À deux jours de l’élection du 19e gouvernement calédonien, celui d’Alcide Ponga a rendu ses dernières décisions ce mercredi matin. Parmi elles : une revalorisation du salaire minimum qui touchera des milliers de foyers, une décision disciplinaire contre deux infirmières, et le renouvellement de la licence d’exploitation d’Aircalin jusqu’en 2031. Dix arrêtés adoptés, deux avis émis, douze dossiers d’étrangers examinés : un gouvernement de transition qui termine sa mandature en mode affaires courantes, mais avec des décisions qui comptent.
Le salaire minimum garanti passera à 169 014 francs CFP brut dès le 1er août, contre 167 602 francs depuis juin 2025. C’est le taux horaire qui grimpe, à 1 000 francs de l’heure. Dans le secteur agricole, le salaire minimum garanti atteindra 143 662 francs brut, contre 142 462 francs auparavant, soit 850 francs de l’heure.
Une augmentation mesurée, mais qui touche le portefeuille de nombreux Calédoniens, dans un contexte économique qui reste tendu. Pour une famille dont un ou deux salaires sont au minimum, ces 1 412 francs de plus par mois peuvent faire la différence sur le panier de courses ou la facture d’électricité.
Aircalin autorisée à relier Tokyo, sans réouverture annoncée
Autre décision : le renouvellement de la licence d’exploitation d’Aircalin, du 1er août 2026 au 31 juillet 2031, pour le transport de passagers, de courrier et de fret. Cette licence couvre les lignes actuelles vers Singapour, Bangkok, Sydney, Brisbane, Melbourne, Fidji, Vanuatu, mais aussi Santo et Los Angeles en partage de codes.
Nouveauté dans le texte : la mention de Tokyo. La compagnie est désormais autorisée à exploiter la liaison Nouméa-Tokyo, directement ou en partage de codes avec une compagnie japonaise. Une ouverture administrative, pas un engagement commercial. Contactée, Aircalin confirme que cette licence lui permet de desservir la capitale nippone, mais insiste : cela « ne présume pas d’une décision d’une réouverture de la ligne ». La desserte japonaise est suspendue depuis septembre 2024, dans un contexte économique défavorable, et rien n’indique aujourd’hui que les conditions commerciales et opérationnelles soient réunies pour un retour.
Autrement dit : la porte est ouverte, mais personne ne franchit le seuil pour l’instant. Tokyo reste une destination possible, pas une destination programmée.
Deux infirmières suspendues pour six mois
Dernière décision, plus discrète mais grave : le gouvernement a suspendu pour six mois le droit d’exercer en Nouvelle-Calédonie à deux infirmières diplômées d’État. Le motif invoqué : « garantir la sécurité des patients ». Pas de détail sur les faits reprochés, ni sur l’établissement concerné. Une décision disciplinaire lourde, prise en fin de mandature, qui interroge sur la nature et la gravité des manquements constatés.
Le gouvernement Ponga n’en dira pas plus. Dans deux jours, place au 19e exécutif : la première séance collégiale aura-t-elle lieu mercredi prochain ? La transition politique suit son cours, les décisions prises ce matin entreront en vigueur, quel que soit le visage du prochain gouvernement.

