Le CAC 40 a stagné cette semaine, freiné par la montée des taux longs et l’envolée du pétrole, tandis que Momentum affiche une surperformance marquée.
D’un vendredi à l’autre, l’indice parisien n’a pas bougé. Le taux à 10 ans américain est passé de 4,54 % à 4,67 %, celui de la France a franchi le seuil de 4 %, contre 3,93 % sept jours plus tôt. Une hausse qui traduit les inquiétudes des marchés face à un pétrole qui flambe et à une inflation qui refuse de reculer. Le Brent a bondi de 46 % en trois semaines, entre le creux du 2 juillet (70 dollars) et le pic du 23 juillet (102 dollars). La nouvelle escalade militaire entre l’Iran et les États-Unis alimente cette fièvre.
Kevin Warsh, qui a pris les rênes de la Fed, pourrait décider de relever le taux directeur américain dès la semaine prochaine s’il applique sa doctrine de tolérance zéro face à l’inflation. OddoBHF n’exclut pas cette hypothèse. L’inflation américaine suit une trajectoire haussière alimentée par trois moteurs simultanés : l’énergie, les droits de douane de Donald Trump (10 % à 12,5 % sur 99 % des importations américaines) et le boom de l’intelligence artificielle, qui tire les prix des composants électroniques à la hausse. Thierry Béchu, CIO chez Kanopy AM, parle d’une inflation désormais « multifactorielle ».
La BCE pourrait relever son taux directeur
La pause annoncée jeudi dernier par la Banque centrale européenne ne devrait pas durer[1]. Fidelity international estime que la montée des tensions géopolitiques, la hausse des matières premières et du gaz (les stocks européens doivent être reconstitués avant l’hiver, la Chine importe plus) poussent l’institution à agir. La relative résistance de l’économie de la zone euro limite les marges de manÅ“uvre : dans un contexte plus déprimé, la BCE hésiterait davantage à remonter son taux. Mais la conjoncture tient encore.
Pour LBP AM, les effets de second tour du choc énergétique actuel resteront plus limités qu’en 2022, au moment de la guerre en Ukraine. L’institution juge que la BCE pourrait adopter « un ton plus neutre » après une hausse de taux en juin. L’économie de la zone euro ralentit nettement au deuxième trimestre 2026, sans s’effondrer, selon la stabilisation des chiffres de l’enquête de la Commission. Après la chute de l’indice des directeurs d’achats en mai, en particulier en France, c’est rassurant, même si les risques restent orientés à la baisse.
Momentum surperforme le CAC 40 cette semaine

La sélection d’actions de Momentum, la lettre quotidienne premium de Capital basée sur l’analyse technique et financière, a signé une nette surperformance face au CAC 40, qui n’a pas bougé. Malgré quelques déceptions inévitables en période de publications trimestrielles, plusieurs valeurs bien choisies ont décollé cette semaine. Parmi elles, Thales, Safran, L’Oréal et Crédit agricole figurent au menu des recommandations de Momentum[2].
Depuis mai 2021, date de lancement de la lettre, la sélection Momentum a monté bien plus fortement que le CAC 40. Cette semaine, Momentum a livré à ses lecteurs des analyses actualisées et des recommandations d’achat ou de vente sur un large éventail de titres : Renault, L’Oréal, Danone, Exosens, Teleperformance, Nvidia, Vetoquinol, Technip Energies, Rexel et Getlink. Le service a aussi publié son conseil ETF hebdomadaire et ses anticipations sur l’or.
Pourquoi le CAC 40 reste paralysé
Les rendements du dividende au sein du CAC 40
Parmi les grandes valeurs françaises, les rendements du dividende varient considérablement. Safran affiche un rendement de 0,96 %, selon les données 2026[5]. Thales se situe légèrement au-dessus, à 1,43 %. L’Oréal offre un rendement de 1,97 %, tandis que Crédit agricole grimpe à 6,30 %, l’un des plus élevés de l’indice. À l’autre bout du spectre, Stellantis culmine à 10,75 %, porté par un cours de Bourse affaibli (4,84 euros) et un paiement généreux.
| Société | Rendement dividende (%) | Cours (€) |
|---|---|---|
| Safran | 0,96 | 336,10 |
| Thales | 1,43 | 223,30 |
| L’Oréal | 1,97 | 381,00 |
| Crédit agricole | 6,30 | 17,46 |
| Stellantis | 10,75 | 4,84 |
Source : Dividendpedia
Nvidia dans le viseur : survalorisation et correction en vue

Les résultats stratosphériques de Nvidia affirment sa domination dans l’intelligence artificielle, relève eToro. Mais ses actions semblent trop chères : le titre se paie 39 fois les profits attendus pour 2026[3]. Les investisseurs commencent à douter de la justification d’une telle valorisation. Plus globalement, ils réalisent que la révolution de l’IA a été survendue du point de vue boursier et qu’une nette correction des actions du secteur devient inévitable, selon le bureau d’analyses ACDEFI.
Sur le front américain, les rapports d’emploi de septembre restent compatibles avec un marché du travail peu dynamique mais pas en effondrement, note LBP AM. Le taux de chômage a grimpé plus que prévu, à 4,4 %, non pas à cause de licenciements massifs mais d’une moindre création de postes. La Fed observe ces signaux de près avant de trancher sur sa politique monétaire.
Les investisseurs naviguent désormais dans un environnement où les sources d’inflation se multiplient, où les banques centrales hésitent entre prudence et action, et où la valorisation de certaines vedettes boursières commence à poser question. Dans ce contexte, la capacité à sélectionner les bonnes valeurs et à éviter les pièges devient déterminante. Le CAC 40 reste sous surveillance, entre taux longs, tensions géopolitiques et perspectives incertaines pour les prochains trimestres.
CAC 40 et Momentum : les chiffres à retenir
- Le taux à 10 ans français a franchi 4 %, contre 3,93 % une semaine plus tôt
- Le Brent a bondi de 46 % en trois semaines, atteignant 102 dollars le 23 juillet
- Momentum affiche une surperformance nette face au CAC 40, stable sur la semaine
- Safran offre un rendement du dividende de 0,96 %, Stellantis culmine à 10,75 %
- Nvidia se paie 39 fois les profits attendus pour 2026, jugé trop cher par les analystes
Sources
4 sources · 4 faits vérifiés

