De la citadine à 12 000 € au SUV de luxe, dix modèles électriques restructurent l’offre automobile cet automne. BMW frappe avec une autonomie record, Bentley bascule à son tour.
La grille des concessions se réécrit en quelques semaines. Dix lancements étalés de septembre à octobre redistribuent les cartes, de l’entrée de gamme aux berlines hautes performances. Certains rejoignent enfin les salles d’exposition, d’autres sortent du secret après des mois de rumeurs. Tous partagent un calendrier serré et une même ambition : peser sur un marché qui voit arriver chaque trimestre de nouveaux acteurs.
La segmentation se resserre. Le spectre tarifaire s’étire de 12 000 € à plus de 150 000 €, avec une concentration nouvelle autour des compactes familiales et des citadines produites en Europe. Les autonomies grimpent, les recharges accélèrent, les équipements de base s’étoffent. Le point commun : tous cherchent un angle pour se démarquer dans une offre qui compte désormais plusieurs centaines de références.
BMW i3 : 906 km d’autonomie et recharge à 400 kW
Les Bleues du hockey sur glace écrasent la Norvège 5-1 et bouclent leur fenêtre par deux victoires
La Série 3 électrique arrive en concession dès septembre. La production a démarré début août dans l’usine de Debrecen, en Hongrie. La demande a précédé les premières livraisons : BMW fait état de carnets remplis avant même l’ouverture commerciale officielle[2].
La variante 50 xDrive annonce 906 km en cycle mixte WLTP, un record dans le segment des berlines à quatre roues motrices. La puissance de recharge atteint 400 kW, soit un gain de 80 % de batterie en moins de quinze minutes sur les bornes compatibles. L’architecture « Neue Klasse », inaugurée par l’iX3 quelques semaines plus tôt, intègre des cellules cylindriques de nouvelle génération et une gestion thermique repensée.
La First Edition, équipée quasi complète, démarre à 74 850 €. La gamme classique, avec des niveaux de finition plus accessibles, sera dévoilée dans la foulée. BMW renonce au Mondial de l’Automobile : le modèle sera visible uniquement en concession.
Dacia Spring 2 : citadine européenne à 12 000 €

Dacia dévoile en septembre la seconde génération de la Spring. Le modèle change de base technique : il dérive désormais de la Renault Twingo, tout en conservant un dessin propre, anguleux, orienté mini-SUV. La production bascule en Europe, ce qui ouvre droit aux primes CEE renforcées.
Le prix de départ tombe à environ 12 000 €, aide déduite. À ce tarif, l’équipement reste minimal et l’autonomie limitée, mais l’objectif assumé est autre : offrir un véhicule électrique pour les trajets du quotidien à un tarif jamais vu sur le continent. La Spring 2 vise les secondes voitures et les flottes urbaines, segments où le coût d’acquisition prime sur la fiche technique.
Pourquoi cette rentrée redistribue les cartes
Bentley Torcal : le SUV électrique qui fait basculer la marque
Quelques semaines après Ferrari, Bentley raye son nom de la courte liste des constructeurs premium sans offre électrique. Le Torcal, SUV légèrement plus compact que le Bentayga, reprend la plateforme du Porsche Cayenne électrique. Ce dernier propose déjà jusqu’à 857 chevaux dans sa version de pointe.
La batterie de 113 kWh autorise environ 600 km d’autonomie en cycle mixte. Le Torcal inaugure également une évolution stylistique annoncée par le concept EXP 15 : calandre redessinée, proportions retravaillées, signature lumineuse inédite. Bentley n’a pas communiqué de tarif, mais la fourchette devrait dépasser 150 000 €, en ligne avec le positionnement de la marque.
Fiat Grizzly et Grizzly Fastback : offensive SUV à prix serré

Fiat poursuit la reconstruction de sa gamme après le lancement de la Grande Panda. Deux SUV compacts arrivent cet automne : le Grizzly et le Grizzly Fastback, variante au profil de coupé comparable au Renault Arkana. Les deux partagent la base du Citroën C3 Aircross, mais adoptent un design tracé à la règle, très différent de leur cousin.
Comme le C3 Aircross, les Grizzly seront déclinés en version 100 % électrique. Fiat reprend également la stratégie tarifaire agressive de Stellantis sur ce segment, avec des prix annoncés en dessous de 30 000 € pour les finitions d’entrée. La production démarrera dans l’usine slovaque de Trnava, qui assemble déjà le C3 Aircross.
Geely G2 : grosse citadine chinoise à 20 990 €
Geely élargit son offensive européenne avec une citadine taillée pour le marché français. La G2 mesure 4,14 mètres, soit un gabarit généreux qui libère de l’espace intérieur et un volume de coffre élevé. Un second coffre, à l’avant, complète l’offre de rangement.
L’équipement de série est fourni dès la version de base. En revanche, la fiche technique reste dans la moyenne : les autonomies s’échelonnent de 245 à 345 km selon les variantes, des valeurs suffisantes pour les trajets urbains et périurbains mais sans éclat face aux références du segment.
Le prix de lancement s’établit à 19 990 €, puis 20 990 € en tarif normal. La G2 ne bénéficie toutefois pas des primes CEE renforcées, réservées aux véhicules produits en Europe. Geely mise sur un rapport prix-équipement favorable pour compenser cet écart.
Hyundai Ioniq 3 : compacte européenne de 4,16 mètres
La famille Ioniq descend en gamme. Après les imposantes Ioniq 5, 6 et 9, Hyundai dévoile l’Ioniq 3, pensée pour le marché européen. Avec 4,16 mètres de longueur, elle se positionne dans le segment des compactes, face aux Volkswagen ID.3 et Renault Mégane E-Tech.
Le modèle inaugure une déclinaison affinée de la plateforme E-GMP, adaptée aux gabarits plus courts. Hyundai n’a pas encore communiqué les caractéristiques détaillées, mais la présentation officielle est attendue avant la fin du mois. L’Ioniq 3 complète une offensive qui vise à couvrir l’intégralité des segments de volume d’ici 2027.
| Modèle | Segment | Autonomie / Prix indicatif |
|---|---|---|
| BMW i3 | Berline | 906 km / 74 850 € (First Edition) |
| Dacia Spring 2 | Citadine | N.C. / 12 000 € |
| Bentley Torcal | SUV luxe | 600 km / >150 000 € |
| Fiat Grizzly | SUV compact | N.C. / <30 000 € |
| Geely G2 | Citadine | 245-345 km / 20 990 € |
| Hyundai Ioniq 3 | Compacte | N.C. / N.C. |
Source : Automobile Propre
La concentration des lancements sur un trimestre traduit une accélération industrielle. Les carnets se remplissent avant même l’arrivée en concession, signe d’une demande qui ne faiblit pas malgré la multiplication des références. Les constructeurs misent sur la différenciation par le prix, l’autonomie ou le positionnement premium pour éviter la dilution dans une offre pléthorique.
Le basculement de Bentley, dernière marque de luxe à franchir le pas après Ferrari, marque la fin d’une époque. Plus aucun segment n’échappe désormais à l’électrification. La bataille se joue sur les volumes, et les prochains mois diront quels modèles parviennent à s’imposer dans une grille tarifaire qui s’étire de 12 000 € à plus de 200 000 €.
Rentrée électrique 2026 : les modèles à retenir
- La BMW i3 affiche 906 km d'autonomie WLTP et une recharge à 400 kW, production lancée en août en Hongrie
- La Dacia Spring 2, produite en Europe, démarre à 12 000 € avec les primes CEE renforcées
- Bentley lance le Torcal, son premier modèle électrique, sur la base du Porsche Cayenne avec 600 km d'autonomie
- Fiat dévoile les Grizzly et Grizzly Fastback, SUV compacts dérivés du Citroën C3 Aircross, à moins de 30 000 €
- Geely propose la G2, citadine de 4,14 m à partir de 20 990 €, sans prime CEE mais avec équipement fourni
- Hyundai complète la famille Ioniq avec l'Ioniq 3, compacte de 4,16 m destinée au marché européen
Sources
1 source · 1 fait vérifié


