans ce mouvement. Chez Seat/Cupra, filiales de Volkswagen, le PDG Markus Haupt signalait début mai que les électriques représentaient près de 60 % des commandes en Allemagne, très au-delà du quota de production fixé à 25 %. «Nous avons un budget de production pour cette année, a-t-il reconnu. Mais il nous faudra peut-être augmenter le volume d’électriques.»[2]
Un plan à horizon 2030 : zéro thermique pur en Europe
Cette dynamique commerciale s’inscrit dans une trajectoire que Renault avait formalisée en mars. Lors de la présentation de son plan stratégique pluriannuel, le groupe avait annoncé vouloir mettre fin aux ventes de véhicules uniquement thermiques en Europe d’ici 2030, avec un objectif de 100 % de ventes électrifiées sur le Vieux Continent et 50 % hors d’Europe, hybrides inclus. En 2025, environ 40 % des voitures écoulées en Europe par le constructeur fonctionnaient encore exclusivement aux énergies fossiles.[1]
Renault vise par ailleurs deux millions de véhicules vendus par an sous sa marque propre d’ici 2030, soit une hausse de près de 23 % par rapport au niveau actuel. Le groupe compte développer sa nouvelle plateforme électrique en partenariat avec Google.
Dacia dans la boucle, Stellantis dans le rouge
L’ambition électrique englobe aussi Dacia. Renault prévoit de faire passer la gamme électrique de sa marque low-cost de un à quatre modèles d’ici la fin de la décennie.
La trajectoire contraste fortement avec celle de Stellantis, concurrent direct, qui avait surpris les marchés au mois dernier avec une dépréciation massive de 22 milliards d’euros sur ses actifs électriques.[1] Deux visions opposées de la transition, à quelques semaines d’intervalle.
Sources
2 sources · 3 faits sourcés

