Dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août, un immeuble collectif de Saint-Martin-de-Valgalgues brûle. Au premier étage, une famille crie, coincée par les flammes. Au rez-de-chaussée, l’escalier s’est effondré. Les voisins, dehors, ne peuvent rien faire. Puis une voiture s’arrête : Samy Benzid, 26 ans, pompier volontaire depuis douze ans, descend et prend les choses en main.
Il est 3h55. Samy rentre chez lui après une soirée passée avec son père, agent de sécurité. Depuis Alès, il aperçoit au loin un panache de fumée noire. Il fait un détour par Saint-Martin pour comprendre. En arrivant, il découvre la maison déjà embrasée, les flammes concentrées au rez-de-chaussée. Des cris montent du premier étage : « Au secours, on est coincés ! »
Étudiant infirmier à Aubenas, Samy a l’habitude des urgences. Il ne perd pas de temps. Il demande à un voisin d’appeler les pompiers, à un autre de sortir un tuyau d’arrosage et une échelle. Il tente d’abord d’entrer par la porte, mais l’escalier s’est effondré, totalement calciné. Les trois occupants, bloqués à l’étage, n’ont plus aucune issue.
Une évacuation minute par minute
Une voisine finit par lui apporter une échelle. Avec une lampe qu’il a dans sa voiture, Samy repère une petite ouverture dans le mur, au premier. Il y a une mère et deux adolescents de 17 ans. Les deux jeunes parviennent à se faufiler par l’ouverture. Il les réceptionne en haut de l’échelle.
Reste la mère, trop corpulente pour passer. Samy déplace l’échelle jusqu’au balcon. En dessous, les deux fenêtres du rez-de-chaussée crachent les flammes. Il doit poser l’échelle juste au-dessus du brasier. Il grimpe. L’échelle est trop courte. Il porte la femme à bout de bras en redescendant. Elle manque de tomber, il la rattrape, la met en sécurité. Puis il remonte chercher le chien de la famille.
Une fois tout le monde dehors, Samy conduit les victimes chez des voisins. Ils ont inhalé beaucoup de fumée. La mère et les deux enfants sont en état de choc. « Vu la quantité de fumée qui montait à l’étage, je pense que trois ou quatre minutes de plus et ils perdaient connaissance », raconte-t-il.
26 pompiers mobilisés, l’incendie contenu
Une dizaine de minutes après l’évacuation, les premiers secours arrivent. Au total, 26 sapeurs-pompiers et onze véhicules sont déployés. L’incendie est rapidement contenu au rez-de-chaussée du bâtiment. Deux occupants, incommodés par les fumées, sont transportés au centre hospitalier d’Alès. L’opération durera près de deux heures.
Avant de partir, Samy transmet toutes les informations au commandant des opérations : trois personnes et un chien évacués, plus personne à l’intérieur. Un geste qui peut paraître banal, mais qui relève du réflexe professionnel. Celui d’un pompier qui, même hors service, ne passe jamais son chemin.


