Thales équipera l’armée allemande en systèmes optroniques dans le cadre d’un programme de modernisation piloté par Rheinmetall, avec un démarrage des livraisons en 2027.
Le groupe français a signé un accord-cadre fixant les conditions de fourniture d’équipements de vision optronique aux forces armées allemandes. Le contrat, annoncé le 21 juillet, ne dévoile aucun montant global mais précise le rythme et la nature des matériels concernés : des lunettes de tir thermique XTRAIM et des systèmes de vision nocturne, destinés à moderniser l’équipement individuel des soldats.
Rheinmetall, maître d’Å“uvre du programme, coordonne cette commande dans un contexte de réarmement accéléré de la Bundeswehr. Le montant unitaire des équipements se situerait entre 4 000 et 6 000 euros selon Thales, qui table sur « plusieurs centaines d’unités » livrées chaque mois à partir de 2027. Le volume total attendu se situe dans une « fourchette moyenne à quatre chiffres », soit plusieurs milliers d’unités au total.
Montée en cadence depuis la mise en production du XTRAIM
La lunette de tir thermique XTRAIM, entrée en production à grande échelle en 2025, constitue le cÅ“ur de l’offre de Thales. Plus de 4 000 exemplaires ont été fabriqués depuis cette date[4]. Le groupe prévoit de doubler ce volume en 2026 et de quadrupler la production à partir de 2027, pour répondre à des commandes portant déjà sur 16 000 unités réparties entre 14 clients dans 11 pays.
Pour tenir ce rythme, Thales a mis en service une nouvelle ligne de production en France, inspirée des méthodes de l’Industrie 4.0 : automatisation poussée, recours à la robotique et numérisation des processus. Des techniciens spécialisés ont été recrutés et formés, et les fournisseurs externes ont été mobilisés pour garantir l’approvisionnement en composants et matériaux aux quantités et délais requis.
Radars de champ de bataille : un autre contrat allemand déjà signé

Le contrat d’optronique s’ajoute à une commande obtenue en juin 2026 : Thales a alors livré 60 radars de surveillance au sol GO12 à l’armée allemande[1]. Ces radars de courte portée, capables de détecter drones et véhicules sur 360 degrés, sont fabriqués à Ditzingen, dans le Bade-Wurtemberg, et déjà utilisés dans 20 pays.
Le contrat comprenait équipements supplémentaires, pièces détachées et formation des utilisateurs. Livraison effective en 2026. Le montant n’a pas été communiqué, mais l’expansion des capacités de production en Allemagne suggère que Thales mise sur la proximité industrielle pour servir le marché allemand.
Pourquoi Thales accélère sa production optronique
Un centre de maintenance optronique ouvert en Allemagne
Thales a récemment inauguré un centre de maintenance optronique de dernière génération en Allemagne, destiné à répondre à la demande croissante de l’armée allemande et d’autres clients européens[4]. Cette structure fait partie de la montée en puissance industrielle engagée par le groupe pour accompagner le réarmement européen.
L’expansion des services de maintenance est considérée comme un volet stratégique de cette montée en cadence, au même titre que l’augmentation des cadences de production. Le groupe n’a pas précisé la localisation exacte ni la capacité de ce nouveau centre.
Objectifs relevés malgré l’échec du programme F126

En parallèle de ces succès commerciaux, Thales a dû encaisser la résiliation du programme allemand de six frégates F126, dont le chantier naval néerlandais Damen était maître d’Å“uvre[2]. Le groupe prévoit une charge exceptionnelle d’environ 450 millions d’euros au premier semestre 2026, essentiellement sans effet sur la trésorerie. Cette charge réduira le résultat net part du groupe d’environ 350 millions d’euros, mais n’affectera ni l’EBIT ajusté ni le résultat net ajusté.
Malgré cet accident industriel, Thales a relevé ses objectifs 2026 : le ratio commandes sur chiffre d’affaires est désormais attendu au-dessus de 1,10, contre plus de 1,0 auparavant. L’objectif de conversion de trésorerie grimpe à 100-110 %, contre 95-100 % précédemment. La croissance organique du chiffre d’affaires reste confirmée entre 6 % et 7 %, soit 23,3 à 23,6 milliards d’euros, tout comme la marge d’EBIT ajusté, attendue entre 12,6 et 12,8 %.
Le groupe compte sur sa diversification (spatial, défense terrestre, électronique, cybersécurité) pour compenser les aléas de grands programmes navals. L’accord récent avec Exail, spécialiste des drones marins, en vue d’un rachat, illustre cette stratégie de consolidation.
Thales Allemagne : les contrats défense en 2026
- Accord-cadre Thales-Rheinmetall pour équiper l'armée allemande en optroniques dès 2027
- Plusieurs centaines d'unités par mois attendues, prix unitaire entre 4 000 et 6 000 euros
- 60 radars GO12 livrés en juin 2026, fabriqués à Ditzingen (Bade-Wurtemberg)
- Nouvelle ligne de production XTRAIM en France, inspirée de l'Industrie 4.0
- Charge de 450 M€ au S1 2026 après l'arrêt du programme F126
- Objectifs 2026 relevés : ratio commandes/CA supérieur à 1,10
Sources
3 sources · 4 faits vérifiés

