Vendredi en fin de matinée, le Neoliner a accosté au port de Saint-Pierre avec un passager qu’il n’avait pas prévu d’embarquer. Quelques jours après son départ de Saint-Nazaire, l’équipage avait découvert à bord un homme de nationalité marocaine, en situation irrégulière. La traversée de l’Atlantique s’est poursuivie avec ce passager clandestin jusqu’à l’archipel, où l’attendaient la Police aux frontières et les services de secours.
L’information a été confirmée par la préfecture de Saint-Pierre-et-Miquelon. Après la découverte, l’équipage du cargo à voiles avait aussitôt alerté les autorités compétentes. En concertation avec elles, le navire a poursuivi sa route jusqu’à notre port, où le dispositif d’accueil était prévu.
Dès l’accostage, une ambulance a pris en charge l’homme pour le conduire au Centre hospitalier François Dunan. L’examen médical doit permettre d’évaluer son état de santé avant que les autorités ne déterminent où il sera hébergé pendant la procédure administrative.
Pas de centre de rétention : un hébergement à définir
Saint-Pierre-et-Miquelon ne dispose d’aucun centre de rétention administrative. Le préfet devra donc désigner par arrêté le lieu où le passager clandestin sera hébergé le temps de la procédure. Une situation qui impose une logistique sur-mesure à chaque fois qu’une telle affaire se présente.
La préfecture indique qu’une procédure administrative est actuellement menée avec les services de l’État à Paris pour organiser le rapatriement de cette personne dans les prochains jours. Conformément à la réglementation, la responsabilité du transporteur est engagée dans ce type de situation. Les frais du retour seront donc pris en charge par l’armateur du Neoliner, précise la préfecture.
Le Neoliner, cargo à voiles en service transatlantique
Le Neoliner Origin, ce géant des mers propulsé par le vent, assure depuis peu des liaisons régulières entre Saint-Nazaire et Saint-Pierre. Ce cargo à voiles représente une nouvelle génération de transport maritime, cherchant à réduire la dépendance au carburant en exploitant la force du vent sur les longues traversées océaniques.
La présence d’un passager clandestin à bord n’est pas un fait nouveau dans le transport maritime. Mais sur un navire de ce type, en pleine transatlantique, elle pose des questions d’une nature particulière : la sécurité à bord, les moyens de subsistance pendant la traversée, et la gestion d’une situation imprévue en haute mer.
Pour Saint-Pierre-et-Miquelon, ce n’est pas la première fois que les autorités locales doivent gérer l’arrivée de personnes en situation irrégulière. Mais chaque cas rappelle les contraintes d’un territoire isolé, sans infrastructure dédiée, contraint d’adapter ses moyens à des situations exceptionnelles.

