L’action Thales a reculé de 2,09 % en séance ce 29 juillet 2026, à 244,10 euros, revenant au contact de sa moyenne mobile à 200 jours.
Le titre figure dans le trio de queue du CAC 40, qui perd 0,38 % dans la journée. Ce repli intervient après une séquence de hausse marquée, avec un gain de 8,44 % sur la semaine et de 12,75 % sur un mois. Le cours se traite désormais à 244,10 euros, contre 249,30 euros la veille, soit un retour au contact de la MM200 à 244,94 euros. Il reste néanmoins 5,34 % au-dessus de la MM20 et 3,93 % au-dessus de la MM50. Le RSI à 43 ne fournit pas de signal directionnel marqué, tandis que le support technique identifié à 219,40 euros demeure éloigné et la résistance à 270,30 euros borne la borne haute du couloir actuel.
La correction du jour intervient après le rebond de mardi, qui prolongeait la publication semestrielle du 23 juillet. Thales avait fait ressortir des prises de commandes en hausse de 22 % en organique à 12,5 milliards d’euros, un chiffre d’affaires de 10,9 milliards (+7,8 %) et un EBIT ajusté en progression de 11,4 %. BofA Securities a porté son objectif de 293 à 303 euros dans la foulée, JP Morgan de 275 à 280 euros, offrant respectivement un potentiel de près de 24 % et 15 % par rapport au cours actuel.
Fondamentaux solides, mais une valorisation qui devient exigeante
Avec une capitalisation boursière de 59,3 milliards d’euros et un PER 2027 estimé à 20,3, Thales se traite avec une prime par rapport à la moyenne de son secteur, dont le PER s’établit à 16,3. Ce différentiel s’explique en partie par une croissance des bénéfices attendue supérieure à la moyenne, près de 20 % contre 15,1 % pour le secteur[2]. Le dividende estimé pour les douze prochains mois est de 2,85 euros, soit un rendement de 1,6 %, relativement faible mais bien couvert à hauteur de 34 % des bénéfices. Ce profil est cohérent avec une entreprise qui privilégie la rétention des profits pour investir dans l’innovation et la croissance externe ciblée.
Le groupe a distribué un dividende de 3,90 euros par action au titre de l’année 2025, approuvé par l’Assemblée générale du 12 mai 2026. Ce niveau correspond à un taux de distribution de 40 % du résultat net ajusté, part du Groupe, par action[3]. Un acompte de 0,95 euro avait été mis en paiement le 2 décembre 2025, le solde de 2,95 euros ayant été versé le 20 mai 2026, intégralement en numéraire.
| Actionnaire | % du capital | % des droits de vote |
|---|---|---|
| État français | 26,60 % | 36,34 % |
| Dassault Aviation | 26,59 % | 29,95 % |
| Salariés | 2,93 % | 3,76 % |
| Public (flottant) | 43,65 % | 29,95 % |
| Thales (autodétention) | 0,23 % | — |
Source : Thales Group
Le capital flottant atteint 47 % du total, tandis que les salariés détiennent 2,93 % du capital. L’État français et Dassault Aviation pèsent chacun un peu plus d’un quart du capital, mais l’État dispose de 36,34 % des droits de vote grâce au régime des droits de vote double.
Incertitudes budgétaires françaises et concurrence allemande

Si l’action a progressé de 84 % sur un an, selon Deutsche Bank[5], ce rallye s’explique moins par les fondamentaux que par la multiplication des annonces de hausse des budgets militaires en Europe, notamment en Allemagne. Le Parlement français n’a pas adopté de budget en décembre 2025, ce qui signifie que les dépenses de défense pour l’exercice 2026 pourraient être plafonnées aux niveaux de 2025, jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé. Ce scénario a été qualifié de « catastrophique » par la ministre française de la Défense, Catherine Vautrin, compte tenu des besoins urgents de l’armée en matière de formation, d’innovation et de production pour respecter les obligations de l’Otan d’ici 2035[5].
« Il faudra cravacher pour rattraper les choses et les négociations entre le ministère des Armées et les entreprises sont parfois ardues. C’est une encoche dans la confiance que peuvent avoir les industriels dans la LPM et le processus budgétaire », expliquait un bon connaisseur du dossier en décembre. Deutsche Bank ajoute que « le pire, c’est que le bourbier budgétaire de 2026 pourrait se répéter l’année prochaine en l’absence d’élections législatives avant la mi-2027 ».
Cette situation contraste avec la dynamique allemande, qui propulse le titre depuis début 2025. Thales a pris 15 % depuis le 1er janvier 2026, porté par un environnement de montée en puissance des investissements de défense en Europe. Parmi les derniers avis de brokers, Bernstein reste à « surperformance » sur le dossier, mais ajuste sa cible de 285 euros à 260 euros, tandis que BNP Paribas est toujours « neutre » avec un objectif de 255 euros[1]. Oddo BHF avait maintenu de son côté sa recommandation à « surperformance » et son objectif de cours de 305 euros à la suite des résultats trimestriels. « Thales offre une exposition à un portefeuille de produits de défense diversifié et un retour à une croissance simultanée sur tous ses marchés finaux pour la première fois en plus de huit ans », selon l’analyste. La croissance du BPA pour la période 2025-2030 devrait atteindre 10,9 %.
Thales : entre fondamentaux solides et incertitudes budgétaires
Avancée opérationnelle : le Galileo PRS intégré au P3TS
Sur le plan opérationnel, Thales et Eviden ont annoncé le 28 juillet l’intégration de la capacité Galileo PRS au récepteur P3TS utilisé par l’armée de terre française. Cette évolution vise à renforcer la résistance aux brouillages électroniques. Le Public Regulated Service (PRS) de Galileo est un signal chiffré et sécurisé, réservé aux utilisateurs autorisés par les États membres de l’Union européenne. Cette intégration répond aux besoins d’antijamming et d’antispoofing dans un contexte de guerre électronique accrue.
Le premier trimestre 2026 avait déjà fait ressortir un chiffre d’affaires de 5,32 milliards d’euros, en hausse de 9,7 % en organique, contre un consensus logé à 7,3 %[1]. Cinq commandes de défense d’une valeur unitaire supérieure à 100 millions d’euros ont été enregistrées au premier trimestre 2026, contre une seule à la même période en 2025. « Alors que les événements récents, notamment au Moyen-Orient, renforcent la pertinence de ses solutions, en particulier dans les domaines de la surveillance aérienne, de la défense aérienne et de la guerre des mines sous-marines, Thales continue de bénéficier d’une dynamique commerciale forte », notait Boursier.com.
Le titre a repris 0,2 % à 224,30 euros en milieu de journée le 14 mai 2026, après une correction récente, malgré un bon début d’exercice et le maintien des objectifs 2026. La valorisation reste attractive avec un ratio VE/EBIT prévisionnel 2027 de 16x et un rendement du flux de trésorerie disponible de 4,5 %, selon Oddo BHF.
Les attentes du marché deviennent néanmoins exigeantes. La capitalisation de 59,3 milliards d’euros et le PER élevé reflètent une prime liée aux perspectives de croissance, mais aussi une sensibilité accrue aux aléas budgétaires et aux retards de commandes. Dans ce contexte, le retour du cours sur sa moyenne mobile à 200 jours, après un mois de hausse soutenue, illustre la prudence des investisseurs face aux incertitudes françaises et à la montée en puissance de la concurrence européenne, notamment allemande, dans le secteur de la défense.
Action Thales : les chiffres à retenir
- L'action Thales a cédé 2,09 % le 29 juillet 2026, à 244,10 euros, revenant au contact de sa moyenne mobile à 200 jours
- BofA Securities a relevé son objectif de 293 à 303 euros, JP Morgan de 275 à 280 euros après les semestriels
- Le Parlement français n'a pas adopté de budget en décembre 2025, risquant de plafonner les dépenses de défense 2026
- Thales et Eviden ont intégré le 28 juillet le Galileo PRS au récepteur P3TS de l'armée de terre française
- Cinq commandes de défense de plus de 100 millions d'euros enregistrées au T1 2026, contre une seule au T1 2025
- Le dividende 2025 s'établit à 3,90 euros par action, soit un taux de distribution de 40 % du résultat net ajusté
Sources
4 sources · 6 faits vérifiés

