Le slovène Tadej Pogacar et ses rivaux au général se livrent ce dimanche 5 juillet leur première bataille sur les pentes de Montjuïc, au-dessus de Barcelone, trois passages d’un mur à 9,3% qui peuvent faire craquer Jonas Vingegaard.
Vingt-quatre heures après le contre-la-montre par équipes inaugural qui a placé Jonas Vingegaard en jaune devant ses adversaires, le Tour de France 2026 enchaîne avec une étape taillée pour les offensives. Ce dimanche, les 168 kilomètres de la deuxième étape entre Tarragone et Barcelone mènent les coureurs sur le circuit de Montjuïc, la colline qui surplombe la cité catalane et qui accueillit les Jeux olympiques d’été 1992. Un terrain de jeu bien plus piégeux qu’il n’y paraît.
Le parcours réserve l’essentiel de son difficulté pour la fin. Après 85 kilomètres de plat sur la Costa Dorada, la course tourne vers l’intérieur et grimpe d’abord vers Begues sur 6,1 kilomètres à 6,5%, classée en deuxième catégorie. Puis une longue descente conduit vers la vallée du Llobregat et Barcelone, que les coureurs abordent à une trentaine de kilomètres de l’arrivée.
Trois ascensions du château de Montjuïc, mur à 9,3%
Le circuit final de Montjuïc se présente comme un piège tendu aux sprinters et un terrain idéal pour les puncheurs. Chaque tour de 12,2 kilomètres impose deux bosses successives. La première, baptisée Côte du Château de Montjuïc, s’étire sur 1,6 kilomètre à 9,3% de moyenne, avec des pointes à 13%. Au sommet, à peine un kilomètre de respiration avant la seconde rampe : 700 mètres à 7% sur la Côte du Stade Olympique, où la ligne d’arrivée est tracée[2].
Les coureurs avalent ce circuit trois fois. Au premier passage, il reste encore 24,4 kilomètres à parcourir. Chaque tour offre une nouvelle occasion d’accélérer, de creuser l’écart ou de reprendre du temps. La pente raide du château, surtout, peut faire exploser un peloton mal organisé ou mal préparé.
Pogacar, troisième à 12 secondes, vise le maillot jaune
Tadej Pogacar, troisième du classement général à 12 secondes de Vingegaard après le contre-la-montre par équipes, a les armes pour attaquer. Le slovène de l’UAE Team Emirates XRG excelle sur ces montées courtes et explosives. Vingegaard et la Visma Lease a Bike devront surveiller chaque mouvement.
Le danois, qui a pris le jaune grâce à la solidité collective de son équipe, ne compte que huit secondes d’avance sur Filippo Ganna. Pogacar, lui, peut compter sur des bonifications au sommet et sur la ligne : des secondes qui, ajoutées à une attaque bien menée, peuvent redistribuer la hiérarchie dès la deuxième journée.
| Position | Coureur | Équipe | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Jonas Vingegaard | Visma Lease a Bike | 21’47” |
| 2 | Filippo Ganna | Ineos Cycling | + 8″ |
| 3 | Tadej Pogacar | UAE Team Emirates XRG | + 12″ |
| 4 | Juan Ayuso | Lidl-Trek | + 16″ |
| 5 | Remco Evenepoel | Red Bull Bora Hansgrohe | + 19″ |
| 6 | Isaac Del Toro | UAE Team Emirates XRG | + 26″ |
| 7 | Davide Piganzoli | Visma Lease a Bike | + 28″ |
Source : Tour de France
Pourquoi Montjuïc peut faire basculer le général
Un circuit qui ne ressemble pas à la Volta a Catalunya
Si Montjuïc est familier aux amateurs de cyclisme catalan, ce tracé n’a rien à voir avec le final traditionnel de la Volta a Catalunya. Le parcours emprunte des routes différentes, notamment la montée vers le château, qui ne figure pas dans la course locale. Le positionnement de l’arrivée, en pleine ascension du Stade Olympique, ajoute une difficulté supplémentaire[2].
Le départ de Tarragone est donné à 13h45, l’arrivée attendue vers 17h35 (heures locales). Les observateurs parlent d’une étape pour attaquants, un terrain où les écarts au général peuvent se creuser bien avant la montagne.
Evenepoel, Ayuso et Ganna dans le coup
Outre le duel Pogacar-Vingegaard, plusieurs autres noms sont à surveiller. Remco Evenepoel, cinquième à 19 secondes, dispose d’un punch redoutable sur les courtes bosses. Juan Ayuso, quatrième à 16 secondes, cherchera à se rapprocher du podium. Filippo Ganna, deuxième provisoire, devra limiter la casse pour ne pas glisser trop bas au général.
La configuration de l’étape favorise les coureurs capables d’enchaîner les accélérations sans s’effondrer. Les sprinters les plus lourds risquent de lâcher prise dès la première rampe. Les équipes de sprinteurs devront choisir : laisser partir l’échappée ou tenter de contrôler jusqu’au bout, au risque d’épuiser leurs leaders.
Le feu d’artifice dès le deuxième jour
L’organisation du Tour de France a placé cette étape à Barcelone pour offrir un spectacle rapide et intense. Les ascensions multiples de Montjuïc rappellent les circuits urbains explosifs, mais avec une vraie difficulté physique. Le public catalan, massé le long du parcours, attend une bataille digne d’un monument du cyclisme.
Pour Pogacar, c’est l’occasion de reprendre l’initiative après un contre-la-montre par équipes où l’UAE n’a pas brillé. Pour Vingegaard, il s’agit de consolider son avance avant les grandes étapes de montagne qui viendront plus tard dans la semaine. Pour les autres, c’est une chance de se rappeler au souvenir des favoris.
Le Grand Départ catalan du Tour de France 2026 a débuté samedi 4 juillet par un contre-la-montre par équipes dans les rues de Barcelone. Ce dimanche, la route prend ses droits, et Montjuïc pourrait bien offrir le premier tournant de cette édition.
Tour de France 2026 étape 2 : les points clés
- La 2e étape du Tour de France 2026 relie Tarragone à Barcelone sur 168 km
- Le circuit final de Montjuïc impose trois passages d'une côte à 9,3%, dont un mur à 13%
- Tadej Pogacar, 3e à 12 secondes, peut attaquer Jonas Vingegaard dès ce dimanche
- Départ 13h45, arrivée prévue vers 17h35 (heures locales)
Sources
1 source · 2 faits sourcés
