Catherine Trautmann a lancé le 9 juin 2026 le Conseil métropolitain de l’économie de Strasbourg, avec Nathalie Roos à sa tête et une grande enquête territoriale comme premier acte.
La réunion s’est tenue au Club de la presse de Strasbourg, devant une cinquantaine de représentants du monde économique, politique et médiatique. Deux mois et demi après avoir pris la présidence de l’Eurométropole, Catherine Trautmann concrétise l’une des promesses phares de sa campagne des municipales 2026.
Le Conseil métropolitain de l’économie, ou CME, s’ouvre sur une question posée directement aux 52 000 entreprises du territoire : quels sont les blocages à leur développement, et quels sont les points d’attractivité du territoire ? Une grande enquête est lancée en parallèle de la création de l’instance.
Nathalie Roos à la barre d’une instance pensée hors partis
C’est la dirigeante alsacienne Nathalie Roos qui présidera le CME. Son rôle avait été annoncé dès janvier 2026, au moment où elle avait publiquement soutenu la candidature de Trautmann, sans figurer sur la liste électorale. L’idée était précisément de lui confier cette responsabilité « en toute indépendance », selon les termes retenus à l’époque, en tant que représentante de la société civile économique.
Ce positionnement hors liste est un signal assumé : le CME n’est pas un organe politique de plus, mais une interface entre l’Eurométropole et le tissu d’entreprises local. Catherine Trautmann était entourée le 9 juin de la vice-présidente Anne-Pernelle Richardot et de Nathalie Roos pour ce lancement officiel. [2]
“La locomotive de la région” sous pression
Le diagnostic affiché est sévère. Selon Catherine Trautmann, Strasbourg se trouve en situation de « décroissance de fait, faute de booster ». L’ambition affichée est de « faire de Strasbourg la capitale de l’industrie durable en Europe », formulation reprise par Nathalie Roos dès janvier lors de la présentation de la feuille de route économique. [1]
Les secteurs identifiés comme prioritaires : les énergies bas carbone, la santé et les biotechnologies, l’intelligence artificielle et les nouvelles mobilités. Autant de filières où la métropole alsacienne entend peser face à des agglomérations concurrentes en France et en Europe.
L’accessibilité et l’attractivité sont les deux axes cités en boucle. « Strasbourg est la locomotive de la région et cela doit passer par l’accessibilité et l’attractivité », résume Trautmann, qui souligne l’« urgence à retrouver la dimension du territoire ».
Pourquoi le CME change le dialogue économique à Strasbourg
Un CME pour structurer le dialogue avec les entreprises
L’enquête lancée auprès des 52 000 entreprises de l’Eurométropole constitue le premier acte concret du CME. Elle vise à cartographier les obstacles au développement économique local et les leviers d’attractivité, avant que le conseil ne formule des recommandations à l’exécutif métropolitain.
Le format retenu n’est pas celui d’un comité consultatif classique. Nathalie Roos, qui n’est ni élue ni technicienne de l’administration, incarne une volonté de court-circuiter la distance habituellement constatée entre décideurs publics et acteurs économiques. Le fait que le lancement ait eu lieu au Club de la presse, et non en préfecture ou dans les locaux de l’Eurométropole, relève du même registre symbolique.
Trautmann, fraîchement élue, s’attaque au dossier économique
Catherine Trautmann a pris la présidence de l’Eurométropole de Strasbourg le 10 avril 2026, lors du premier conseil de la collectivité pour ce mandat. Elle cumule ce poste avec celui de maire de Strasbourg, à la tête d’une alliance regroupant notamment les maires Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert. [3]
Le CME est donc l’un des premiers dossiers économiques structurants qu’elle active, à peine deux mois après l’installation de l’exécutif. La création de l’instance figurait explicitement dans sa feuille de route présentée en campagne. L’enquête en cours auprès des entreprises devrait alimenter les premiers travaux du conseil dans les semaines à venir.
52 000 entreprises consultées : un pari sur la mobilisation
La crédibilité du CME se jouera sur le taux de participation à cette enquête. Consulter 52 000 entreprises est une ambition forte ; obtenir un retour représentatif l’est davantage. Les résultats permettront de mesurer si les acteurs économiques de l’Eurométropole s’emparent de l’outil ou s’en tiennent à distance.
Le périmètre de l’Eurométropole de Strasbourg couvre une des premières agglomérations économiques du quart nord-est de la France, à la frontière allemande, avec une exposition directe aux dynamiques rhénanes et européennes. C’est précisément cette position que Trautmann entend mobiliser pour justifier l’urgence d’un pilotage économique renforcé.
CME de Strasbourg : les faits du lancement
- Le Conseil métropolitain de l'économie (CME) de l'Eurométropole de Strasbourg a été officiellement lancé le 9 juin 2026.
- Nathalie Roos, dirigeante alsacienne et figure de la société civile, en assure la présidence.
- Une enquête est lancée auprès des 52 000 entreprises du territoire pour identifier blocages et atouts.
- Catherine Trautmann, maire et présidente de l'Eurométropole depuis le 10 avril 2026, porte le projet.
- Les secteurs prioritaires affichés : énergies bas carbone, santé, biotechnologies, IA, nouvelles mobilités.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
