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Rentable depuis 2022, deltaVision lève 10,2 M€, ouvre en Nouvelle-Aquitaine et vise 5 000 pièces par an

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Créée en 2022, la spacetech munichoise deltaVision affiche un bénéfice depuis ses débuts et vient de lever 10,2 millions d’euros pour accélérer son industrialisation en France et aux États-Unis.

Le tour de table, mené par KT Ventures et Valemount Capital, réunit également Futury Capital et plusieurs family offices industriels. Tous deux avaient déjà soutenu l’entreprise il y a un an et demi, via des obligations convertibles. Cette fois, ils misent sur un fabricant qui affiche des revenus dès le premier exercice, un profil rare dans le spatial. Les fonds doivent financer l’ouverture d’une filiale en Nouvelle-Aquitaine, une unité de production aux États-Unis et la montée en cadence de l’usine munichoise, qui fabrique déjà vannes, pompes et régulateurs de pression pour lanceurs, satellites et alunisseurs.

À Munich, deltaVision occupe une ancienne usine Siemens en centre-ville. Le site emploie 125 personnes et peut produire jusqu’à 5 000 pièces par an. L’objectif consiste à atteindre cette cadence maximale rapidement, pour répondre à une demande que les fournisseurs historiques ne parviennent plus à absorber. Les délais s’allongent partout dans la chaîne d’approvisionnement spatiale : les acteurs du secteur rapportent des tensions croissantes, conséquence d’une hausse de la demande mondiale et d’une base industrielle sous-dimensionnée.

En chiffres
10,2 M€
Levée de fonds
Premier tour de table
125
Salariés à Munich
Dans une ancienne usine Siemens
5 000
Pièces par an
Capacité de production visée
2022
Année de création
Rentable depuis les débuts
70 %
Part pour la production
Industrialisation et montée en cadence

Une filiale française pour les capteurs et la R&D fluidique

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La filiale française, baptisée deltaVision SASU, se concentrera dans un premier temps sur la recherche, le développement et la production de capteurs intelligents pour systèmes fluidiques. L’implantation vise à rapprocher l’entreprise des acteurs français du spatial, présents en nombre dans la région. Les équipes locales développeront des applications dédiées aux engins orbitaux et aux systèmes de service en orbite[1], tandis que l’usine de Munich conservera la fabrication des vannes et des composants de propulsion.

L’entreprise prépare en parallèle une unité de production de vannes aux États-Unis, premier marché spatial mondial. Cette implantation doit démarrer d’ici la fin de l’année. Les trois sites (Munich, Nouvelle-Aquitaine, États-Unis) formeront un dispositif industriel capable de servir simultanément les marchés européen et nord-américain, tout en sécurisant les délais de livraison.

Répartition de l’investissement chez deltaVision
Poste Part du financement Objectif
Production et industrialisation 70 % Multiplier par cinq la capacité de fabrication
R&D et nouveaux produits 30 % Ravitaillement en orbite, électronique, capteurs

Source : Payload

Des systèmes modulaires livrés en quelques semaines

A delivery man unloads boxes from a van, showcasing logistics in action.
A delivery man unloads boxes from a van, showcasing logistics in action. — Photo : Tima Miroshnichenko / Pexels

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Les équipements de deltaVision pilotent fluides, pressurants et carburants à bord des véhicules spatiaux. Vannes, pompes et régulateurs assurent la circulation et la régulation de pression pendant toute la durée de la mission. La conception modulaire permet de ramener les délais de livraison à quelques semaines, contre plusieurs mois chez les fournisseurs traditionnels[3]. Cette rapidité constitue un argument commercial face à des programmes spatiaux soumis à des calendriers serrés.

La feuille de route englobe le transfert d’ergols, des coupleurs fluidiques aux modules intégrés. L’objectif consiste à faire émerger des véhicules spatiaux ravitaillables, capables de coopérer avec plusieurs opérateurs et infrastructures lors des services en orbite. Alex Plebuch, cofondateur et directeur général, défend une vision d’écosystème ouvert : « Nous défendons la vision d’un écosystème de services orbitaux ouvert et interopérable, plutôt qu’une logique de marché verrouillé par un seul acteur. Un écosystème interopérable augmentera considérablement la taille globale du marché, au bénéfice de chaque acteur. »

Pourquoi deltaVision accélère son implantation spatiale

Montée en cadence
deltaVision vise 5 000 pièces par an pour répondre à une demande qui dépasse les capacités des fournisseurs historiques, en tension partout dans la chaîne d'approvisionnement spatiale.
Ancrage français
La filiale en Nouvelle-Aquitaine concentrera R&D et production de capteurs intelligents, rapprochant l'entreprise des acteurs locaux du spatial et consolidant l'empreinte industrielle en France.
Marché américain
Une unité de production de vannes aux États-Unis, premier marché spatial mondial, doit démarrer d'ici la fin de l'année pour sécuriser les délais de livraison et capter de nouveaux contrats.
Interopérabilité orbitale
deltaVision défend un écosystème ouvert pour les services en orbite, avec des systèmes fluidiques standardisés permettant le ravitaillement et la coopération entre plusieurs opérateurs.
Rentabilité dès 2022
L'entreprise finance son activité par ses revenus depuis sa création, un profil rare qui a séduit des investisseurs industriels apportant réseaux commerciaux et expérience opérationnelle.

Rentable dès 2022, spatial heritage depuis 2025

Fondée en 2022 par Alex Plebuch, Denis Kiefel et Matthias Günther, deltaVision finance son activité grâce à ses revenus. Le modèle économique rentable a séduit des investisseurs industriels apportant expérience opérationnelle et réseaux commerciaux. « Nous n’investissons pas dans une promesse, nous investissons dans un modèle économique rentable avec un vent arrière énorme et des opportunités de croissance internationale », souligne Johannes Pichler, de KT Ventures[2].

La société revendique un patrimoine spatial (équipements déjà lancés et opérationnels) depuis 2025. Ses composants équipent des lanceurs, des satellites et des missions lunaires. Cette présence sur plusieurs segments du marché diversifie les revenus et réduit la dépendance à un seul client ou à un seul type de mission.

Une chaîne d’approvisionnement sous tension

Two workers handle a package in a spacious warehouse surrounded by shelves stocked with boxes and products.
Two workers handle a package in a spacious warehouse surrounded by shelves stocked with boxes and products. — Photo : Tiger Lily / Pexels

Les acteurs du spatial documentent depuis plusieurs mois la saturation de la chaîne d’approvisionnement. La demande mondiale pour les composants fluidiques dépasse désormais les capacités des fournisseurs historiques, ce qui provoque des allongements de délais et des goulets d’étranglement dans les programmes. deltaVision entend profiter de cette tension pour capter des parts de marché, en proposant des délais courts et une capacité de production évolutive.

L’entreprise cible notamment les programmes de ravitaillement en orbite, qui nécessitent des systèmes fluidiques interopérables et fiables. Ces missions impliquent le transfert d’ergols entre véhicules, une opération critique qui exige des normes de sûreté élevées. Les coupleurs et vannes conçus par deltaVision visent à standardiser ces interfaces, pour permettre à plusieurs opérateurs de coopérer sans développer des systèmes propriétaires incompatibles.

Les 10,2 millions d’euros levés doivent accélérer cette trajectoire. Soixante-dix pour cent du montant financeront la montée en cadence de la production, les 30 % restants étant consacrés à la R&D sur les systèmes de ravitaillement en orbite, l’électronique embarquée et les capteurs intelligents. Avec trois sites de production répartis entre l’Europe et les États-Unis, deltaVision entend devenir un fournisseur de référence pour une industrie spatiale en pleine expansion, tout en défendant une logique d’ouverture face aux tentations de marché fermé.

deltaVision : levée de fonds et expansion industrielle

  • deltaVision lève 10,2 M€ auprès de KT Ventures, Valemount Capital et Futury Capital
  • La spacetech ouvre une filiale en Nouvelle-Aquitaine pour les capteurs et la R&D fluidique
  • L'usine de Munich peut produire 5 000 vannes et composants de propulsion par an
  • Rentable depuis 2022, l'entreprise affiche un patrimoine spatial depuis 2025
  • Une unité de production de vannes aux États-Unis démarrera d'ici fin 2026
  • 70 % des fonds financent la montée en cadence, 30 % la R&D sur le ravitaillement en orbite
Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier suit la tech française depuis une quinzaine d'années, des premières levées de la French Tech aux modèles de Mistral. Il s'intéresse autant aux startups qu'aux enjeux de souveraineté numérique : cloud, semi-conducteurs, cybersécurité. Sa ligne, expliquer ce qu'une annonce change vraiment, sans jargon ni esbroufe.

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