Au Barp, en Gironde, la coentreprise Tessalia réunit Foxconn, Thales et Radiall autour d’une usine de semi-conducteurs. Objectif : 800 emplois et 100 millions de composants par an d’ici à 2031.
La première pierre a été posée le 1er juin au Barp, commune de Gironde. C’est là que Tessalia, la joint-venture née de l’alliance entre le géant taïwanais Foxconn et les groupes français Thales et Radiall, va construire sa future usine de semi-conducteurs et de circuits imprimés en packaging avancé. Le projet, annoncé en mai 2025 lors du sommet Choose France, entre dans sa phase concrète.
L’investissement initialement calibré à 250 millions d’euros pourrait finalement atteindre 450 millions, selon les informations de Sud Ouest. Le site sera dédié à l’assemblage en packaging avancé de circuits imprimés et aux tests de semi-conducteurs, avec une capacité de production visée à 100 millions de composants d’ici à 2031. Les marchés ciblés sont hautement stratégiques : aérospatiale, défense, infrastructures télécom, automobile, médical et industrie.
Foxconn plante une tête de pont industrielle en Europe
Pour Foxconn, dont le groupe compte environ un million de collaborateurs, Tessalia illustre une rupture stratégique. L’entreprise de Taipei déploie depuis peu une doctrine baptisée « BOL » (build-operate-localize), qui consiste à installer des unités de production au plus près des marchés finaux, plutôt que de tout concentrer à Taïwan. Cette île, rappelons-le, fait face à une pression militaire chinoise croissante. La France, et plus précisément la Nouvelle-Aquitaine, devient l’une des têtes de pont du groupe pour approvisionner ses clients européens [1].
Le docteur Bob Wei-Ming Chen, dirigeant représentant Foxconn, Patrice Caine, PDG de Thales, et Pierre Gattaz, PDG de Radiall, ont salué conjointement l’engagement du territoire : « La Nouvelle-Aquitaine a tout fait pour attirer ce projet qui nous dépasse tous, qui dépasse le territoire puisqu’il concerne la souveraineté électronique européenne. »
800 emplois et un territoire qui mise sur l’industrie
La Nouvelle-Aquitaine revendique sa place de première région de France en nombre d’installations industrielles. Alain Rousset, président du conseil régional, a rappelé lors de la cérémonie que la région concentre 36 % des créations nettes d’emplois industriels depuis 2019 [1]. Il a souligné les défis levés pour accueillir le projet : logement des futurs salariés, accessibilité du site, besoins en eau et en énergie.
L’usine doit générer 800 emplois. Un chiffre qui pèse dans un territoire où chaque implantation industrielle est scrutée.
Un projet ancré dans la dynamique Choose France
Tessalia s’inscrit dans la séquence Choose France du 1er juin, où le président de la République annonçait 93 milliards d’euros d’investissements étrangers via 72 projets, pour 15 000 créations d’emplois potentielles [1]. La Gironde figure parmi les territoires directement concernés par cette vague d’engagements.
Le site du Barp, retenu après l’annonce discrète de Sud Ouest fin février, accueillera donc une usine dont la montée en puissance est programmée jusqu’en 2031 [3]. Pour la filière électronique française, longtemps dépendante des approvisionnements asiatiques, c’est une capacité de production souveraine qui commence à sortir de terre.
Sources
2 sources · 4 faits sourcés
