La neuvième édition de Choose France, tenue le 1er juin 2026 à Versailles, a concentré 71 projets d’investissements internationaux pour un total de 93 milliards d’euros, un record absolu.
Le précédent plancher, fixé lors de l’édition 2025, paraît dérisoire en comparaison : 40 milliards d’euros, dont 20 milliards ajoutés après coup pour l’IA. Cette fois, l’Élysée annonce la création de plus de 15 600 emplois sur le territoire national. Le chiffre brut est là, mais c’est la composition du total qui en dit le plus sur la direction prise par la France.
Un seul acteur représente près de la moitié de la somme globale. SoftBank, le conglomérat technologique japonais dirigé par Masayoshi Son, s’est engagé à bâtir des centres de données dans les Hauts-de-France à hauteur de 45 milliards d’euros d’ici à 2031, et jusqu’à 75 milliards à terme, en partenariat avec le groupe français Schneider Electric. L’Élysée qualifie ce montant de « record dans l’histoire des investissements d’une entreprise en France ».
SoftBank, Brookfield, Amazon : trois poids lourds structurent le palmarès
Derrière SoftBank, le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield a annoncé 10 milliards d’euros supplémentaires dans les infrastructures liées à l’IA, pour atteindre jusqu’à 30 milliards au total. Amazon, de son côté, prévoit d’investir plus de 15 milliards d’euros en France sur trois ans, avec trois nouveaux sites logistiques et 1 000 emplois en CDI à la clé. [3]
Ces trois engagements à eux seuls représentent l’essentiel du volume annoncé. Les autres projets couvrent des secteurs plus épars : semi-conducteurs, minerais critiques, santé, acier, pharmaceutique, électrification. Autant de filières où la France cherche à peser, mais dont les montants individuels restent modestes face aux mastodontes du numérique.
| Investisseur | Origine | Montant | Secteur |
|---|---|---|---|
| SoftBank + Schneider Electric | Japon / France | 75 Md€ (à terme), 45 Md€ d’ici 2031 | Data centers, Hauts-de-France |
| Brookfield | Canada | +10 Md€ (jusqu’à 30 Md€ au total) | Infrastructures IA |
| Amazon | États-Unis | +15 Md€ sur trois ans | Logistique, cloud |
Source : La Tribune, La Provence
Macron et l’argument de la stabilité réglementaire
Emmanuel Macron a reçu Masayoshi Son à l’Élysée en matinée, avant la session plénière au château. Lors de son discours, il a mis en avant la « grande prévisibilité » de la France et de l’Europe : « Aucun d’entre nous ne peut changer les règles du jour au lendemain », a-t-il déclaré, allusion à peine voilée aux revirements tarifaires de Donald Trump. [2]
Le président a aussi fixé une ambition de positionnement : faire de la France « de très loin le premier pays accueillant des centres de données et des capacités de calcul en Europe » et « le point avancé de la production de robots IA ». Il a ajouté : « Nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe » par rapport aux États-Unis et à la Chine. Sur la forme, le discours est celui d’un bilan ; sur le fond, c’est surtout une course au rattrapage.
L’entourage du chef de l’État rappelle que depuis 2019, selon le baromètre annuel d’EY, la France demeure la première destination européenne des investisseurs internationaux. Ce classement a résisté en 2025, malgré une croissance ralentie et des tensions géopolitiques accrues.
Ce que ces 93 milliards changent pour la France
93 milliards annoncés, mais la question des concrétisations reste entière
Le format Choose France génère structurellement un écart entre les chiffres du jour J et les réalisations effectives. Les annonces mêlent des engagements fermes, des intentions et des projets pluriannuels dont l’horizon va parfois jusqu’en 2031. SoftBank en est l’exemple le plus net : 45 milliards sur cinq ans, et 75 milliards « à terme », sans date butoir précise. [1]
Macron lui-même a appelé à « faire mieux » sur la simplification réglementaire et l’accélération des décisions, en France comme en Europe. Une manière d’admettre que l’attractivité des annonces ne suffit pas si les délais d’instruction et les contraintes administratives freinent l’implantation réelle des projets.
Avec 93 milliards d’euros, cette neuvième édition clôture le cycle Choose France lancé sous la première présidence Macron. Le défi pour son successeur sera de convertir ces engagements en emplois et en capacités industrielles installées sur le sol français, notamment dans les Hauts-de-France qui concentrent l’essentiel du projet SoftBank-Schneider Electric.
Choose France 2026 : les chiffres clés à retenir
- 93 milliards d'euros : montant record des investissements annoncés à Choose France 2026, contre 40 milliards en 2025.
- SoftBank s'engage seul à hauteur de 75 milliards d'euros à terme, en partenariat avec Schneider Electric.
- Amazon prévoit 15 milliards d'euros sur trois ans et trois nouveaux sites logistiques en France.
- Plus de 15 600 emplois attendus sur le territoire national selon l'Élysée.
- La France est la première destination européenne des investisseurs étrangers depuis 2019, selon le baromètre EY.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
