Samedi 13 juin, Saint-Barthélemy s’est réveillée sans eau. Un réservoir de la SIDEM, l’entreprise qui gère captage et distribution sur l’île, s’est effondré dans la matinée. Pas de victime, mais un déversement massif et, surtout, une canalisation de carburant de Rubis vers EDF sectionnée dans la chute. Résultat : robinets à sec pour tous les abonnés, et la menace d’une pénurie électrique en toile de fond.
Six jours plus tard, les stigmates sont encore là : dalles de béton écroulées, canalisations éventrées, chantier sous haute surveillance. Les secours ont d’abord sécurisé la zone, vérifié qu’aucune personne n’était ensevelie sous les décombres, puis les entreprises ont pris le relais pour engager les premières réparations. L’ampleur des dégâts laissait craindre plusieurs semaines de galère.
Pourtant, l’île a tenu. Grâce à la production d’eau qui n’a pas totalement cessé, la SIDEM et les services techniques de la collectivité ont organisé la riposte : approvisionnement par camion pour l’hôpital, l’EHPAD, les écoles et les maisons d’assistantes maternelles, points de distribution mis en place au stade de Saint-Jean et aux locaux de la collectivité pour le reste de la population. De quoi assurer la continuité du service, même dégradée.
Retour progressif dans la semaine
Les travaux avancent. L’objectif : un retour progressif à la normale dans les prochains jours. Les secteurs les plus bas de l’île retrouvent déjà un peu de pression. Pour les hauteurs, les zones difficiles à alimenter, il faudra patienter jusqu’à la semaine prochaine. Les équipes s’activent pour réparer les canalisations touchées et remettre en service l’infrastructure effondrée.
Restent deux inconnues : la cause exacte de l’effondrement, et l’état de la canalisation de carburant qui alimente les installations d’EDF et la station marine du port de commerce, désormais à l’arrêt. Un diagnostic interservices a confirmé l’impact sur cette ligne. Si les réparations traînent, c’est toute la production électrique de l’île qui pourrait vaciller.
Pour l’instant, Saint-Barthélemy tient. Les habitants s’organisent, les entreprises réparent, les autorités coordonnent. Mais l’incident rappelle la fragilité des infrastructures insulaires : quand un maillon cède, c’est tout le système qui tangue. Et l’eau, ici comme ailleurs, n’est jamais acquise.

