Le CNES s’engage avec la start-up spatiale américaine Vast dans un accord qui dépasse le vol de deux astronautes français : c’est la lecture qu’en donne Lionel Suchet, directeur général délégué de l’agence spatiale.
La formulation est tranchée. “La France n’achète pas simplement deux tickets pour faire voler des astronautes dans l’espace : avec Vast, on bâtit un véritable partenariat”, a déclaré Lionel Suchet, directeur général délégué du CNES. Derrière cette mise au point, une volonté de cadrer le récit autour d’un accord dont la portée dépasse, selon lui, la seule question du transport orbital.
Le CNES et Vast : ce que recouvre réellement l’accord
Vast est l’une des nouvelles entreprises privées américaines qui misent sur les stations spatiales commerciales pour prendre le relais de l’ISS, dont le retrait est programmé. Le CNES s’y associe dans une logique qui, d’après Lionel Suchet, implique une coopération scientifique et industrielle, pas seulement l’achat d’une prestation de vol habité.
L’enjeu est structurel pour la France. Avec la fin programmée de l’ISS et le recul d’une Europe qui peine à définir sa propre stratégie de station orbitale, le CNES cherche à maintenir un accès français à l’environnement microgravité. Un accord avec un opérateur privé américain est, dans ce contexte, l’une des rares voies praticables à court terme.
Un positionnement stratégique face au repli européen sur l’orbite basse
La distinction entre “achat de tickets” et “partenariat” n’est pas sémantique. Elle conditionne le type de retour que la France peut espérer : données scientifiques partagées, implication d’industriels français dans les équipements de la station, présence durable dans un écosystème orbital qui sera majoritairement privé et américain dans les prochaines années.
Le CNES, sous la tutelle du ministère chargé de l’espace, joue ici une carte d’influence à moindre coût souverain, faute de programme européen de station commerciale capable de rivaliser dans les délais. L’agence de Toulouse reste l’un des rares acteurs publics occidentaux à avoir noué ce type de relation directe avec les opérateurs privés du New Space américain.
