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Salaires ETAM du bâtiment en Pays de la Loire : 1 825 € à 3 432 € pour 2026

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Les salaires du bâtiment et des travaux publics en Pays de la Loire bougent pour 2026. Si vous êtes employé, technicien ou agent de maîtrise dans le BTP, votre fiche de paie dépend d’un barème précis, négocié entre les fédérations patronales et les syndicats. Cette grille conventionnelle fixe les planchers, ceux en dessous desquels aucun employeur ne peut descendre. Pour cette année, les montants vont de 1 825,47 euros brut mensuels à 3 432 euros, selon votre niveau de qualification.

Ces chiffres ne sortent pas de nulle part : ils découlent d’accords signés fin 2025, applicables depuis le 1er janvier 2026. En Pays de la Loire, région qui couvre la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, la Mayenne, la Sarthe et la Vendée, les entreprises du secteur sont soumises à ces minimums. Reste à savoir ce qu’ils représentent vraiment pour un salarié du terrain, du débutant administratif au chef de chantier expérimenté.

La convention collective nationale des employés, techniciens et agents de maîtrise (ETAM) des travaux publics organise huit niveaux de qualification, de A à H. Chaque niveau correspond à un degré de responsabilité, de technicité et d’autonomie. Un employé de niveau A, souvent sans expérience ou sur des tâches administratives simples, démarre au salaire minimum légal, soit 1 825,47 euros brut par mois pour 35 heures hebdomadaires. Ce plancher correspond au SMIC en vigueur.

À l’autre bout de l’échelle, un agent de maîtrise de niveau H cumule la maîtrise totale de son domaine, la gestion d’équipes et des compétences transversales poussées. Sa rémunération minimale grimpe jusqu’à 3 432 euros brut mensuels[1]. Entre les deux, la grille s’étoffe : niveau B entre 1 838 et 1 865 euros, niveau C de 2 010 à 2 080 euros, niveau D de 2 180 à 2 260 euros, niveau E de 2 300 à 2 378 euros, niveau F entre 2 885 et 2 960 euros, niveau G de 3 000 à 3 200 euros[4].

Une revalorisation de 1,20 % pour les travaux publics en Pays de la Loire

Les employés des travaux publics ligériens ont vu leur grille revalorisée de 1,20 % en moyenne pour 2026. L’accord du 4 décembre 2025, signé par les partenaires sociaux, définit les nouveaux salaires bruts annuels : entre 23 535 et 48 774 euros pour une année complète à 35 heures hebdomadaires. Ces montants s’appliquent aux départements de la Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire, de la Mayenne, de la Sarthe et de la Vendée, et concernent tous les salariés relevant de la convention collective IDCC 2614.

Cette augmentation reste modeste face à l’inflation, mais elle s’inscrit dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO). Ailleurs en France, d’autres régions ont négocié différemment : la Nouvelle-Aquitaine a obtenu 3,8 % de hausse en novembre 2025, la Bretagne seulement 1 %, étendue au Journal officiel en février 2026[4]. En Pays de la Loire, les négociations locales conduisent à un barème propre, différent de celui appliqué en ÃŽle-de-France ou en Provence.

Des écarts selon le statut et la durée du travail

Four wall clocks showing different time zones for London, New York, Tokyo, and Moscow.
Four wall clocks showing different time zones for London, New York, Tokyo, and Moscow. — Photo : Pixabay / Pexels

Les salaires conventionnels ne se lisent pas tous de la même façon. Pour les ETAM bénéficiant d’une convention de forfait en jours sur l’année, la grille est majorée de 15 %. Cela signifie qu’un salarié au forfait touche un minimum supérieur à celui d’un collègue aux 35 heures classiques, pour compenser l’absence de décompte horaire strict. Ce dispositif concerne surtout les postes d’encadrement intermédiaire, les chefs de chantier ou les responsables techniques.

Le salaire minimal brut mensuel, lui, se calcule sur une base de 151,67 heures par mois (soit 35 heures par semaine). Les heures supplémentaires, les primes d’ancienneté, les indemnités de déplacement ou de panier ne sont pas incluses dans ces montants : ce sont des éléments qui s’ajoutent, selon l’accord d’entreprise ou la situation du salarié. À Nantes, au Mans, à Angers ou à La Roche-sur-Yon, un ETAM peut donc toucher bien plus que le minimum conventionnel, selon la politique salariale de son employeur[2].

Identifier son niveau, vérifier sa fiche de paie

Beaucoup de salariés ignorent dans quel niveau ils sont classés. Pourtant, l’information doit figurer sur le bulletin de paie ou dans le contrat de travail. À défaut, le service paie ou les ressources humaines de l’entreprise peuvent renseigner. Cette classification détermine non seulement le salaire, mais aussi les droits à la formation, les perspectives d’évolution et les indemnités en cas de rupture.

La grille conventionnelle ne fixe qu’un plancher. Les entreprises restent libres d’adapter les rémunérations selon leur situation financière, le marché du travail local ou les qualifications réelles du salarié. Un technicien expérimenté dans une PME du bâtiment à Saint-Nazaire peut ainsi négocier un salaire supérieur au minimum de son niveau, surtout si les carnets de commandes sont pleins et la main-d’Å“uvre rare.

Niveau Salaire mensuel brut 2026 (35h)
A ≥ 1 825,47 €
B ~1 838 € à 1 865 €
C ~2 010 € à 2 080 €
D ~2 180 € à 2 260 €
E ~2 300 € à 2 378 €
F ~2 885 € à 2 960 €
G ~3 000 € à 3 200 €
H jusqu’à 3 432 €

Source : Factorial

Une réalité territoriale contrastée

Scenic aerial view of suburban and cityscape areas in Jiujiang, Jiangxi, showcasing urban and rural landscapes.
Scenic aerial view of suburban and cityscape areas in Jiujiang, Jiangxi, showcasing urban and rural landscapes. — Photo : jason hu / Pexels

Le BTP en Pays de la Loire, c’est un secteur qui pèse lourd dans l’emploi local. Entre les chantiers d’infrastructure, la rénovation urbaine et les projets d’aménagement portuaire à Nantes et Saint-Nazaire, la demande en main-d’Å“uvre qualifiée reste soutenue. Les grilles salariales reflètent aussi cette réalité : elles varient d’une région à l’autre, selon les accords territoriaux et le dynamisme économique.

En ÃŽle-de-France, un ETAM de niveau N1P1 touche au minimum 1 843 euros brut mensuels pour les entreprises de plus de dix salariés[4]. En Pays de la Loire, le plancher démarre à 1 825,47 euros, aligné sur le SMIC national. Ces écarts s’expliquent par les négociations locales, menées entre la Fédération française du bâtiment (FFB), la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) pour le bâtiment, et la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) pour les travaux publics.

Pour un salarié, ces différences comptent. Un technicien qui envisage une mobilité professionnelle entre Angers et Paris doit intégrer ce paramètre dans son calcul. Le coût de la vie n’est pas le même, mais le salaire minimal non plus. Les conventions collectives nationales posent un cadre, les accords régionaux l’ajustent, et l’employeur, in fine, décide dans cette fourchette.

Les NAO, rendez-vous annuel décisif

Les négociations annuelles obligatoires (NAO) de l’automne 2025 ont fixé les grilles pour 2026. Ces discussions entre patronat et syndicats déterminent chaque année les revalorisations salariales, mais aussi les indemnités de petits déplacements, les primes d’ancienneté et les conditions de travail. En Pays de la Loire, l’accord du 4 décembre 2025 a été signé et attend son extension au Journal officiel.

Ce processus prend du temps : signature, dépôt, publication, puis extension par arrêté ministériel. Une fois étendu, l’accord devient opposable à toutes les entreprises du secteur, qu’elles aient ou non adhéré à la fédération patronale signataire. C’est cette extension qui garantit l’application effective des minimums conventionnels sur le terrain, de Laval à Cholet.

Les accords de 2026 se sont négociés dans un contexte marqué par l’inflation persistante, la hausse des coûts de matériaux et la pénurie de main-d’Å“uvre qualifiée. Les syndicats ont réclamé des revalorisations plus fortes, les fédérations patronales ont plaidé la prudence face aux incertitudes économiques. Le résultat, 1,20 % pour les travaux publics en Pays de la Loire, reflète cet équilibre précaire.

Où consulter les textes officiels

Les grilles complètes, les coefficients et les annexes de la convention collective IDCC 2614 sont disponibles en version papier ou PDF auprès des éditeurs juridiques. Le site Juristique, spécialisé dans les références conventionnelles, publie chaque année les mises à jour régionales[2][3]. Les services RH des entreprises y ont accès, tout comme les représentants du personnel et les salariés qui en font la demande.

Ces documents détaillent non seulement les salaires, mais aussi les classifications, les critères de passage d’un niveau à l’autre, les modalités de calcul de la prime d’ancienneté et les indemnités de rupture. Pour un salarié qui souhaite vérifier que son employeur respecte ses obligations, c’est la référence opposable. En cas de litige, l’inspection du travail ou le conseil de prud’hommes se fondent sur ces textes pour trancher.

En Pays de la Loire, le bâtiment et les travaux publics emploient des milliers de personnes. Les grilles salariales de 2026, entre plancher légal et négociation locale, dessinent une partie du paysage social de la région. Reste à voir si, dans les mois qui viennent, les entreprises joueront la carte de l’attractivité salariale pour attirer et garder leurs équipes, ou si les minimums conventionnels resteront la norme sur le terrain.

Sophie Mercier
Sophie Mercier
Sophie Mercier, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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