Les frappes américaines sur l’Iran se sont intensifiées pour la septième nuit consécutive, faisant trois morts. Téhéran a riposté et bloqué le détroit d’Ormuz.
La nuit a été marquée par une intensification des bombardements américains contre l’Iran. L’armée des États-Unis a visé des infrastructures militaires et des dépôts d’armes souterrains. Les médias iraniens publient des images de plusieurs ponts détruits dans le sud du pays et d’un tunnel endommagé, fermé à la circulation. Selon Téhéran, trois personnes sont mortes et huit autres ont été blessées lors de ces frappes.
En réponse, la République islamique multiplie les attaques de missiles et de drones. Une frappe a touché la base aérienne d’Azraq en Jordanie, où stationnaient, selon l’Iran, des avions de chasse américains. Trois pays ont été pris pour cibles : la Jordanie, le Bahreïn et le Koweït. Le gouvernement koweïtien a confirmé qu’une centrale électrique et une usine de dessalement avaient été touchées.
Ormuz fermé, Washington dément
Téhéran affirme avoir stoppé quatre navires marchands dans le détroit d’Ormuz à l’aide de missiles et de drones. L’armée américaine dément cette information. Les gardiens de la révolution ont annoncé, jeudi 11 juin, la fermeture du détroit jusqu’à nouvel ordre. « À la suite des violations répétées du cessez-le-feu par l’ennemi américain, le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre », ont-ils déclaré, cités par la télévision d’État. « Aucun navire ne doit quitter son mouillage dans le golfe Persique et la mer d’Oman. Toute approche du détroit d’Ormuz sera considérée comme une collaboration avec l’ennemi[1]. »
Le détroit d’Ormuz est désormais totalement à l’arrêt, prisonnier d’une logique d’escalade entre l’Iran et les États-Unis qui semble à nouveau hors de contrôle. Ce passage stratégique, large de moins de 100 km, relie le golfe Persique au golfe d’Oman et à l’océan Indien. Il est bordé au nord par l’Iran et au sud par la péninsule arabique, en particulier Oman[2].
La menace des missiles iraniens et de possibles mines flottantes a stoppé presque totalement le trafic de navires dans le détroit. La crise s’est aggravée avec le blocus décidé, en réponse, par les États-Unis pour empêcher les navires iraniens de sortir du détroit. Un cargo a été touché par un « projectile d’origine inconnue » dans le détroit, sans faire de victimes ni d’impact sur l’environnement, selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Menace d’une offensive sans limites
Le régime iranien menace les États-Unis d’une offensive totale si les affrontements se poursuivent encore deux ou trois jours. « Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire qu’il n’y aura plus de limites à notre réponse. Plus aucune frontière ne sera à l’abri si ça continue », a déclaré le général Mohsen Rezaï, conseiller du guide suprême de la révolution iranienne.
Les Américains ont frappé environ 140 cibles en Iran dans la nuit de samedi à dimanche, après l’attaque d’un navire marchand dans le détroit stratégique d’Ormuz[3]. Selon le commandement américain dans la zone, l’objectif des frappes est d’empêcher Téhéran « d’attaquer les équipages civils et navires commerciaux » dans le détroit, et d’obliger « les forces iraniennes » à « rendre des comptes ».
Pourquoi l'escalade repart dans le Golfe
Un cessez-le-feu déjà brisé
L’escalade actuelle intervient après l’échec d’un cessez-le-feu très fragile annoncé en avril 2026. Le 17 avril, l’Iran avait annoncé la réouverture du détroit après l’annonce d’un cessez-le-feu au Liban. Dans la foulée, Donald Trump avait annoncé maintenir le blocus américain sur les ports iraniens, déclaration qui avait amené Téhéran à fermer de nouveau le détroit à la navigation dès le 18 avril[4].
Le retrait américain des négociations d’Islamabad dès la première journée, suivi de l’annonce de Donald Trump du blocus d’Ormuz pour empêcher l’Iran d’y mettre en place un péage, avait marqué le début d’une phase d’escalade dans le détroit. La guerre au Moyen-Orient, menée conjointement par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran depuis le 28 février 2026, ravive le spectre d’un choc énergétique majeur.
Un cinquième du pétrole mondial bloqué
Le détroit d’Ormuz est un passage crucial pour le commerce mondial. Par ce corridor transitait, avant le conflit, un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Les principaux exportateurs de pétrole de la région sont tous très dépendants du détroit d’Ormuz, à l’exception des Émirats arabes unis qui possèdent une ouverture directe sur le détroit d’Oman via le port de Fujaïrah.
Trois semaines après le début du blocage du détroit d’Ormuz, la persistance du conflit ravive la crainte d’un approvisionnement mondial en pétrole menacé, avec le risque de se retrouver à court d’essence, de diesel, de fioul ou de kérosène, en particulier dans les économies d’Asie, les plus directement dépendantes du passage par Ormuz[5].
La crise du détroit d’Ormuz de 2026 est une escalade militaire et diplomatique survenue dans le contexte de la guerre en cours entre l’Iran et les États-Unis et leurs alliés, autour du contrôle et de la sécurité de cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial de pétrole. Le sultanat d’Oman, riverain du détroit, a affirmé qu’il n’y aurait pas de frais de transit. Mais la question reste délicate et promet d’âpres discussions avec les Américains.
Certains journaux américains parlent du « bourbier iranien » de Donald Trump. À l’origine de cette impasse, il y a sans doute un grand malentendu sur le détroit d’Ormuz. Les frappes militaires conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ont notamment entraîné la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei. En réponse, l’Iran a lancé des attaques de missiles et de drones contre des bases militaires américaines, le territoire israélien et d’autres États du Golfe.
Détroit d'Ormuz bloqué : les faits clés
- Septième nuit consécutive de bombardements américains contre l'Iran
- Trois morts et huit blessés lors des frappes de la nuit dernière
- L'Iran riposte contre la Jordanie, le Bahreïn et le Koweït
- Le détroit d'Ormuz est totalement fermé par Téhéran
- Un cinquième du commerce mondial de pétrole transite par ce détroit
- Téhéran menace d'une offensive sans limites si les frappes continuent
Sources
5 sources · 5 faits vérifiés

